‹ Conséquences du Système de Cour établi sous François IerChapitre 81 sur 88 · I 8 CONSÉQUENCES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

I 8 CONSÉQUENCES HISTORIQUES

gnoble sceau d’une cour corrompue. Dire que ces princes furent faibles, frivoles, efféminés, serait les ménager; qu’ils furent des femmes, serait les louer; qu’ils eurent les défauts des deux sexes, sans en avoir les qualités, serait plus juste; qu’ils ne furent d’aucun sexe et au-dessous de tous deux, serait plus juste encore.

Ce fut dès le règne de Henri II que commença le délaissement du pouvoir, et que les Guise et les Montmorency commencèrent à se le disputer \ Le règne de François II vit intervenir la maison de Bourbon. Sous Charles IX les princes lorrains l’emportèrent sur leurs rivaux, et la royauté était à peu près dépouillée. Henri III voulut ressaisir le pouvoir ; mais comment y réussir ? Ce prince ne voyait dans le pouvoir royal qu’une espèce de magie. Reconnaissant que la sienne n’imposait point aux factieux, et ne décevait plus d’autres esprits que le sien, il imagina d’en redoubler les prestiges au lieu de l’écarter, et entreprit de rétablir l’autorité par l’excès des abus qui bavaient compromise. Les profusions redoublèrent; le faste de la cour ne connut plus de bornes ; l’incontinence se porta aux derniers scandales ; les coteries intimes prirent un caractère menaçant; les autres furent multipliées à l’infini, On vit les mignons se former en compagnies de spadassins et d’assassins attitrés; des Suisses composer la garde du prince; une partie

* Voyez la note qui suit ce chapitre.

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du clergé s’organiser en sociétés d’espions et de délateurs; les moines pulluler, les couvens couvrir la France , les congrégations renforcer les couvens, les confréries renforcer les congrégations; tout s’enchaîna, dans le clergé comme dans le système des emplois civils et de la galanterie, en patronages et en clientelles , en protecteurs et en protégés, en affiliations de coteries répondant toutes à une coterie centrale qui était la cour, et au prince centre de la cour. Rien ne put sauver le lâche Henri III. Il eut recours à un assassinat pour se défaire du duc de Guise ( 1 ); bientôt après, il mourut assassiné. Henri IV eut la gloire de triompher de la Ligue. Il reprit le sceptre des Valois, ceignit leur couronne, remonta glorieusement sur le trône qu’ils lui avaient laissé. Il fut clément après la victoire, se fit aimer après s’étre fait redouter. Heureuse la France, heureux ce roi doué de qualités si éminentes et si aimables, si les mœurs de ces mêmes Valois ne s’étaient assises avec lui sur le trône; si le règne des maîtresses n’avait recommencé sous le sien avec plus d éclat encore ; si la folle passion de ce roi généreux pour la femme que lui-même avait donnée à son parent (qu’on disait être son fils), ne l’eut entraîné à préparer une guerre criminelle qui réveilla contre lui les passions qu’il avait si sagement assoupies ! Heureuse la France, si cet exemple de Henri IV, d’un

(1) Voyez la note 2 qui est à la suite de cet ouvrage, sur la mort du duc de Guise.

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