‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 14 sur 88 · ÉLIMINATION DES GRANDS- OFFICIERS DF, LA COURONNE · texte numérisé non relu

ÉLIMINATION DES GRANDS- OFFICIERS DF, LA COURONNE

Deux offices avaient encore retenu quelques fonctions de la couronne, ceux du grand-chambrier et du connétable : François Ier les fait disparaître de sa maison.

Le grand-chambrier (cubicularius , différent, comme je l’ai dit, du grand-chambellan, camerarius) , après avoir été deux cents ans un des signataires et des conseillers nécessaires des actes royaux, avait conservé jusqu’à François Ier rang et séance à la chambre des pairs , ainsi qu’aux états-généraux. Ces deux prérogatives se réduisaient à rien sous un prince qui ne convoquait point de cour des pairs pour juger les personnes qu’il voulait perdre, qui ne voulait pas entendre parler d’états-généraux pour autoriser les impôts. Mais il restait encore au grand-chambrier un droit important, c’était de surveiller les recettes et les dépenses de la maison du roi et celles de l’État; il avait, de plus, juridiction sur un grand nombre de professions, et il possédait de plus son office à titre de fief. Le droit de surveillance sur

COUR DE FRANCE

les recettes et dépenses du roi était au moins importun pour un prince prodigue; il suffisait que ce droit pût être exercé avec intégrité par un officier inamovible, pour que le roi voulût s’en affranchir. Il y réussit par un moyen fort simple; il donna la charge au duc d’Orléans son fils. C’était abolir ce qu’elle pouvait avoir d’utile pour la nation. Après l’avoir dépouillée de toute utilité, il lui était aisé de la supprimer : son fils mourut , et il la supprima.

L’office de connétable eut à peu près le même sort. On voit dans Du Tillet que, postérieurement au règne de Philippe-le-Long, cet office avait été démembré; qu’on en avait détaché sa fonction primitive, qui était le soin de l’écurie du roi , pour la donner à un grand-écuyer , et qu’on avait constitué le connétable chef de l’armée. A l’avènement de François Ier, le connétable n’était donc plus officier de la maison ; il était grand-officier de la couronne. Les maréchaux avaient, comme le connétable, changé de condition; au lieu de rester officiers des écuries du roi , ils étaient devenus assesseurs du connétable pour le jugement des gens de guerre, et devinrent plus tard juges du point d’honneur. Après le jugement ou plutôt la proscription du connétable de Bourbon , le roi fut dix ans sans nommer à la place de connétable: il y nomma ensuite Anne de Montmorency; mais il devint jaloux de ses succès , et se mettant luimême à la tête d’une armée, il rendit le commandement de celle qui était confiée à la valeur et à la sagesse d’Anne, illusoire, et périlleux, par la contrariété qu’il opposa à toutes ses opérations et à tous ses desseins.

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