‹ Conséquences Économiques de la Stabilisation Belge (1re Année)Chapitre 18 sur 38 · VOUS · texte numérisé non relu

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seulement le fait d’une réadaptation des cours au pouvoir d’achat nouveau de l’étalon monétaire. La hausse est également le fait du renouveau de l'esprit d'épargne, et du retour du public vers les placements à long terme.

Le renouveau de l'esprit d'épargne, voici en définitive la grande conséquence financière de la stabilisation monétaire. L'individu à la suite de l'Etat, déchirant le voile d'illusions que faisait naître l'inflation, abandonne ses errements, proportionne désormais ses dépenses aux ressources eb fait à l'épargne la place qu’elle doit occuper dans une société prévoyante.

Cette influence de la réforme des finances sur l'épargne s’est fait immédiatement sentir avec une force remarquable. Le meilleur exemple en est dans les mouvements de capitaux de la Caisse Nationale d'Epargne. Les versement avaient beaucoup diminué après la crise du début de 1926. En juillet l’excédent des remboursements sur les versements était de plus de 55 millions de francs. En août cet excédent était encore de près de 39 millions. Aussitôt la stabilisation un mouvement s'opère. À partir d'octobre la progression des versements est marquante. Les chiffres suivants qui concernent uniquement les opérations effectuées sur livrets, à l'exclusion des versements effectués pour d’autres objets que l'épargne l’indiquent à suffisance :

: Excédent des versements Mois Û sur les remboursements

F2 6" OCLO Dre TE IMERRERNEeR 227902;213

1987 -noVeribre MAR 48:691.713 l'ONG ‘dégémbhpe 52 2e 0er x DALA4R? 015) L927/janvier 7 NES cie 83.554.017

et le mouvement aussi commencénesedément pas par la suite.

De ce rapide exposé des conséquences strictement financières de la stabilisation se dégage nettement l'impression que celle-ci dans ce domaine, s’est opérée sans heurts, sans efforts apparents, sans s’accompagner des difficultés, des crises de crédit surtout, dont il avait fallu d’ailleurs supporter le faix. Cherchons de suite à dégager les raisons de ce succès facile, presque inespéré. Il semble qu’on puisse distinguer des raisons en quelque sorte internes résultant de la conjoncture proprement belge, et d’autres externes parce que provenant de la situation générale de l’Europe. |

Raisons internes d’abord : la Belgique n’avait pas été dans la voie de la dépréciation monétaire aussi loin que d’autres Etats inflationnistes. La monnaie, bien que son pouvoir d’achat ait subi une sensible diminution, avait conservé aux yeux de la population un prestige suffisant pour qu’elle ait toujours pu assurer dans des conditions normales son rôle de moyen de paiement et d’étalon des valeurs. Ily a là une différence fondementale avec les pays comme l'Allemagne où le billet debanque avait perdu tout espèce de valeur et avait été pratiquement remplacé dans ses fonctions par des devises appréciées, ce quiavait jeté dans les habitudes financières un complet désarroi. En Belgigique il n’y a pas eu si l’on peut dire, derupture de continuité et la maladie monétaire n'ayant pas été jusqu’à l’état decrise aiguë, aucun organe n'ayant été profondément lésé, laconvalescencea été de courte durée, le traitement d’une application aisée. D'autre part il n’y a pas eu en Belgique déflation. Le choix du taux

de stabilisation de 175fr.belges pour une livre, taux relativement bas, permettait, sans diminuer le nombre de billets en circulation, d'obtenir une circulation normale, comparable en or à celle d’avant-guerre. Il n’y a donc pas eu unresserrementmcnétaire ce qui

aurait pu nuire à l’aisance du marché de l'argent.

Raisons externes aussi : la Belgique tard venue.

dans la voiedesréformes monétaires a bénéficié de l’expérience et de l’appui de ses voisins. En particulier l’afflux des capitaux étrangers qui a été un précieux adjuvant est en grande partie dû à la crise économique qui sévissait dans l’Europe centrale et provoquait une pénurie de placements avantageux pour les fonds disponibles. Les conditions de l’argent aux Etats-Unis étaient également favorables à un exode des capitaux vers la Belgique. D’autre part, le redressement du franc français a été pour la Belgique une heureuse coïncidence. Mais c’estprincipalement dansle domaine industriel et commercial que les circonstances ont favorisé le succès de la stabilisation belge. Nous allons voir, en pénétrant maintenant dans cedomaineetenétudiant les mouvements du commerce extérieur que le retour à la monnaie saine n’a pas provoqué en Belgique des crises aussi graves que dans d’autres Etats chez lesquels à une brillantemaistemporaire prospérité, avait succédé, par la suite une période de profonde dépression. Un ralentissement assez marqué des affaires s’est cependant fait sentir dans le royaume ce qui n’a d’ailleurs

pas manquéde contribuer pour une large part à l’aisance

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