‹ Conséquences Économiques de la Stabilisation Belge (1re Année)Chapitre 31 sur 38 · FREE · texte numérisé non relu

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bourgeoise, publié par le Ministère des Financses belges. Les résultats des statistiques françaises diffèrent assez sensiblement et indiquent une balance moins favorable à notre pays, mais ils font entrer en ligne de compte les marchandises en transit ce qui rend la comparaison impossible. | |

Quoiqu'il en soit, même en tenant compte d’une assez large marge d'erreur, le tableau que nous venons d'établir marque à la fois l'augmentation des exportations de France en Belgique et la diminution des exportations de ce dernier pays vers la France. Ce résultat est sans aucun doute surprenant étant donné que le taux de stabilisation choisi par la Belgique aurait dû la favoriser. Disons de suite qu'à côté du facteur monétaire qui a,bien qu’il puisse en paraître, Joué contre nous, d’autres éléments sont intervenus en notre faveur. Le premier d’entre eux est l'élévation des tarifs douaniers. C’est de beaucoup le plus important. Mais on peut ajouter que le grand nombre d'’installations d’usines de tout genre en Belgique a entrainé l’achat d’un outillage important en France. Cette conséquence est évidemment d’une influence temporaire et ne peut faire oublier les inconvénients qui résulteront pour l’activité économique française du développement d'industries concurrentes en des domaines où elle jouissait jusqu'ici d’une très grande supériorité.

Quand on examine de près les statistiques du commerce franco-belge on constate, quoiqu’en aient dit certains journaux, que notre voisine nous a principale-

ment acheté des matières premières ou des produits

nr NORES

demi-finis destinés à recevoir de la main-d'œuvre avant d’être consommés sur place ou réexportés. Citons quelques chiffres.

Importations en Belgique

1926 1927 Minerai ide en TT en a Le, 82.222.838 97.204: 052 FAO SRI URIQUE Dee pre het 44.059 74.525

Fainesientonentss Marne 2R:2b0 57.889 Acier fondu dégrossi .......... 760:711 880.168 Fils et verges de fer étirés chaud 144.215 RIZ/0S! Zinc brut enhmasses sets ur DÉS AN ho TSI AO MB EG ARE AU CL. 5.624 26540

Pour avoir une idée d’ensemble il suffit d’ailleurs d'examiner parmi les 21 sections que distinguent les statistiques belges celles qui comprennent principalement des produits bruts ou demi-finis, et celles qui comprennent des produits finis où s’est incorporée une grande quantité de main-d'œuvre.

Nous allons mettre en évidence deux groupes de sections et opposer d’abord la section VIIT : « Produits de l’industrie textile » qui contient principalement des produits destinés à être travaillés comme des fils de soie, de laine, de coton etc., des tissus bruts, à la section IX : « Vêtement lingerie et confections de toute espèce» où sont rangés, comme le nom l'indique, des produits prêts à être livrés à la consommation. On constate que le chiffre des importations passe en quintaux métriques de 182, 391 pendant les dix premiers mois de 1926 à 259, 015 au cours de la période correspondante de 1927. A cete augmentations s'oppose dans

la section IX une nette diminution.

ns

Répétons la même expérience avec la section XV : « Métaux et ouvrages en métaux » (fonte brute, fer, tôle même ondulée, etc.) dont nous comparerons les tendances avec celles des sections XVI : « Machines, engins mécaniques » (Ex. : machines à vapeur, voitures pour voies ferrées, machines dynamo-électriques) et XVII : « Véhicules autres que pour voies ferrées ».

Le tableau ci-dessous est suggestif.

Importations de France (10 premiers mois)

1926 1927 Section XV. — Métaux et ou- VrASeS Ne MÉLAUT A ANVTENE 3.244.236. 3.517.228! + Section XVI. — Machines, engins RE métaniques Lane te 282.566 246.678 — Section XVII. — Véhicules au-

tres que pour voies ferrées ... 72.006 50.119 ==

Pendant le même temps,on voit que les exportations de Belgique vers la France passent de 1.305.855 à 974193 quintaux métriques, soit une baisse sensible pour la section XV, et haussent de 210.153 à 215.388 et de 5.559 à 6.850 pour les sections XVI et XVII.

Tous ces résultats sont autant de signes d’une réelle activité industrielle et d’une expansion économique $ vigoureuse. De plus en plus la Belgique devient un pays de transformation et exporté des quantités toujours plus grandes de produits finis,ce qui la contraint d’absorber des quantités croissantes de matières premières. Le décalage des changes entre les deux pays a favorisé cette tendance et ceci est conforme aux théories classiques.

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Il est de même facilement explicable, étant données la hausse du change français et la diminution au moins relative du pouvoir d'achat de la monnaie belge, que les exportations des produits de luxe français en Belgique aient subi une sensible régression. Cependant le seul facteur monétaire ne suffit pas à expliquer les variations considérables que l'on constate sur les mouvements de certaines marchandises et de quelques

produits même dont le caractère «de luxe » est contestable.

10 premiers mois de :

Vins mousseux ....... 21.700 hectos 8.850 hectos Vins autres qu’en bou-

teille ne titrant pas

Plus de 150... ..... 25150 Ve 141.980 — PAramMer eme EE à - “2.506 qu. mét. 1.444 qu. mét. Savons de toilette, -... 4.687 — 609 y Gantsrdebpeaur.. "7" 116 — A0. — Tissus de soie ou partiel-

lemenbien-soie 2750: GTR — 4.448 — AULOMODILES : 12:22... 4 2.704 pièces 1.195 pièces

Châssis automobiles .. VS 529 —

Il faut attribuer la diminution des exportations françaises dans ce genre d'articles aux droits de douanes et taxes fiscales de toute nature que la Belgique a 1instaurés tantôt dans une pensée protectionniste et sous la pression de quelques grands industriels, c’est là le cas pour les automobiles, tantôt dans un esprit antiéconomique et démagogique de lutte contre le luxe et de restriction des dépenses somptuaires. Les conséquences de cette politique sont désastreuses pour notre

commerce extérieur; ils ne portent pas un préjudice

moins grand à l’économie belge; mais ce serait sortir du sujet de cette étude que s'étendre sur cette question.

Il faut maintenant résumer les observations que nous avons faites sur le commerce extérieur belge et chercher à expliquer les faits

19 La balance commerciale dans son ensemble s’est améliorée au cours de la première année de la stabilisation belge. Cela tient probablement au fait que la réforme monétaire a fait immédiatement sentir ses heureux effets, mais que ses conséquences nuisibles, hausse des prix or en particulier, n’ont pas eu une influence immédiate. |

Heureux effets : abondance des crédit — sécurité des transactions, d’où possiblité d'établir plus exactement les prix de revient et de se contenter d’un bénéfice moindre — cessation de la perte de substance que constituait le prix moyen à la tonne, très bas, des produits exportés. |

Conséquences nuisibles : c’est essentiellement la stabilisation des prix de vente alors que les prix de revient haussent lentement jusqu'au niveau approximatif des prix mondiaux. Mais cette adaptation est lente et progressive en raison du taux de stabilisation adopté. Il n’y a pas eu en Belgique de revalorisation, pas deretour en arrière, pas de rupture de continuité.

20 En France, au contraire, la courbe des changes à dessiné une pointe rapide suivie d’une chute profonde avant de retrouver son horizontalité. Il ne faut d’ailleurs pas exagérer les conséquences de cette politique, ni

la courbe des prix intérieurs, ni celle des salaires n'ayant

if,

ANNEE = A TE LEP. . INRENERDE à Per Le “4 (ROSE

Pat

suivi la courbe des changes dans ses mouvements

désordonnés. Le taux de 124 francs français à la livre

anglaise, auquel notre devise s’est accrochée, correspon-

dait à peu près au niveau de dépréciation de notre mon-

naie sur le marché national. La meilleure preuve en

est l'excellente attitude qu'a observée le commerce ex-

térieur français.

En ce qui concerne les relations économiques francobelges le facteur monétaire a été, on nesaurait le nier, un élément d’infériorité pour nos exportateurs. Mais ce facteur dont on a beaucoup exagéré l'influence n’a pas suffi à détourner des courants commerciaux séculaires. La Belgique ne produit ou ne fournit qu’une faible partie des matières premières ou des articles nécessaires à son activité industrielle. Quant au com-

plément il est des cas, c’est celui des minerais de fer,

où elle peut difficilement se le procurer hors de France.

D'ailleurs, d’une facon générale, nos prix malgré leur élévation relative étaient sensiblement inférieurs à ceux de nos concurrents : Angleterre, Allemagne, etc.

Ainsi les conséquences de la stabilisation sur le commerce extérieur de l'Union Economique Belgo-Luxembourgeoises qui étaient en apparence contradictoires avec les théories économiques généralement admises sont-elles pleinement concordantes quand on tient compte de tous les caractères particuliers de la con-

joncture belge pendant la période envisagée.

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