CHAPITRE PREMIER
* Les prix
On peut en Belgique apprécier les mouvements des prix en se basant sur l’index des prix de gros ou surce-
lui des prix de détail.Ce dernier est évidemment le plus
intéressant puisqu'il est le seul qu’ait à considérer, en
définitive, le consommateur. Voyons comment s’établissent ces index.
Les articles dont les deux index suivent les prix sont, il faut le noter, d’abord très différents. L’index des prix de détail est établi d’après le cours de 56 articles dont 44 concernet l'alimentation et les textiles. Ce genre de marchandises au contraire n’entre que pour 37 postes sur les 134 que résume l’index des prix de gros.
La méthode de calcul d'autre part n’est pas la même, l'index des prix de gros étant établi d’après les moyennes géométriques et celui des prix de détail d’après les | moyennes arithmétiques.
Ces quelques explications sont nécessaires pour se rendre compte de la signification exacte des index. Ajoutons en outre qu’en partant des mêmes données, la méthode des moyennes arithmétiques ne donne ja-
mais que des résultats égaux, ou supérieurs à ceux de
PR et DR ONE MR AL 20 à A Lau fast: t'a het! à GATE
; la méthode géométrique. Dans le cas présent, si l'index de prix de gros était établi par le même procédé de 4 calcul que celui des prix de détail il devrait donc faire Fr x ; : ‘ Ë 4 apparaître une hausse du prix de la vie ou tout au moins un niveau plus élevé que celui qu'il décèle en fait. | Voici le tableau des index des prix en francs-papier et " en or avec l'indication descours moyens du dollar (valeur-or).
08e Index des prix Voürs moyens NS du dollar rà De détail De gros - à Bruxelles =. LPEC P. C. P. C. P. C. en p. €. au pair ; û enpapier enfr.or en papier en fr.or intrinsèque 1926=n0vembren "720: 105: : 865 124,8 99:86 | décembre .. 74] 107 860 124 SONO 2 4192 7#anvier . .. 755 109 856 123,4 100 : HeNTIe ee 2770 111 854 1234 100 MATE IN FE 771 111 858 123,6 100,02 ANTIE 75: 774 112 846 121,9 100,02 ROBE 776 112 848 122,1 100,06 TON" 47, 785 113 851 1225 100,11 halet © 790 114... 845 1217 100,02 TES Par T lle 0800 712206 99,92 septembre . 794 115 Sa 7 120,8 99,85 | oEtobre 17.804 116 83 121,5 99,847, 7 La remarque qui s'impose immédiatement est la à dissemblance,la contrariété même entre les indications fournies par les deux index. Que leursniveaux ne soient pas les mêmes, il n’y a Ie rien d’extraordinaire puisque / comimenous l’avons vu ils ne s'appliquent pas aux mé-
mes articles et sont établis suivant des méthodes différentes. Maïs ce qui paraît inexplicable c’est de voir l'index des prix de détail marquer une ascension à peu près continue alors que celui des prix de gros s’abaisse
d’une façon non moins continue.
Longeaux
Le recul des prix de gros s'explique d’après M. Fer. . nand Baudhuin! par la baisse du charbon et de ses sousproduits que la grève anglaise avait fait renchérir. Il ‘faut ajouter qu’en 1926 la « dégringolade » du franc belge avait pendant une certaine période incité les importateurs à constituer des stocks importants à des prix même élevés. En 1927,les conditions monétaires n’ont plus été les mêmes et le malaise économique à contraint les industriels à serrer les prix de revient, à immobiliser le moins possible de capitaux, parfois à liduider les stocks. D’où diminution des prix très sensible pour certains produits. :
Les prix de détail au contraire se sont rapprochés lentement des prix mondiaux et se sont adaptés peu à peu au taux de stabilisation ainsi qu'aux conditions économiques nouvelles : journée de huit heures, poids des charges fiscales, protectionnisme douanier. Il faut en effet tenir compte qu'indépendamment des événements monétaires, la Belgique a subi une évolution profonde dans son organisation sociale, Le marché du travail n’a pas été moins bouleversé que celui des capitaux par l'instauration d’une législation nouvelle : lois sur les assurances, sur la prévoyance, lois militaires aussi, et les conséquences de ces modifications profondes de l’économie belge ont été longtemps dissimulées par les effets de l’inflation. Comme dans tous les pays celleci a entretenu bien des illusions et produit dans les
rouages complexes de l'organisme social des désordres
IENOp CL \p FES;
graves dont les conséquences, plus durables que les oscillations des changes, échappent à l’action de la réforme monétaire et ne peuvent être réparés que par l'effet du temps et d'une patiente politique. La Belgique n’a plus la même structure qu'avant-guerre. Il est peu probable qu'elle redevienne le pays de vic à bon marché qu'elle était autrefois. Il est naturel que les prix de détail se soient continuellement élevés comme ils l’ont fait sauf cependant en août par suite du mouvement saisonnier. Pour apprécier l’index de ces prix il faut en effet tenir compte que les produits alimentaires entrent pour une grande part dans les chiffres qui leur servent de base. Or les produits de la ferme haussent ou baissent régulièrement à certaines époques de l’année. Au printemps, l'élévation de prix des marchandises industrielles a été compensée par la baïsse saisonnière du lait, du beurre, etc. D’où apparence trompeuse de stabilité. De même la hausse brutale et anormale de juin a été consécutive au renchérissement chronique des pommes de terre.
A la vérité, la tendance générale des prix de détail
a toujours été orientée à la hausse et l’on doit s’atten-
dre à ce que cette hausse persiste aussi longtemps que les prix n'auront pas atteintun niveau voisin de celui
des prix mondiaux, si tant est qu’il y en ait un. Il faut
d’ailleurs noter que l’index-number en.Belgique est plutôt sous-évalué avec le désir mal dissimulé de cacher
au public la hausse des prix que l’on risque d’accélérer
en l’avouant. En effet, en vertu des conventions qui
lient les salaires aux mouvements de l'index number,
une augmentation de quelques’ points de ce dernier peut entraîner, outre l'élévation du prix de revient, un accroissement important du pouvoir d'achat de la population ; d’où nouvelle poussée des prix. Quoiqu'il en soit cependant'ceux-ci sont en Belgique sensiblement plus bas encore que dans la plupart des autres pays ainsi que le montre le tableau suivant établi au mois d'août 1927,
en prenant le nombre 100 pour 1914.
Prix du Prix du
gros détail Helrique series 124 113 NTATNCE MARMITE 129 114 ATNSIETÉRLE RME PI 144 159 ANONTASTENR EEE 137 153 RTE RN NE TS AS CRIER 150 170 SUISSE PNR SR 147 157 Tchéco-Slovaquie ..... 140 140
La Belgique semble conserver une situation privilé-
giée. Les index indiquent que la France seule est à peu
près à son niveau pour les prix de détail. Il est d’ail-.
leurs assez difficile de comparer, parce que les statistiques ne portent ni sur les mêmes produits, ni sur des produits de même importance. En réalité, il est probable que la vie est moins chère en France qu’en Belgique pour l’ensemble des denrées. Mais dans le Royaume la population ouvrière vit très sobrement. Le bas prix de quelques produits de grande consommation (pommes de terre), le goût du public pour le « bon marché » aux dépens de la «qualité »contribuent à faire naître des illusions sur le niveau réel des prix. Comme nous allons : le voir maintenant, le niveau réel des salaires est par con-
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| HA ces conditions, les limites du pouvoir d’ SCA de & ë population constituent en définitive le meilleur obs- tacle À L ’ascension persistante du niveau des prix.
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