‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 49 sur 88 · MOEURS SINGULIÈRES DE LA FIN DES RÈGNES, ETC · texte numérisé non relu

MOEURS SINGULIÈRES DE LA FIN DES RÈGNES, ETC

sirs de tout genre se succédaient sans interruption à la cour et clans la capitale, ce prince, enivré, s’abandonnait à toutes ses fantaisies pour les femmes. Sans rompre avec madame de Montespan, il afficha madame de Ludre, ensuite mademoiselle de Fontanges, dont il eut un fils qui mourut peu après sa naissance, et auquel elle ne survécut que quelques mois :elle mourut avec le titre de duchesse, et laissant dix mille écus de rentes qu’elle méprisait , ne voulant , dit madame de Sévigné, que le cœur du roi quelle n’avait pas. Dans le même temps encore, commençait l’inclination du roi pour madame de Maintenon. Ces exemples n 'étaient pas perdus pour la cour; ilsy avaient amené un tel débordement, que ce n’étaient plus les hommes qui priaient les femmes , c’étaient les femmes qui priaient les hommes. La Bruyère nous apprend qu’alors les femmes, pour réveiller des sens fatigués, et ranimer des désirs auxquels elles ne laissaient pas le temps de renaître , épuisant en vain l’art de la parure, se mirent « à peindre leurs lèvres, leurs joues, leurs sourcils; arrondirent leurs joues en mettant des boules de cire dans leur bouche ; étalèrent les épaules, la gorge , les bras, les oreilles, comme si elles craignaient de cacher l’endroit par où elles pourraient plaire, ou de ne pas le montrer assez'. » Elles trouvèrent la satiété inexorable , et échouèrent

1 Cliap. des Femmes, page 222. Edition in~4°-

i3; et cliap. de la Cour, page

2üS

Page 1