UNION DES CŒURS
VOUS pouvez dire : Unuvi corpus multi sumus, tous ensemble nous ne faisons qu'un seul corps. — Admirable corps dont tous les membres sont des cœurs, et des cœurs jeunes, des cœurs généreux, des cœurs catholiques !
Qu'ils s'unissent donc, tous ces cœurs, d'autant plus étroitement qu'ils sont jeunes, généreux et catholiques.
Aussi bien, l'un des principaux buts de votre Cercle est d'entretenir cette union ; car cette union est l'un des principaux besoins des jeunes gens qui se joignent à vous. Quelle est, en effet, la préoccupation de tant de mères chrétiennes en envoyant ici leurs fils ?
Sauver la foi, les mœurs de ces enfants. Et comment? En les entourant d'amis choisis, d'amis sûrs, d'amis chrétiens : voilà pourquoi le Cercle catholique est leur espérance, espérance bien justifiée pour un très grand nombre.
Que de générations ont déjà joui de ce bienfait! Mais vous voulez tous que ce bienfait s'étende à d'autres encore. Pour cela, il faut que vos liens soient encore
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plus étroits, que votre union soit encore plus profonde. Sans même attendre le retour des vacances^ donnez-lui, dès maintenant, une nouvelle impulsion ; et si vous remarquez parmi vous quelque tendance contraire, portez-y promptement remède.
Par exemple, si quelques jeunes gens vous ont échappé, tâchez de les ressaisir; il en est temps encore peut-être. Pourquoi ont-ils fui vos réunions? Ils ont été entraînés par des amitiés dangereuses qui ont eu pour eux plus de charmes. Que vos réunions soient si douces, qu'elles l'eml'emportent sur toutes ces réunions suspectes, qu'elles rivalisent avec la famille elle-même.
Il serait bien triste que quelqu'un cessât de venir exactement au Cercle ou s'en éloignât même tout à fait, parce qu'il y éprouve
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de l'ennui, parce qu'il y est laissé presque seul, parce que, ne connaissant personne, il est trop timide pour faire des avances. Faites donc tous des frais pour les autres, surtout pour les nouveaux et les plus jeunes. Mettez votre zèle à ramener ceux qui s'éloignent ; soyez fidèles à venir vous mêmes ; faites de généreux efforts pour contribuer ainsi à l'amitié, à la dilatation commune.
Mais, dira-t-on, nous avons nos amis particuliers. — A la bonne heure ; je ne veux certes leur faire aucun tort. Mais, en un sens très véritable, si je comprends bien l'esprit du Cercle catholique, par là même que quelqu'un est membre du Cercle, il doit être aussi votre ami. Prenez garde de former, pour ainsi dire, des cercles particuliers dans le Cercle; ce ne serait pas un Etat dans l'État, mais faci-
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lement ce serait la division dans l'union.
Sans doute, il est nécessaire que vous ayez des groupes particuliers pour les conférences et pour les œuvres ; mais cela ne doit pas nuire à l'union commune. Ce sont, au contraire, autant de moyens, si vous restez fidèles à votre esprit, de vivifier cette union.
Ne faites vraiment tous ensemble et de plus en plus qu'un seul corps, c'est-à-dire qu'un seul cœur. Quel charme alors encore plus grand dans vos réunions!
Quel empressement, au retour des vacances, de revenir à ce centre de si douce et si fraternelle amitié ! Quel attrait pour tant d'autres jeunes gens que votre exemple touchera ! Ils diront : Voyez comme ils s'aiment] Et ils demanderont a être des vôtres ; car ils ont aussi des cœurs. Ils ont aussi besoin de
trouver de nobles et généreuses affections. Les mœurs et la foi d'un grand nombre seront ainsi mieux gardées, et tous les membres du Cercle se trouveront heureux en restant purs : d'autant plus heureux qu'ils seront plus purs, d'autant plus purs qu'ils seront plus heureux.
Et vos familles béniront de plus en plus ce Cercle, et la sainte Eglise surtout, la meilleure des mères, le bénira.