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ET DU TEMPÉRAMENT

Les résultats positifs concernant Faction de cette double influence font presque complètement défaut, quant à la ménopause. L'attention et 1 intérêt des investigateurs semblent s'être épuisés sur les moindres détails afférents à la puberté. Cependant, un auteur, que nous nous sommes plu, déjà, à citer, avec les éloges que méritent ses consciencieux travaux, le docteur Emile Bertin, a judicieusement mis en œuvre les chiffres fournis pour l'âge de l'établissement des règles, par tous ses prédécesseurs; et tenant compte des rapports constatés entre le début et la fin de la fonction, il a réussi à établir le tableau que nous reproduisons ci-après :

Nombre de cas

ayant servi de

base à la moyenne.

Genre de la constitution.

Age moyen de l'apparition des règles.

Age proportion nel de leur cessation. ,

Robuste

Bonne

Moyenne

Délicate

Les différences entre ces chiffres, sans être absolument tranchées, démontrent, néanmoins, l'influence retardatrice de la constitution robuste, et celle, en sens contraire, des constitutions qui vont en s'affaiblissant.

Les écarts seront un peu plus appréciables, dans ce second tableau, puisé à la même source et qui a Irait aux tempéraments.

Nombre de cas Nature du Age moyen de Age proportionnel

ayant servi de base tem- l'apparition des de leur ces-

à la moyenne. pérament. règles. sation.

128 Sanguin 14,578 45,395

163 Lymphatico-sanguin 14,609 45,364

76 Lymphaticonerveux 14,057 45,316

110 Lymphatique 15,381 44,592

Il appert de ces chiffres, que le tempérament sanguin fait retarder la ménopause, et que le lymphatique la fait avancer ; toutes choses faciles à pressentir, d'ailleurs, pour quiconque connaît à fond les rapports étroits qui existent entre la fonction génératrice et l'énergie de la réaction vitale.

Les esprits superficiels pourraient seuls méconnaître, à première vue, toute l'importance que nous attachons, à établir rigoureusement la part d'action qui

revient, dans la durée de la vie utérine, à chacune des causes que nous nous efforçons de faire ressortir avec tant d'insistance. Mais, en pareille matière, on se sent trop heureux de pouvoir appuyer sur l'observation exacte de ses devanciers, des inductions admises jusqu'alors comme des vérités de sens commun, pour ne pas se complaire à la production de toutes les preuves qu'on trouve sous sa main. Assez souvent, dans les sciences médicales, et, en raison même de la complexité du sujet, les solutions ne peuvent être demandées qu'aux efforts de l'intelligence. Mais quand il s'agit de la constatation des faits, les chiffres acquièrent une éloquence exceptionnelle. Et cependant, il ne faudrait pas leur attribuer une valeur absolue. La vérité, a dit un philosophe, n'est pas dans les faits, mais dans l'esprit qui les juge.

§IY. — Influence de la grossesse et des couches.

Raciborski à posé en principe, que la durée de la période menstruelle est généralement en rapport avec

le nombre des grossesses ; c'est-à-dire, que la ménopause est d'autant plus tardive, que la femme a eu plus d'enfants. On trouve, dans les auteurs, quelques faits isolés qui semblent corroborer cette opinion.

Brierre de Boismont cite une femme Jourin qui, menstruée à douze ans, donna le jour à plusieurs enfants, et fut réglée jusqu'à l'âge de soixante ans.

La Moite parle d'une femme qui, jusqu'à quarantecinq ans, eut trente-deux enfants et était encore réglée à soixante-deux ans.

Bernslein fait mention d'une femme réglée à vingt ans, et qui eut sept enfants : le premier à quarantesept ans et le dernier à soixante-sept. Réglée jusqu'à quatre-vingt-dix-neuf ans, elle mourut à cent quatorze.

Golombat rapporte qu'une de ses parentes a mis au monde dix enfants. Réglée à dix-huit ans, elle n'a cessé d'être menstruée qu'à soixante-treize ans.

Ce sont là, sans doute, des faits étranges, et nous ne les citons qu'à titre de raretés. Mais combien d'autres du même genre peuvent être perdus pour n'avoir pas été publiés ! Et qui sait s'ils ne contiennent pas un enseignement dont l'humanité pourrait tirer profit, si le petit nombre de ceux qui ont été recueillis n'empê-

chait, jusqu'à présent, de leur accorder une attention suffisante?

§y. — Influence du genre de vie.

De même que pour la puberté, les conditions diverses qui, dans leur ensemble, représentent le genre de vie, manifestent sur l'âge de retour une action profonde, tant au point de vue de l'époque où il survient, qu'à celui des phénomènes qui l'accompagnent. Par exemple : le séjour à la ville ou à la campagne amène de notables différences dans la façon dont se produit et se déroule la phase critique dont il est ici question. Mais les avis sont partagés. Pour les uns, les règles se suppriment plus tôt chez les citadines, et la jeunesse a pour elles une moindre durée. Pour les autres, les influences nombreuses qui, dans les villes, surexcitent sans cesse le système nerveux des femmes, semblent les appeler, à la fois, à prolonger indéfiniment leur jeunesse, et à accroître sans mesure leurs souffrances (Cerise). Le libertinage retarde la ménopause, au dire de certains auteurs dont nous partageons la manière

•de voir, parce que l'expérience nous en a fourni la preuve. La continence la rapproche, au contraire, ainsi que nous l'avons observé chez les religieuses auxquelles nous avons été appelé à donner nos soins. Mais ce qui est hors de conteste, c'est que les vicissitudes de l'âge critique sont surtout redoutables pour les femmes épuisées par des maladies antérieures, des privations ou des excès. Qu'elles vivent au sein des grandes agglomérations humaines, ou au milieu des populations disséminées des champs, les chances favorables ou défavorables résulteront, pour elles, bien moins des lieux où se sera écoulée leur existence, que de la façon dont elles l'auront passée; et l'on peut voir de grandes dames, usées avant l'âge, par les plaisirs mondains, moins aptes à supporter les péripéties de la ménopause, que la plus pauvre ouvrière, ou la plus abrupte des paysannes, par cette seule raison, que ces dernières auront su se servir plus judicieusement des faibles ressources mises à leur portée pour l'entretien de leur santé.

La même observation peut s'appliquer aux excitations génitales. Sans doute, les abus ont ici pour conséquence de retarder la ménopause; mais en môme

temps, ils la rendront plus périlleuse, à cause des désordres qu'ils déterminent dans la vitalité des organes sur lesquels retentissent ces excitations. Et la continence ! Aussi bien que le dérèglement des mœurs, elle a ses inconvénients, pour ne pas dire ses dangers, et nous avons observé, maintes fois, dans les couvents, des femmes chez lesquelles l'âge de retour amenait un cortège de maux difficile à supporter. Ne faut-il pas conclure, de tout cela, que la nature est jalouse de ses droits, et qu'on ne saurait impunément lui désobéir ? Selon nous, les probabilités les plus heureuses sont pour la mère de famille qui a nourri ses enfants et dont les jours se sont écoulés paisiblement, à l'ombre du fo}rer, dans une aisance suffisante, et une atmosphère honnête. Pour celles-là, l'âge de retour est habituellement inoffensif et exempt d'orages.

Qu'on nous permette d'insister, un instant, sur cette dernière assertion, que nous voudrions souligner d'une manière toute spéciale, à l'adresse des jeunes mères qui nous liront. Nous avons dit assertion; lisez affirmation. Oui, nous avons la certitude que les choses se passent ainsi, et que pour la femme, la sanction d'une vie consacrée à l'accomplissement des devoirs

austères de la maternité, se trouve à l'âge de retour. Oui, la noble créature qui a nourri de son lait les enfants qu'elle a mis au monde, et qui n'a rien fait pour en limiter le nombre, celle-là peut être rassurée quand viendra l'âge critique. Elle le traversera sans encombre. Mais il n'en sera pas de même des marâtres qui auront cédé leurs prérogatives les plus sacrées à des nourrices mercenaires, et laissé tarir leurs mamelles de peur d'en voir altérer les formes; à celles-là sont réservées les plus rudes épreuves ; non pas, certes, comme châtiment, — nous ne sacrifions pas à de si mesquins préjugés, — mais comme conséquence naturelle de leur imprévoyance : la perturbation dans les fonctions sexuelles.

§ VI. — Influence de l'âge.

Nous avons dit précédemment quelques mots sur l'âge auquel se produit la cessation des règles dans différents pays; si nous revenons sur ce sujet, c'est pour l'envisager à un autre point de vue. Nous voulons, à la faveur des documents que possède la science, fixer,

au moins par à peu près Pépoque de la ménopause, indépendamment de toute considération de climat, de race ou de condition sociale. Mais, il faut l'avouer tout de suite, la tâche est hérissée de difficultés, à cause de la pénurie de renseignements positifs que les auteurs ont mis à notre disposition. Et, cependant, ce sont des chiffres importants qu'il faudrait pour légitimer des conclusions sérieuses en pareil cas. Or, à l'impossible nul n'est tenu, et nous ne pouvons nous servir que des matériaux connus, pour établir la moyenne de l'âge de retour, chez la femme en général.

Pétrequin, de Lyon, a fait un relevé qui comprend 60 cas, où la ménopause a eu lieu :

Chez 1/8 des femmes, de 35 à 40 ans

Chez 1/4 — — 40 à 45 —

Chez 1/2 — — 45 à 50 —

Chez 1/8 — — 50 à 55 —

Brierre de Boismont, opérant sur 163 cas, est arrivé aux résultats suivants :

Tableau des différentes époques de Page critique , chez 165 femmes.

(Récapitulation par périodes quinquennales.) De 35 à 40 ans 25 fois, environ 1/6

— 55 à 60 — 7 — à négliger

Il y aurait bien encore quelques témoignages épars, çà et là, dans les livres, pour établir approximativement le chiffre que nous cherchons; mais nous ne parviendrions pas, même en les rassemblant tous, à former un faisceau assez considérable ; et force nous est de nous contenter des renseignements statistiques qui précèdent. Ce qui nous console, toutefois, c'est la concordance qui règne entre les deux observateurs, puisque, chez l'un et l'autre, l'âge moyen de la cessation des règles oscille dans la limite de 40 à 50 ans.

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