‹ Conseils aux acheteurs de chevauxChapitre 9 sur 62 · TS NO TR TT · texte numérisé non relu

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férieure, que l’on nomme le canal, ou ganache, sera large, la tête sera attachée de manière à ce que la jonction avec l’encolure ne forme point un angle trop obtus où trop aigu. Une grande tête est généralement laide, elle est commune dans les chevaux de trait. Sa contenance dénote souvent un manque total d’animalion. Si les yeux sont petits, enfoncés dans leurs orbites, et que les paupières soient épaisses el grossières, on les nomme alors yeux de porcs. Le front étroit indique un cerveau peu développé et, comme conséquence logique, un défaut d'énergie. Le chanfrein est souvent convexe, el les chevaux sont appelés Busqués, Nez Romains; ils ont l'entrée des naseaux petite, et les bords épais, charnus et affaissés; les oreilles sont larges et pendantes, comme trop pesantes pour être tenues droites, et lorsque le cheval remue la tête, elles vacillent de côté et d'autre comme si elles étaient mal attachées. On nomme ces chevaux Oreillards ou Clabauds. On à dit, sans trop de raison, que souvent ce sont de bons coureurs; des oreilles

… pesanies ou fines ne feront pas que tel cheval C4 EE

RE" er sera bon ou mauvais; mais généralement les

clabauds sont lourds. Si la ganache est étroite, la tête parait mal posée et mal altachée à l’en-

colure. Si le gosier est épais, les mouvements de

la têle paraissent gênés et le cheval ne peut

supporter d'êlre fortement enrêné; il n’y a pas assez d'espace entre la ganache pour y loger la trachée arlère sans compression; ces chevaux ne portent jamais gracieusement la tête el sont plus sujets que d’autres à corner. Chez le cheval de selle, une tête lourde, mal posée, le fait peser à la main du cavalier et lc rend susceptible de broncher; souvent une lête de ce genre est combinée avec d’autres défauts de forme. Il ne faut pas cependant rejeter avec trop de rigueur une forte tête pour le cheval de trait; le harnais en dissimule en partie la défectuosité, et le soutien qu'offre le collier au corps fait contrepoids à la tendance du cheval de tomber sur les genoux.

La nuque doit être saillante, et il faut s'assurer

qu'elle n’a ni abcès ni cicatrice, car elle est Île

siége d’une affection appelée testudo.

Dans le cheval de selle, lExcoLuRE doit être longue, mince, pas trop arquée, décrivant une ligne courbe du garot à la nuque. Souvent elle pourra être trop épaisse, mais elle est bien rarement trop longue. Cependant une autorité hippique a prétendu qu’elle ne peut êlre trop courte, et qu'un long cou, en ajoutant au poids, fatigue les jambes et les pieds et rend le cheval plus sujet à broncher. « Donnez-moi », a dit le professeur Coleman, « un cheval dont l’encolure soit si courte qu'il soit exposé à mourir de faim dans un pâlurage. » Mais hâtons-nous d'ajouter que ce n’est pas là le vœu du vrai connaisseur. Il existe toujours une proportion entre la longueur de l’encolure et la hauteur du garrot; si elle est courte, la tête doit être longue ou le garrot doit être bas, et un bon cavalier sait lequel de ces défauts il doit surtout éviter. Celui qui monte un cheval à encolure trop courte occupe un siége peu confortable, il lui semble que le cheval est tout entier derrière lui ou qu'il

descend constamment un terrain en pente. La longueur de l’encolure donne au cavalier plus # 2.

de pouvoir sur la bouche du cheval. Il y a aussi un muscle important qui joue un grand rôle dans le mouvement des jambes de devant, et qui empêche le cheval de broncher, la,longueur et la force de ce muscle dépendent en grande parle de la longueur de l’encolure. |

L’attache de l’encolure aux épaules est trèsdifféremment placée suivant les chevaux. Pour ceux que l’on destine à la selle, 1l est important que l’encolure soit placée très-haut sur l'épaule, qu’elle s’élève et s’avance;.cela donne au cheval un port fier et majestueux et assure la sécurité de sa marche. Si l’encolure est placée plus bas sur l'épaule, comme dans le bœuf, décrivant à peu près une ligne droite parallèle avec le dos, le cheval a une apparence disgracieuse; ordinairement il est lent et pèse à la main. Dans ce cas, l’encolure est toujours courte. Si l’encolure est trop arquée, le cheval est dit encapuchonneé, ‘et, dans ce cas, c’est à peine s’il peut voir devant lui à une certaine distance, la partie inférieure se rapprochant wop du poitrail. Pour les chevaux

de trait, l’encolure longue et mince est indis-

pensable ; néanmoins celui qui possède cet avantage aura plus de force et plus belle apparence lorsque la têle s'élève au-dessus du collier. Il ne faut pas cependant que l’encolure soit mince comme pour le cheval de selle. Quand elle manque d'épaisseur, le collier doit être étroit, d'où suit la difficulté d'y passer la tête, et le poids qu’elle ajoute au train du devant n’est point un désavantage pour le cheval de trait, car sa puissance dépend en grande partie du poids qu'il peut faire peser sur le collier.

Le carror, c’est-à-dire la proéminence placée entre le pommeau de la selle et les premiers poils de Îa crinière, doit être élevé, maigre, de sorie qu'en y mettant la main celle-ci puisse l’entourner complétement. Lorsque le garrot est élevé, on dit que le cheval est pose, et très-souvent les marchands essayent d’exagérer cette hauteur de garrot en plaçant le cheval de manière qu'il ait la tête haute lorsqu'ils le présentent à l'amateur. Lorsque }e garrot est bas, les épaules paraissent être épaisses et surchargées

de chair. Les chevaux ainsi conformés sont dé-

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sagréables à monter et offrent peu de sécurité sur le terrain; le poids est jeté en avant et il leur arrive souvent de broncher; la selle glisse vers l'encolure et le cavalier s’imagine toujours qu'il descend une pente. Chez l’âne et le mulet, le garrot est ordinairement très-bas et c’est là une des raisons pour lesquelles ils sont si peu agréables à monter, et pour laquelle il est si difficile de maintenir en place la selle sur ces animaux, ‘à moins d'avoir recours à une croupière; un garrot élevé, quoique si utile à la sécurité et au confort pour un cheval de selle, n’est pas tout à fait indispensable pour le cheval de course el de trait.

Fort peu de chevaux de trait jouissent de cet avantage, et l'Éclipse, ce coureur si célèbre par sa rapidilé, avait le garrot bas, comme la plupart ou au moins le plus grand nombre des célébrités du turf. Dans d'autres espèces, le garrot peu élevé, l'épaule épaisse, la tête courte et mal posée, sont souvent des défauts réunis. Quant aux juments, elles sont souvent moins élevées du garrot que de la croupe, |

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Les épauces doivent être profondes, allongées obliquement depuis le garrot, s’avançant en avant et paraissant se confondre avec l’encolure. Dans le gros cheval de trait, l’espace entre Île garrot et le coude, et qui forme la longueur de l’épaule, est comparativement peu considérable; l’encolure se termine brusquement et tout près de l'épaule, qui s’enfle tout à coup : on peut s’assurer de ce fait même dans l’obseurité en passant simplement la main depuis l’encolure jusque sur l'épaule; dans le premier cas elle passe insensiblement de l’une à l’autre, dans le second elle est subitement arrêtée à la place du collier. Celle différence provient surtout de la longueur et de la position de l’omoplate. Chez le cheval de trait, cet os est plus court et est placé plus haut; les muscles ont moins de place et forment une masse compacle; quelques-uns d’entre eux sont aussi plus courts, et les mouvements de l’épaule ont bien moins de souplesse qu'il n’est requis pour assurer la liberté d’action et la sûreté du pas d’un cheval de route. Ce genre d'épaules, si commun chez les forts chevaux, est loin d’être

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avantageux même à ceux qui sont exclusivement destinés au irait; tandis qu'il leur laisse assez de liberté d'action pour le travail auquel ils sont destinés. Il offre un soutien commode au collier, qui n’est point sujet à se déplacer comme chez les chevaux qui ont plus de souplesse d'épaule. Mais pour le cheval de selle, il a le désavantage d’exposer l’animal à broncher, il lui donne de la lenteur et le gêne dans ses mouvements, surtout au trot. Souvent cette espèce d'épaule est combinée avec un garrot peu élevé, une encolure courte et mal ajustée, un coffre épais et une certaine inclinaison peu avantageuse du corps sur les jambes de devant; on ne la rencontre jamais chez les chevaux doués d’une poitrine profonde.

Le Porrraiz n’est jamais trop large dans les chevaux de trait; il est souvent trop étroit dans la plupart des chevaux et dans ceux destinés à un travail qui exige de la rapidité. Il pourrait se faire que ce füt un défaut d’être trop large. Quand il est très-développé, il annonce une grande lar-

geur de poitrine; mais alors aussi celte ampleur

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est ordinairement accompagnée d'une certaine indécision dans l'allure, surtout dans le trot, et d’une inclinaison du corps sur lavant-train, ce qui forme des défauts graves pour les chevaux de selle.

La position des 5AMBES DE DEVANT doit être observée avec soin; vues de côté elles doivent descendre en ligne droite depuis le coude jusqu’au boulet, avec la pince du pied tombant directement sous la pointe de l'épaule. Chez un cheval bien conformé, le pied est rarement posé plus en avant. Lorsque chez le cheval de selle il est plus en arrière, comme chez la plupart des chevaux de ferme et de trait, le cheval est exposé à devenir arqué de l’avant et à tomber surles genoux; le poids est naturellement rejeté au delà du point d'appui, de sorte que l’on ne peut compter sur la sûreté de son pas. Vus du devant de la tête, les membres doivent se rapprocher un peu en arrivant au sol; ce rapprochement ne doit être qu’à peine perceptible; s'il est trop prononcé, le cheval est sujet à se blesser le boulet,

ce qu’on nomme se couper, et s’entretaille en re-

levant le pied opposé à celui qui se trouve à terre. Quand les jambes s’écartent trop, on nomme le cheval cagneux ; il est alors presque toujours sans valeur, n’ayant ni énergie ni activité. Maïs il ne faut pas perdre de vue que les jeunes chevaux qui n’ont pas encore été dressés se placent souvent avec nonchalance et mauvaise gràce, sans cependant que l'on puisse leur reprocher Île moindre vice de conformation.

Le coupe, chez tous les chevaux, sera large, et sa largeur dépend de la longueur d’un os qui se projette derrière la ligne d'appui, et dont toul le service est de former levier à certains muscles attachés en cet endroit. Plus ce levier est long, plus les muscles ont de puissance, et plus l’action a de l’extension. La pointe du coude ne doit se diriger ni extérieurement ni intérieurement; elle doit être parallèle au corps du cheval : lorsqu’elle se rapproche trop de la poitrine, les pieds sont presque invariablement tournés en dehors, le cheval est alors panard, et sera sujet à se couper au boulet; si, au contraire, elle s'éloigne trop de l'axe du corps, elle donne lieu à la conformation

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