‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 66 sur 88 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

De quelques bous effets des mœurs galantes.

Il est établi par ce qui précède que la galanterie est ce qu’on peut appeler le caractère français , ou plutôt le trait dominant du caractère français; que la galanterie se compose d’incontinence, de vanité, d’intrigue, et de tout leur cortège.

Il ne s’ensuit pas de là que le Français soit tout vanité, tout intrigue, tout incontinence dans le sens rigoureux de ces mots, et ne soit que cela.

Il ne faut pas se persuader non plus que ces mots désignent des vices absolus, sans mélange, sans retenue, toujours en évidence et en action.

Les traits caractéristiques, les traits dominants ne sont pourtant pas les seuls d’une figure ou d’une physionomie morale. L’incontinence a des degrés, elle a des formes diverses, elle a des freins différents suivantles personnes. La vanité ne rejette pas absolument l’utilité, ne se refuse pas toujours à ce qui est honorable. L’intrigue qui sert à la défense n’est pas aussi condamnable que celle qui attaque; l’intrigue dirigée vers un but louable prend le ni. »7

3DÔ UK QUELQUES JiOiNS EFFETS

nom d'entregent dans les petites choses, et d’habileté dans les grandes.

Je le déclare donc :

Je n’ai pas prétendu faire la satire de nos moeurs, mais ébaucher leur histoire. Je ne méconnais point les qualités qui sont mêlées à nos défauts. Dans le Français, les imperfections, les vices mêmes ne sont jamais complets et absolus , non plus que les vertus ne sont accomplies. Nous sommes des composés fort mélangés. Les institutions les plus vicieuses ne peuvent pas dépraver en nous tout ce que la nature y a mis de bon , pas plus que la prédication ne peut faire parmi nous une conversion parfaite.

La galanterie, qui est contraire à l’esprit de famille (grave Sujet de reproche), a le mérite de faire obstacle à l’égoïsme, d 'être un tempérament de l’ambition, de donner de l’aversion pour la cupidité et pour les choses ignobles.

Elle inspire la générosité, elle habitue même à un certain respect pour la faiblesse. C’est par elle que le sexe est pi us assuré de sa parité avec les hommes , et mieux préservé de toute tyrannie dans la vie domestique. En considération de ces services , il n’est pas impossible de pardonner à la galanterie d’avoir donné au sexe au-delà de l’indépendance sociale, je veux dire la domination.

Le commerce de la galanterie impose aux hommes une certaine franchise, parce que les femmes, qui ne craignent rien autant que la fausseté et la

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