INTRODUCTION
Le 25 octobre 1926, un arrêté royal a créé le nouveau franc belge et son multiple le belga. Cette date ne marque pas seulement pour la Belgique la fin de ses vicissitudes financières d’après-guerre, mais encore le divorce de son système monétaire avec le système français dont 1l avait jusqu'alors épousé les formes et suivi de près la fortune.
Aussi la stabilisation qu'a consacrée l'institution du belga présente-t-elle deux aspects et faut-il distinguer, en dehors des conséquences économiques découlant du retour à l’étalon or, d’autres effets, moins importants peut-être, mais non négligeables, dûs principalement à la dissociation entre le sort du franc belge et celui du franc français.
Cette dualité donne à la stabilisation belge son caractère original. Si, parmi les divers exemples de restauration monétaire qu'offre l'Europe. Centrale ces dernières années 1l n’en est pas qui se: Svient ,opérées dans des conditions absolument identiques, on peut cependant relever entre quelques-unes d’entre elles
de remarquables analogies. Le problème de l’assainis-
Na
sement financier se posait par contre en Belgique d’une façon très spéciale à ce pays et il est essentiel de le comprendre pour apprécier le choix et l'opportunité des solutions adoptées. Faute d’en avoir tenu compte, une partie des nombreux auteurs qui ont traité de la stabilisation belge ont prononcé sur elle avec une rigueur excessive ou en ont tiré d'une façon arbitraire des arguments, souvent contradictoires à la vérité, en faveur des théories monétaires les plus opposées.
Pour éviter de tomber dans ces travers il est nécessaire de situer dans son cadre exact la restauration financière dont nous projetons d'examiner les conséquences économiques et, de rappeler brièvement les grands
traits de la conjoncture belge en fin d'été 1926.
Circonstances dans lesquelles la stabilisation belge
a été décidée.
Au mois de septembre 1926, le ministère d'union nationale constitué le 22 mai sous la présidence du ministre d'Etat Jaspar, avait, au prix de mesures énergiques dont la confiance du pays assurait l'efficacité, enrayé la hausse de la livre. Celle-ci, après avoir atteint 217 au mois de juillet était descendue en août au-dessous de 180 francs. La période préliminaire à la restauration financière pouvait être considérée comme close et toute politique monétaire suivie par le gouvernement devait se ramener à deux types : ou stabilisation
immédiate à un taux voisin des cours pratiqués où