SERVICE DES FEMMES AJOUTE A CELUI DES HOMMES DANS LA MAISON ROYALE
Le plus grand, le plus notable changement de ceux quifurentintroduits dans la maison du roi, celui cpii entraîna le plus de conséquences, fut la composition de la maison de la reine, de celle de la duchesse d’Angoulème, mère du roi , de celle de Marguerite de Valois sa sœur, et des autres princesses de la maison royale, maisons qui furent annexées à celle du roi. Anne de Bretagne avait introduit un service de femmes et de filles d’honneur dans sa maison; la duchesse d’Angoulème, à son exemple, avait aussi établi un service de femmes près d’elle. Dès avant l’avènement de François au trône, cette complaisante mère avait eu soin de s’entourer
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d’une multitude de filles jeunes et belles; mais, différente d’Anne de Bretagne, qui élevait son jeune cortège à la vertu, la duchesse d’Angoulême dressait ses élèves à tous les vices propres à séduire et captiver son fils. On peut se faire une idée de leur esprit et de leurs mœurs, parle recueil des contes de la reine de Navarre, intitulé YHeptameron ; on y voit quel était le sujet habituel de leurs entretiens. Pour connaître à fond les mœurs de ces femmes, il suffit de savoir que les maîtresses du roi étaient au premier rang dans la maison de la reine : Françoise de Chateaubriant , la première d’entre elles, était dame d’honneur de sa première femme, madame Claude de France, fille de Louis XII \ La duchesse d’Étampes était darne de sa seconde femme, Éléonore d’Autriche, sœur de Charles- Quint : elle donna à laver à ce prince quand il passa en France; honneur qui lui était fort envié par Diane de Poitiers, maîtresse de Henri, fils du roi , après avoir été la sienne.
François Ier quadrupla près de la reine le nombre des femmes que le service d’Anne de Bretagne avait réunies près d’elle: il en remplit les maisons des princesses; il augmenta le nombre des officiers qui en faisaient partie; il étendit à leurs offices les privilèges réservés à ceux de sa maison proprement dite3. Les maisons des princesses devinrent la
1 Manuscrits de la Bibliothèque du roi.
a Septembre 1 52 1 . Décla ration de François I", que les officiers
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société intime du roi ; et l’esprit qui le gouvernait n émanait pas moins de ces maisons que de celle de la reine.
Les femmes ajoutées au service d’honneur delà reine et des princesses de la maison royale donnèrent un immense accroissement à la cour; elles y portèrent un intérêt nouveau, qui se compliqua avec l’intérêt ancien; elles donnèrent aux courtisans un autre mouvement , une autre direction ; elles exaltèrent, concentrèrent l’esprit de courtisan : ce fut un élément nouveau qui fit travailler et fermenter tous les autres. Le roi devint le noble sujet des dames; et dès lors il fallut que la cour, comme le roi lui-même , prît un autre aspect et un autre caractère. Nous reviendrons, et longuement peut-être, sur cet aperçu.
L'établissement des femmes à la cour rappelle ici un grand officier que nous avons indiqué dans la nomenclature de ceux qui ont composé la maison de François Ier; c’est le grand-aumônier du roi, Antoine Sanguin; il était oncle de la duchesse d’Etampes, sa maîtresse. Le roi le fit grand-aumônier de France', au lieu de grand-aumônier du
domestiques de madame sa mère jouissent de semblables privilèges que les siens. — Mêmes privilèges octroyés à ceux de la reine de Navarre, sa sœur, 15^5 et 5 décembre i5qi. — Mars 1 542,. Déclaration que les officiers domestiques et commensaux soient exempts de toutes contributions , emprunts, impositions. — i543. Même déclaration en faveur des officiers de la reine.
1 «Legrand-aumônier, dit Dumont (Cérémonial diploma-
COUR DF, FRANC F
roi; il le lit cardinal de Meudon , et sembla vouloir couvrir de l’autorité d’1111 prince de l’église, l’incontinence et l’adultère, seuls principes auxquels le prélat devait son élévation aux dignités.