‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 55 sur 62 · JARRET · texte numérisé non relu

JARRET

Le jarret. — On dit souvent que les pieds de devant el les jarrets du derrière sont plus sujets à des maladies que tout le reste du corps; c’est là une observation fondée sur l'expérience et l’acheteur fera bien de ne pas la perdre de vue.

| Le capelet, fig. 13, est un j} / gonflement de la pointe du jarret ; souvent elle est le résultat de l’habitude prise par certains chevaux de donner des coups de pied soit dans l'écurie , soit quand ils sont altelés. Lorsque linflamma-

Fig. 13. tion qui accompagne celle maladie à son origine a disparu, le cheval cesse de boiter et il ne peut être considéré comme

malsain; seulement il est taré, et c’est une tare de la plus mauvaise espèce, parce que | les amateurs savent généralement qu’elle appartient à un cheval vicieux. Les deux jarrets sont ordinairement attaqués en même temps.

Il y a un autre genre de capelet, qui est extérieur, et dont le gonflement est peu différent du précédent; mais le siége de la marche de ce dernier est plus profond, et il est accompagné de plus ou moins de boiterie. Sion touche cetle partie,on voit que le cheval souffre; mais, dans ce cas un seul Jjarret est ordinairement attaqué ; le cheval qui souffre d’un tel capelet est un cheval ‘qui n’est pas sain ; cependant, ilpeut malgré cela faire beaucoup de travail, soit vite, soil lentement, et souvent il ne boite plus dès qu'il s’est échauffé en marchant.

La courbe, fig. 14, est un gonflement longitudinal qui se trouve derrière la jambe postérieure à

8 ou 10 centimètres au-dessous

du jarret. Où on peut le mieux la

voir, c’est lorsque le chéval est sorti de l'écurie, et qu'on se tient à un ou deux mètres sur le côté. Le gonflement est ordinairement tendineux par suite du développement anormal qui se produit dans cet endroit; parfois c’est simplement le résultat d’un engorgement des fluides qui lucubrifient les tendons dans celle partie “de la jambe postérieure. Dans l’un et l’autre cas, à l'apparition de cette affection, le cheval boite ; mais, lorsqu'un traitement convenable et un temps assez long écoulé ont fait disparaitre l’infirmité, la courbe paraît ne plus occasionner aucun inconvénient sérieux, bien que le gonflement se maintienne. Les vétérinaires ne sont pas d'accord sur celle affection : quelquesuns prétendent que c’est une véritable maladie qui rend le cheval malsain; d’autres au contraire soutiennent qu’elle ne le rend malsain que lors qu’elle le fait boiter. IL est bien reconnu que les chevaux qui, par la forme de leurs jarrets, sont prédisposés à la courbe, sont presque certains d’avoir cette maladie et de devenir boiteux peu de temps après avoir été mis au travail. Cepen-

dant, après une première allaque convenablement soignée, 1l est rare qu’ils restent boiteux, et celte première attaque paraît rendre le cheval moins susceptible d’attaques subséquentes. On sait aussi que les chevaux qui ont eu une courbe peuvent travailler aussi bien et aussi vite qu’auparavant, de sorte que l'acheteur ne courera pas, de grands risques; mais, d’un autre côté, il y a des chevaux qui deviennent boiïleux par suite d'une seconde attaque ou d’une inflammation dans la partie gonflée de la courbe; la cause en est que le cheval à été mis trop vite au travail, et avant que la guérison ait élé parfaite, ou qu'il aura été mis à un exercice qui aura OCCasionné la courbe qu'il en ait ou non déjà précédemment été atteint. Si l'acheteur peut être informé que le cheval a été mis au travail, et qu’il l’a pu exécuter sans boiïter pendant un mois ou deux, ou même seulement pendant quinze jours, il ne devra pas refuser ce cheval pour le motif qu’il lui a connu une courbe; et, s’ voit que l'animal fait sans souffrance le travail auquel il l’assujettit pendant trois semaines, il peut être persuadé qu'il

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ne deviendra plus boiteux par l'effet de la courbe.

Vessigon. — C'est une tumeur, fig. 15, de la même nalure que la molelte. Elle est placée sur chaque côté de la jointure du jarret, à quinze centimètres environ audessus du centre du mouvement; peu de chevaux en sont exempts, et probablement aucun de ceux

Fig, 15, qui ont fait du travail. À moins que la tumeur ne soit fort grande et n’indique une lésion de la jointure ou une rupture du sac synovial, ou ne nuise à l’action, le cheval n’est

\, |! point malsain. C’est aux vétérinaires

à décider si le mal est de nature à produire les résultats signalés plus haut.

Éparvin calleux, fig. 16.—TI est fréquent chez les chevaux de vitesse, c’est une maladie des petits os et jointures du jarret. À son apparition , le jarret s’enflamme, Île

Fig. 16, cheval boite et sa démarche offre

un mouvement particulier, plus tard une petite tumeur osseuse paraît à Îa partie interne du jarret; alors la boiterie cesse, mais il reste de la raideur dans le mouvement. C’est toujours alors qu’on le met en vente; mais il est probable que la boiterie reparaîtra dès que le cheval sera soumis à un peu de travail. Des hommes de cheval n’admettent l'existence de l’éparvin que lorsqu'ils peuvent constater un gonflement externe appréciable soit à l'œil soit au toucher: mais il n’en est pas moins vrai que les causes en existaient longtemps avant que l’éparvin soit devenu apparent, et elles n’ont fait que croitre de plus en plus jusqu’à ce qu’elles aient rendu Péparvin visible.

Auparavant, les seuls signes de lexistence d'un éparvin sont la boiterie, la chaleur dans le jarret, et une particularité dans la marche, qui consiste d'ordinaire à traîner la pince du pied contre le sol; ce qui fait que la pointe du sabot ou du fer est usée chez les chevaux atteints de cette maladie. Mais la boiterie passe ordinaire-

ment lorsque le cheval a été un peu échauffé par

une course, et l'acheteur pourrait s'y laisser tromper, s’il n’a pas examiné les mouvements de l'animal avant qu’il ait été terrifié et excité par le fouet et les cris des grooms du marchand.

Après que l’éparvin calleux, dit aussi éparvin sec, aura fait son apparition, la boiterie scra moins visible, mais le gonflement sera reconnu, si l’on compare la partie intérieure du jarret à celle de l'autre jambe. Pour mieux apercevoir lexistence de ce gonflement, il faut passer la main alternativement sur chacun des deux Jjarrets; on peut aussi s’en rendre compte en se meltant derrière le cheval, ou par devant, en les regardant entre les jambes antérieures. Dans tous les cas, l’éparvin calleux rend le cheval malsain, bien que l’on en ait vu, atteints de ce mal, accomplir pendant de longues années un travail fatiguant, sans boiter; ils sont ordinairement un peu raides, principalement au départ, mais il yen a peu qui, avec des éparvins d’un volume considérable, ne soient pas boiteux ou raides. Il est impossible d'affirmer combien de temps ils demeu-

reront dans cet état, ni de distinguer quels

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