‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 50 sur 88 · MOEURS SINGULIÈRES · texte numérisé non relu

MOEURS SINGULIÈRES

devant le dégoût, plus impitoyable que la haine.

C’est à cette époque que commencèrent ces amours que Bussy appelle à l’italienne1. « La facilité des femmes, dit-il, les avait rendues si méprisables à la jeunesse, qu’on ne savait presque plus à la cour ce que c’était que de les regarder. »

Dangeau parle de ces amours dans ses Mémoires: «Lundi 25 décembre 1684, dit-il, le roi et monseigneur passèrent presque toute la journée à la chapelle. Le père Bourdaloue prêcha, et dans le compliment d’adieu au roi, il attaqua un vice qu’il conseilla fort à Sa Majesté d’exterminer dans sa cour. Ce sermon fut fort remarquable. »

Voici ce que disait ce sermon, qui traitaitde la nativité de Jésus-Christ : « L’hérésie abattue , l’impiété réprimée, le duel aboli, le sacrilège recherché et hautement vengé, tant d’autres monstres dont Votre Majesté, sire, a purgé la France , et qu’elle a bannis de sa cour, seront d’éternelles preuves de sa piété. Le dirai-je néanmoins, et pourquoi ne le dirais-je pas, puisqu’il y va des intérêts du Seigneur, et que je parle devant un roi à qui les intérêts du Seigneur sont si chers ? de ces monstres que Votre Majesté poursuit, et contre qui elle a déjà si heureusement employé son autorité royale, il en reste encore, sire, qui demandent votre zèle, et tout votre zèle, L’ Ecriture me défend de les nommer; mais il suffit que Votre Majesté les connaît , et qu’elle les déteste ;

1 La France italianisée : ouvrage plein de détails sur ce sujet.

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