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qu'il est possible, un poêle ou une cheminée; enfin i) faut bien se garder de trop accumuler les vers dans une même pièce, et leur laisser d'autant plus d'espace que l'on a moins de moyens de renouveler l'air. Pour maintenir l'égalité de la température dans une petite chambrée ainsi disposée, il suffit d'un peu de soin et d'avoir, pour se régler, le moindre thermomètre. On fera bien aussi de se placer de préférence au nord , car au midi il serait trop difficile de se préserver de la chaleur.
Quant aux grandes éducations de vers à soie, il faut absolument avoir des moyens de chauffage et de ventilation forcée bien organisés ; autrement , on s'exposerait aux plus grands désastres.
De l'égalité des vers ; de la distribution des repas pendant les dwers âges, et au moment des mues.
La distribution plus ou moins fréquente*des repas, qui exerce une si grande influence sur la durée des éducations, a aussi une grande importance pour l'égalité des vers.
Il est indispensable que toutes les claies d'une même division et tous les vers d'une même claie reçoivent de la feuille en même temps et dans la même proportion ; si on oublie une claie, ou si
Ton donne deux fois de la feuille à une partie de la division, quand l'autre partie n'en aura reçu qu'une fois, ou encore, ce qui est le plus fréquent, si l'on jette la feuille sur les claies sans ordre, sans soin , sans intelligence , de manière à ce que sur un point les vers aient trop à manger et que sur un autre ils n'aient pas une suffisante ration, on mettra aussitôt les plus grandes inégalités dans l'atelier.
C'est surtout pour donner plus également les repas qu'on a imaginé de couper la feuille du mûrier, et ce moyen, quoi qu'en puissent dire encore certaines personnes, est excellent; noup ne saurions trop le recommander. Il faut seulement un , instrument bien fait, et de certaines précautions, pour ne pas flétrir la feuille ; il faut encore avoir soin de ne la couper qu'au fur et à mesure des besoins : il est également essentiel de ne pas la couper trop menue , et d'en augmenter la dimension à mesure que les vers grossissent.
Le moment de l'éducation où il faut le plus d'intelligence pour la distribution des repas est celui des mues. La mue ou le changement de peau des vers est un des phénomènes lçs plus intéressants que l'on puisse observer : le ver à soie , dans le cours de sa rapide existence, a reçu de la nature la faculté de changer de peau quatre fois; quand le moment d'une mue est arrivé, on voit l'appétit du
ver diminuer peu à peu , puis l'insecte , cessant tout à fait de manger, poser à droite et à gauche des attaches, et rester immobile, la tête légèrement relevée : bientôt après, sa peau change de couleur; elle devient jaunâtre, elle se ride et se flétrit ; le museau se détache, et l'on voit apparaître celui qui est destiné à le remplacer; enfin le ver finit par sortir de son ancienne peau , qui reste sur la litière, comme un fourreau inutile.
Mais, quelque soin que l'on apporte dans la distribution des repas pour maintenir l'égalité parmi les vers, on conçoit qu'il est impossible d'obtenir une simultanéité parfaite dans toutes les phases de leur existence : la nature n'est jamais semblable à elle-même, et elle met toujours, dans les divers êtres , des différences marquées de vigueur et de solidité de constitution ; il n'est pas plus possible d'obtenir que les vers à soie chan gent de peau instantanément, qu'il n'est possible d'obtenir des éclosions simultanées; il y a des vers qui s'endorment un peu plus tôt, d*autres un peu plus tard.
En général, dans l'éducation la mieux dirigée, les vers d'une même série mettront douze heures pour s'endormir entièrement; ils resteront endormis pendant douze heures, et mettront douze heures à se réveiller ou à sortir de leur peau, ce qui fait trente-six, heures. Mais il n'y a rien d'ab-
solu ; l'opération dure d'autant moins que l'égalité est plus parfaite.
Au moment de la mue, on doit diminuer les repas peu à peu, de manière à ce que les vers un peu plus en retard reçoivent toujours de la feuille , sans cependant enterrer dans la litière ceux qui sont déjà endormis ; ensuite, au sortir de la mue, avant de recommencer les repas , il faut attendre que tous les vers soient parfaitement réveillés et disposés à se jeter sur la feuille. Ce que nous avons dit lors de la levée, après l'éclosion, sur l'inconvénient de laisser les vers, les premiers sortis, manger quelquefois plusieurs heures avant les derniers, surtout à cause des inégalités qui doivent en résulter, est tout aussi vrai pour chaque mue, et c'est là un des points sur lesquels nous devons d'autant plus insister, que l'expérience démontre que les vers, au sortir des mues, peuvent rester sans manger un temps assez long, vingt-quatre à trente heures et même davantage, sans paraître en souffrir aucunement.
Il faut bien faire attention, dans la distribution des repas, de ne pas donner de feuille mouillée, qui peut être très-nuisible aux vers , surtout dans les derniers âges. Tous les auteurs qui ont écrit, de temps immémorial , sur la sériciculture se sont accordés sur ce point, et, dans ces dernières années, les discussions les plus approfondies, les'expé-
riences les plus concluantes sont venues confirmer ce principe (1) et faire justice du régime aquatique auquel on avait eu un instant la malheureuse pensée de soumettre les vers (2).
On sait que, quand le mûrier est greffé, ses feuilles se conservent facilement dans un endroit frais deux ou trois jours; on peut donc toujours avoir en magasin une certaine quantité de feuille, et augmenter cette quantité quand on prévoit un temps de pluie.
Enfin, dans le cas où l'on serait surpris par un orage, avant de se décider à donner de la feuille mouillée aux vers, il faudrait d'abord, pour donner à cette feuille le temps de se ressuyer, essayer de suspendre les repas pendant quelques heures, ce qui n'a aucun inconvénient; dans ce cas , la température doit être baissée, afin de diminuer l'activité des vers. Si la pluie continuait, on pourrait essayer de sécher la feuille par quelques moyens
(1) C'est l'humidité, jointe à la chaleur, qui fait fermenter les litières et est cause de la plupart des maladies qui ravagent les éducations. Or y a-t-il quelque chose qui puisse donner plus d'humidité dans un atelier et dans des litières que la feuille mouillée? Nous disions plus haut qu'une assez grande humidité ne paraissait pas nuisible aux jeuues vers daus les deux premiers âges ; mais c'est de l'humidité de la température qu'il s'agissait, et non pas de celle de* litières et de la feuille.
(2) Voir Annales aéricicoles , vol. VI , page 468 ; vol. VU , pages 204-26Ô ; vol. VIII, pages 63, 95, 131, 206, 303, 306, 442, etc.
mécaniques (4); mais, nous le répétons, ce qui est bien préférable , c'est de ne pas se trouver dans cet embarras, en ayant soin d'avoir toujours de la feuille d'avance.
On a souvent agité la question de savoir si l'on devait faire manger les vers à soie la uuit, et les opinions ont toujours beaucoup varié à cet égard. Il est certain qu'il paraît plus rationnel de donner aux vers des repas la nuit comme le jour, et que par là on abrège la durée de l'éducation. Cependant, comme c'est un surcroît de peine et de dépense, et que> d'un autre côté, les vers ne paraissent nullement souffrir de rester quelques heures sans manger, ce n'est que lorsqu'il s'agira de grands ateliers, ou bien encore lorsqu'on sera menacé par les grandes chaleurs, que nous conseillerons d'organiser un service de nuit afin d'arriver plus promptement à la montée. Pour les petites éd\ications , on fera très-bien de ne pas se préoccuper de la nuit, et de laisser les vers sans manger, ou plutôt avec uu seul repas, de dix ou onze heures du soir jusqu'à quatre ouxinq heures du matin, toujours en baissant un peu la température, afin que les vers puissent attendre plus facilement.
Quant à la quantité de feuille qire consomment
il) Ces moyens mécaniques flétrissent toujours un peu la feuille. M. d'Arcet a fait un appareil dont la Société d'eucouragemeut a donné le dessin et la description, et qui est assez satisfaisant.
les vers, nous avons déjçt vu que le calcul par once de graine mise à éclore ne signifiait absolument rien, et qu'il ne fallait compter que par la quantité de cocons récoltés. Nous avons dit également qu'avec 4,000 kilog. de belle feuille greffée non mondée on pouvait obtenir de 40 à 50,000 cocons pouvant peser de 60 à 80 kilog. Les vers qui donnent ces cocons au cinquième âge peuvent occuper 50 mètres carrés. Quelques auteurs ont cherché à établir la consommation de feuille des vers par âge et, pour ainsi dire, par jour; cela peut être curieux, mais ce n'est pas indispensable. D'ailleurs, de pareils détails sont trop sujets à l'erreur ou à l'arbitraire, et ce qui suffît, c'est de savoir ce qu'il faut, à peu près, de feuille dans toute l'éducation, pour obtenir telle ou telle quantité de cocons. ,
Du délitement des vers et de l emploi des filets.
L'enlèvement des litières, qui s'effectuait autrefois à la main, et qui était si long et si difficile, se fait maintenant d'une manière admirable par le moyen des filets, soit en fil , soit en papier, dont nous avons donné plus haut la description.
On pose ces filets sur les claies , on jette de la
feuille par-dessus, puis, quand les vers sont bien montés sur la feuille, on n'a qu'à soulever le filet pour ôter la litière ; seulement il faut avoir soin de ne pas enlever le filet après un seul repas : il faut toujours en donner deux et même quelquefois trois, afin d'être bien certain que tous les vers ont traversé les mailles.
Dans le premier et le deuxième 4ge des versa soie, on peut, à la rigueur, se dispenser de les déliter; à cette époque, la litière sèche très-promptement. Cependant il est encore mieux d'enlever cette li~ tière, et l'on peut se servir, pour déliter les jeunes larves, de papier percé de très-petits trous ou de petits filets.
Au troisième âge, on augmente la grandeur des mailles des filets ou celle de^ trous du papier; enfin , au quatrième et au cinquième âge , on se sert de filets à mailles de 23 millimètres, ou de papiers à trous de 17 millimètres.
Quant au mode à employer pour les délitements, il peut varier. Les uns suspendent le filet au-dessus même de la claie, puis ils ôtentla litière, changent le papier, et remettent le filet en place ; d'autres préfèrent laisser, à chaque rang de claies et à un bout de chacun de ces rangs;, une claie vide, de manière que< clans l'opération, il n'y a autre chose à faire que de prendre le filet chargé de vers de la première claie , qui vient ensuite , et
de te déposer sur la claie vide, et ainsi successivement jttsquau bout de la rangée.
Pour e»lever les filets, il y a aussi divers moyens. Les uns emploient des bâtons que Ton appelle serrmte$ % et qui sent garnis de clous à crochet ; les autres se servant d'un cadre, également garni de clous. Les servantes se posent de ebaqtte cèté de la date, en longueur ; on y accroche le filet, on Pealëve, puis, quand il est remis en place, on décroche et on passe à une autre claie. La seule précaution à prendre pendant le déliteincnt, c'est de tirer chaque servante en sens opposé, de manière à ce que le filet soit tendu le mieux possible et né fasse pas de poche .dans le milieu. Il faut aussi , état pesant te filet , prendre garde de ne pai le tramer, afin de ne pis froisser les vers qui peuvent se trouver en dessous.
Avec un eadre, on opère à peu près de mente ; la seule différence, c'est que le~ filet est accroché des quatre côtés, et peut moins se déranger ; Biais aussi les cadres son* plus difficiles à manier, ils embarrassent davantage l'atelier, et se prêtent moins aux diverses manœuvres. C'est à chacuq, à expérimenter à cet égard, et à adapter celui de ces deux moyens qui paraîtra le plus coffljnode et le plus convenable.
Dans tous les cas et de quelque manière qu'on effectue le délitèrent, qu'on le fasse sur place ou
qu'on transporte lés filets d'une claie à l'autre, qu'on se serve des servantes, ou qu'on emploie tes cadres, les différentes manœuvres seront bien phw faciles et bief* plus promptes à deux personnes placées de chaque côté de kl claie. Vite personne seule aurait beaucoup pkts de peine et emploierait beaucoup* plus de temps.
Nous n'approuvons pas les tables en canevas tournait que quelques éducateurs ont imaginées et qui sont longues do 5 à 6 mètres (4)7 On met, sur lés canevas, des filets de même grandeur, et, quand on veut procéder au' détitetnent, on soulève ces filets en les accrochant au-dessus de» tables, puis au moyen de rouleaux qui se trouvent à ckaque bout on fait tourner les canevas de manière que la litière vienne tomber d'elle-même dans un panier placé à Tune àéê extrémités. Rien n'est plus incommode que le maniement de Ces grands filets ; en outre , il peut être très*»dange~ reux de remuer et faire tomber ainsi les litières v qui, comme on le sait, renferment souvent des molécules qui peuvent être funestes aux vers (2) . Avec le système de délite ment que npus conseillons rien de semblable n'est à craindre : en roulant ensemble la litière avec le filet et le papier
(1) La magnanerie , dans l'ancien ctafkafoedu roi Loms-PhiHppe, à NeoiHy , *été organisée ainsi.
(2) Par exemple, des sporules de muscardiue.
qui sont en dessous , aucune molécule ne peut s'échapper ; on pose ensuite le tout au fur et à mesure avec précaution dans un panier, et l'opération s'exécute ainsi avec toute la facilité et la rapidité que l'on peut désirer (1).
Une personne seule peut déliter les vers avec les papiers percés, en faisant glisser chaque feuille de papier chargée de vers sur une petite planche, ou bien encore on se met deux personnes pour soulever cette feuille et la poser sur une autre claie comme on fait pour les filets de fil. Il faut avoir bien soin que les feuilles de papier percées ne soient pas trop larges ni trop longues, afin que le poids des vers ne les fasse pas rompre. Une bonne dimension* est 35 centimètres de large sur 72 de long ; cela fait quatre feuilles de papier pour une claie de 1 m ,33 sur 66.
Les filets ne servent pas seulement à ôter plus facilement la litière, ils sont aussi fort utiles pour dédoubler les vers et pour rétablir l'égalité dans certains cas. *
* Le dédoublement a lieu généralement au sortir de chaque mue; on prend deux filets que Ton plie en long et que l'on pose à côté l'un de l'autre sur les
(1) Un inconvénient encore des canevas, c'est qu'ils n'offrent pas assez de résistance pour le boisement ordinaire avec les bouleaux ou les bruyères, et qu'ils sont soulevés par reflet du bois qui tend à se redresser.
vers, de manière à diviser en deux parties chaque claie ou chaque partie de claie (4). On donne la feuille comme à l'ordinaire, puis on transporte chaque filet, chaque fraction de vers sur une claie séparée; il faut tâcher de n'opérer qu'un dédoublement par âge, en réservant aux vers, sur la nouvelle claie où on les transporte, assez d'espace pour le développement qu'ils sont appelés à prendre après chaque mue; le talent, à cet égard, consiste à bien ménager le terrain dès l'origine, c'est-à-dire dès la levée des vers, lors de l'éclosion.
Quant au rétablissement de l'égalité au moyen des filets, voici comment on procède : au moment de la mue; aussitôt que les vers, qui sont trop avancés, sont endormis, on pose très-doucement un filet sur la claie et on donne un repas; les vers qui sont encore éveillés montent aussitôt» on les enlève et on en forme une catégorie différente.
En cas de maladie, les filets rendent encore un immense service ; ils donnent le moyen de séparer les bons vers des mauvais ; ces derniers, en général, n'ayant pas la force de traverser les mailles et de monter sur la feuille, restent sur la litière, et il suffit quelquefois de deux ou trois délitements
(1) Avec les papiers- filets, qui sont divisés en petites bandes étroites, le dédoublement est encore £Iûs facile ; il n'y à rien à plier , il n'y a qu'à séparer les bandes et lés mettre sur des claies differentes.
pour faire &sp*mitjg tout symptôme alarmait.