CONSEQUENCES HISTORIQUES , ETC
roi de si grande autorité, fortifiant ceux de François I*r et des derniers Valois, n’eût transmis leurs mœurs à Louis XIY, à Louis XV , à la cour de Louis XVI, et n’eût accumulé les ressentimens de la nation sur ce prince malheureux à qui le peuple fit porter la peine des torts de ses aïeux. Voilà les évènemens historiques qui ont résulté du règne de François I".
CONCLUSION
Je termine iri mon entreprise. J’ai voulu montrer les conséquences du règne de François Ie' jusqu’à la révolution de 1789.
Avant de les faire connaître je me suis appliqué à indiquer les développemens et les extensions que ses institutions ont reçues sous ses successeurs.
J’ai ensuite distingué ces conséquences en trois classes : conséquences morales , conséquences politiques, conséquences de fait ou évènemens historiques.
J’ai fort abrégé cette dernière partie, parce que j’ai traité ailleurs des guerres de la Ligue et des causes de la révolution. Cependant j’ai placé quelques détails sur ce sujet dans une note qui suivra cet écrit.
Je répète , relativement aux moeurs politiques , que ce que j’en ai dit ne s’étend pas au-delà de 1789, époque où de grandes causes de changement se sont produites et ont commencé à exercer leur influence. Le lecteur ne doit donc considérer ce que je crois être les dernières consé-
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quences du règne de François Ier , en morale et en politique, que comme un état, et, si je puis le dire, un inventaire des vices et des qualités avec lesquels l’ancien régime nous a transmis au nouveau. C’est au lecteur à reconnaître si le système actuel a opéré en nous de grands changemens; quels ils sont; s’il a réformé ce qui demandait de l’être; s’il nous a donné ce qui nous manquait; s’il est vainqueur ou encore incertain de la victoire. dans ce combat engagé entre les anciennes moeurs et les influences qui en promettent de nouvelles; si, pour triompher complètement, il n’a pas besoin d’être aidé par le temps et l’expérience, et peut-être par le concours de quelques circonstances favorables à son développement.
Quand j’ai décrit les conséquences morales , c’est-à-dire le système des mœurs qui ont procédé du règne de François Ier, j’ai eu plusieurs fois le soin de prévenir que je parlais des mœurs générales, et non des mœurs de toutes les parties de la société. Je crois même avoir annoncé que j’aurais à parler d’une classe de femmes d’élite dont l’esprit élégant et sage, les mœurs pures et délicates, avaient fait une heureuse exception à la corruption générale, et dont les traditions étaient encore une partie de la gloire française.
Cette dernière tâche me reste à remplir ; mais ce n’est pas ici le lieu. Le sujet demande un ouvrage séparé ; non qu’il ne vînt avec une sorte d’à-propos, comme consolation et comme dédommage-
CONCLUSION
ment , après un tableau qui afflige et humilie ; mais parce que ayant à combattre beaucoup de préjugés, tout ensemble tenaces et frivoles, et à vider beaucoup de petites questions de fait , pour établir l’utile vérité que je veux faire connaître, mon ouvrage contrasterait d’une manière choquante avec ce qui précède.
A 7 oie I , qui se rapporte à la page 3i8,
.Sur les causes qui ont lail passer le pouvoir dans la maison de Guise , et sur la fin du Balafré.
Arme de Montmorency fut le premier qui parut s’élever au-dessus de l’autorité royale. Grand-maître de France , c’est-à-dire de la maison royale, commandant en chef les armées comme connétable, caractère haut et fort, il fut un véritable maire du palais, et fut à la lettre grand-maître de France. Il lui manquait l’élection ; mais il avait la naissance. Si l’art de gouverner et d’administrer n’eùt pas été plus compliqué sous les Valois que sous les Childéric , il eut été le maître de commencer une quatrième race de rois en France. Mais l’instruction et la mesure nécessaires pour exercer le gouvernement et l’administration lui manquaient. Les Guises lui dérobèrent subtilement el les fonctions de grandmaître de France , et bientôt après sa charge même et son autorité, dont ils essayèrent d’user à leur tour comme avait fait la famille de Pépin à l’égard des descendans de Clovis.
Ceux qui voudraient révoquer eu doute l’influence politique des grandes places de la maison du roi, ne peuvent y persister sérieusement s’ils arrêtent leurs regards sur ces hommes qui ont exercé le pouvoir roval durant les déplora-