Apollon de son feu leur fut toujours avare
On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre Inventa du sonnet les rigoureuses lois...
4. Pour enfermer son sens dans la borne prescrite, La mesure est toujours trop longue ou trop petite. L'épigramme, plus libre en son tour plus borné...
5. La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes. Le madrigal, plus simple et plus noble en son tour...
SiBoileau avait songé que tous ces genres n'avaient rien de commun que d'être des genres de poésie, et qu'ils ne se reliaient point l'un à l'autre, mais chacun à part à l'idée générale de ce second chant, destiné à exposer les règles
des genres secondaires, il se serait épargné bien de la peine et n'aurait pas fait la joie de ses ennemis. Remarquez en eiïet que souvent des idées se suivent, qui ne dépendent point les unes des autres, mais qui se rattachent toutes pour ainsi dire parallèlement à une idée maîtresse, génératrice, que le titre et le début du chapitre et du morceau expliquent : chercher des transitions entre celles de ces idées qui se suivent, c'est chercher le point de rencontre de deux lignes parallèles. Il ne faut pas lier ces idées, il suffit de les juxtaposer, et que leur liaison à l'idée première soit toujours sensible.
Il y a des écrits qui n'ont pas de sujet délimité, où l'on rassemble tout ce que la circonstance et le besoin présentent. Ce serait une faute ici de vouloir mettre de l'unité. Dans une lettre, on passe d'une chose à l'autre au hasard de la pensée et de loccasion, on ne s'inquiète pas qu'elle soit décousue. Et c'est à l'utiilé, à la cohésion trop exacte que se trahissent l'élude et la méditation dans certains recueils de lettres : on sent que chaque lettre est écrite, que c'est slyle d'auteur, et non langage de causeur. On a beau, comme Pline le Jeune, s'étudier à glisser parfois un peu d'incohérence : le procédé se devine, et nous ne sonim pas dupes. A quoi bon chercher des transitions entre choses qui peuvent n'avoir aucun rapport? On ne trouverait au reste la plupart du temps que des transitions plates, ou de fausses transitions, qui ne lient pas les choses, mais les phrases : comme sont toutes ces formules banales de rapprochement, de comparaison et d'opposition, qui s'appliquent à tout, pareilles aux crochets dont on raccommode les assiettes cassées i porcelaine fine ou terre grossière, cela mord partout; peu importe l'objet, pourvu qu'il ne soit pas entier. Mieux vaut laisser les choses dans leur naturelle incohérence et, quand on a fini de l'une, passer bonnement h l'autre sans plus de cérémonie. Ce décousu, dans une ietlr
et dans tout écrit dont la matière est déterminée par des causes extrinsèques et particulières, comme dans les écrits périodiques, qui suivent forcément non pas la logique et la nature, mais la date des événements, ce décousu ne peut guère disparaître sans emporter le naturel.