PHTHISIE PULMONAIRE
Il arrive fréquemment que des jeunes filles qui présentaient, dès leurs premières années, tous les symptômes de la phthisie pulmonaire, y compris les signes matériels révélés par la percussion et l'auscultation, et qui paraissaient ainsi vouées à une fin précoce, cessent, tout à coup, de tousser et reprennent les attributs de la santé, au moment où s'établit, chez elles, la menstruation. Tout se passe assez bien, sauf une certaine proclivité au catarrhe bronchique, pour le moindre prétexte, lorsqu'à l'approche de l'âge critique, quand se montrent les premiers dérangements dansles règles, un changement soudain se produit; la poitrine se reprend ; une petite toux sèche, accompagnée d'un mouvement fébrile, principalement vers le soir, trouble le sommeil. L'appétit se perd, les forces diminent, les joues se creusent et les pommettes se colorent de cette teinte propre aux tuberculeux. Bientôt, une expectoration, de plus en plus abondante, amène
le marasme, et la pauvre femme, comme si elle n'avait été épargnée que pour fournir son tribut à la propagation de l'espèce, s'éteint avec les lésions caractéristiques de la phthisie pulmonaire et, dans certains cas, de la phthisie dite galopante.
Ce que nous venons de rapporter, pour l'avoir observé bien des fois, emporte avec lui son enseignement, à savoir : qu'il convient d'avoir toujours les yeux ouverts sur les sujets qui se trouvent dans les conditions indiquées plus haut, et qu'on ne saurait mettre trop de soin dans l'exploration de la poitrine, dès les premières manifestations qui se produisent de ce côté; car c'est en attaquant la maladie à son origine, qu'on peut espérer l'enrayer. Toute temporisation devient promptement fatale, et c'est en vain qu'on essayerait de combattre des désordres qui marquent la période de ramollissement. La plus grande vigilance est donc de rigueur, comme aussi la plus grande fermeté, de la part du médecin, pour faire exécuter ses prescriptions.
Enumérer ici tous les moyens hygiéniques et pharmaceutiques que commandent les circonstances, ce serait écrire une monographie que ne comporte point notre cadre, ni le plan que nous nous sommes tracé.