‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 63 sur 88 · EFFETS DES MOEURS CALANTES · texte numérisé non relu

EFFETS DES MOEURS CALANTES

viennent. D’un autre côté, l’instinct clés jeunes hommes est de plaire aux femmes, et de se prêter à leurs inclinations ; et cet instinct se développe rapidement là où régnent les mœurs de la galanterie, et s’offrent en exemples à tous les regards.

Ces riens auxquels la galanterie donne tant d’importance sont tout ce qui amuse la vanité et les sens, et préserve des loisirs prolongés de l’ennui, maladie ordinaire du désœuvrement; et la raison qui fait donner tant d’importance à ces riens , c’est qu’ils ont pour but le plus vif des plaisirs.

Le temps, qui est si court pour le travail, est d’une longeur extrême pour le désœuvrement ; les amusements s’usent si vite, et il se fait, si on peut le dire, une si grande consommation des jouissances des sens et de celles de l’imagination, dans une vie inoccupée, que leur variété ne suffit plus pour la satisfaire. Bientôt elle en vient au point de ne pouvoir plus leur demander d’autre mérite que celui de la nouveauté.

De là la continuelle variation des modes dans la parure , dans les manières , dans ce qu’on appelle les plaisirs, et dans les arts même qui s’y rapportent : au beau , au grand , au parfait , ne sont accordés que peu de jours d’estime et quelques heures de gloire ; on passe du naturel au bizarre , du bizarre au plus bizarre encore.

De l’autorité de la mode naît celle du ridicule qui frappe tout ce qui sc soustrait à la mode, ou lui résiste.

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