‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 15 sur 88 · COMPOSITION DK LA MAISON 1)U KOI. ANCIENS OFFICES CONSERVES · texte numérisé non relu

COMPOSITION DK LA MAISON 1)U KOI. ANCIENS OFFICES CONSERVES

François Ier fut plus favorable aux officiers de son service qu’à ceux du service public. Le plus considérable, quand il monta sur le trône, était celui qui depuis Louis XI s’appelait le grand-maître de France. La fonction du grand-maître de France était alors de garder les clefs du palais, d’y maintenir la propreté et la police, d’y commander une petite troupe pour la sûreté et le bon ordre, de régler le service de la table du roi et de celle de ses commensaux, sans oublier la sienne. Ajoutons qu’il avait juridiction sur plusieurs métiers, tels que les bouchers et les charcutiers. Sa charge lui était inféodée, et il rendait foi et hommage au roi pour en recevoir l’investiture; François Ier changea, sans y prendre garde, l’existence de ce grand officier; et par le luxe et le nombre immodéré des tables de sa maison et par l’accroissement de sa garde militaire , il en fit un personnage dangereux au moins pour des rois fainéants. Il ne fallait pas moins, dit Brantôme, que six tables à la cour, sous François Ier, et si bien montées que rien n’y manquât ; six tables, servies même dans les forèls et dans les villages , quand le roi voyageait ou allait à la chasse, comme si c’eût été à Paris. Quelle troupe de subordonnés suppose un pareil luxe! et quelle clientelle donne

COUR 1)E FRANCE

au grand-maître cette multitude de commensaux de divers rangs! Sous ses ordres étaient le maîtrequeux qui remplaçait le grand-queux ou grand-cuisinier, dont l’office avait été précédemment supprimé; le grand-bouteiller ou eschanson , et I e grandpanelier. Leurs offices, précédemment dépouillés de leur juridiction , l’un sur les marchands de vin, l’autre sur les boulangers, et d’autres prérogatives politiques, telles que la présidence de la chambre des comptes , qui appartenait au grand-eschanson , étaient néanmoins toujours possédés en fief, sujets à la prestation de foi et hommage, et possédés par des personnes de haut rang. Ajoutez les valets ou escuyers tranchants , les escuyers de cuisine, appelés depuis gentilshomme servants ou collectivement le serdeau , les potagers, les hâteurs , les sauciers, les pâtissiers, les rôtisseurs, etc. C’était une légion. Mais ce qui accrut la puissance du grand-maître à un point formidable, ce fut l’augmentation de la garde royale, qui se trouvait dans le palais sous ses ordres et sous sa clef. En gagnant cette troupe, il pouvait se rendre maître de la personne du roi , et en faire son prisonnier. Anne de Montmorenci, et François et Henri de Guise ont possédé successivement la place de grand-maître de France, et ont prouvé par leur empire sur des rois, très faibles à la vérité, combien, dans le service de cette charge, on était plus près du commandement que de l’obéissance.

La place de premier chambellan , dénuée de tout

SOUS FRANÇOIS Ier. ()5

caractère d’office public, hérita des fonctions domestiques du grand-chambrier supprimé.

• La place de grand-écuyer de France élevée fort haut par Louis XI, fut maintenue dans son autorité sur les écuries du roi, distraite depuis longtemps de la charge de connétable.

Les offices de grand-veneur de France et de grand fauconnier de France, dont le titre paraît dater du règne de Charles YI % furent aussi maintenus dans leurs prérogatives : ils étaient possédés en fief. Le roi donna l’office de grand-fauconnier à René de Cossé, de qui il passa à Timoléon de Cossé, qui le possédait, dit Du Tillet, en 1616 1 * 3; d’où l’on pourrait conclure que ce fief était héréditaire. Il donna l’office de grand-veneur à Claude de Lorraine, duc de Guise, père de François, tué par Poltrot, et aïeul de Henri, assassiné par Henri III : c’est de ce Claude de Lorraine et du cardinal , le grand ami de François Ier, que date le pouvoir de cette famille des Guises qui devait être si funeste à la France. La destinée de François Ier était de réunir dans sa cour les principes de tous les maux que laFrance devait éprouver long-temps après lui.

1 Le grand-écuyer en 1^99 grand-maître de l’écurie, sons Charles VIII, grancl-écuyer (Tanneguy Du C.hâtel fut ainsi qualifié), grand~écuyer de France sous Louis XI (Alain Guyon ainsi qualifié en 1440).

1 Du Tillet, page 240.

3 Du Tillet , page 240.

COU K Dlï FRANCE

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