ACT
9308 contre 9390. Cet arrêt ne semble pas résulter d'une manœuvre préméditée et aucune mesure de restriction n’a vraisemblablement été même esquissée mais les facteurs suivants ont dû agir dans le sens d’une diminution de la circulation.
10 La crise boursière qui s’est déclarée à la mi-mai. La Bourse emploie moins de billets puisque le volume des transactions diminue. ; |
20 Un certain mouvement saisonnier qui diminue en mai-juin les besoins de monnaie.
30 Il faut noter aussi le ralentissement marqué de hausse des prix, mais ce facteur n’a pu intervenir que dans une très faible mesure et d’une façon passagère.
En passant, remarquons que parallèlement à la diminution du nombre des billets, le mouvement des chèques postaux s’est ralenti. En mai en dépit de l’augmentation du nombre des affiliés (3000 au mois d’avril) et d’un même nombre de jours ouvrables, au lieu de 3.700.000 inscriptions en avril, on n’en a relevé que 3.000.000; les capitaux mis en mouvement n’accusent qu'un recul insignifiant (19.184 contre 19.204) mais ce recul prend sa signification en ce qu’il contraste avec l’avance continue des mois précédents. Le recul s’accentue en juin avec 18.753. Puis le chiffre remonte à 19. 486 en juillet, 19.711 en août, 19.327 en septembre.
Le brusque renversement de la tendance en mai n’a donc été qu’un phénomène passager. Depuis la date de la stabilisation le chiffre de la circulation n’a guère
cessé de croître régulièrement et la hausse persistante
-des prix explique suffisamment cette inflation; tant
que la hausse des prix n'aura pas atteint son terme
on peut s'attendre à de nouvelles augmentations du
nombre des billets. La circulation fiduciaire s’est mise simplement à la hauteur des besoins et son accroissement est la conséquence naturelle du taux de stabilisation choisi. Les nombreux achats de devises étrangères effectués par la Banque Nationale ont aussi nécessité la création de nouveaux billéts de banque. D'ailleurs la garantie des engagements de la Banque Nationale que nous examinerons plus loin est toujours restée extrêmement solide, ce qui écartait en fait toute menace de nouvelles vicissitudes monétaires. Les seules raisons qui puissent militer en faveur d’une déflation monétaire sont, d'une part les perfectionnements de la technique bancaire, l'usage des chèques postaux, etc., mais il faut remarquer que l’u-
sage des paiements au comptant s’est par contre mul-
tiplié au détriment des lettres de changes, traites, etc.
ce qui entraîne un besoin plus grand de papier monnaie. D'autre part, on peut penser que le gouvernement belge pourrait un jour essayer de restreindre la circulation de la monnaie, de déclancher par là une crise de crédit en vue de contrarier la hausse du prix de la vie. Mais une telle attitude serait en opposition directe avec la politique financière qui a jusqu'ici triomphé. Elle entraînerait une crise industrielle très grave. Au reste, les prix sont encore en Belgique inférieurs aux prix mondiaux et une intervention susceptible d'entraîner
d'aussi graves conséquences pour l’activité économique
: VUVAPE LORS :
MON + CREME, a RER PET TEE Dr RS Pt NON 10e VAR 2 ‘ # Cru
RER te En
ne semblerait pas justifiée. Si une réduction de la circulation se produit il faut penser qu’elle sera la conséquence et non la cause d’une crise économique.
Une autre considération étrangère à la hausse des prix justifie d’ailleurs l’augmentation du chiffre de la circulation fiduciaire depuis la date dela stabilisation. On sait en effet que pour apprécier les besoins monétaires d’un pays, il faut tenir compte non seulement de la quantité de monnaie, mais ausi de sa vitesse de circulation. Cette vitesse est considérable dans une période de dépréciation continue où chacun se hâte d'échanger contredes marchandises, contre des biens réels des billets qui perdent chaque jour un peu de leur valeur. Si tôt que la confiance renaît dans la stabilité des changes cette vitesse de circulation diminue et la thésaurisation souctrait aux besoins du commerce une partie des instruments d'échange. C'est ce qui s’est produit en Belgique dans une proportion d’ailleurs plus faible que dans les pays où la dépréciation monétaire avait été plus accentuée, et cette considération explique dans une assez large mesure qu'il ait été nécessaire d'émettre un supplément de billets de banque depuis la stabilisation bien qu'au moment où cette opération avait été effectuée les directeurs des banques d'émission étrangères, entre autres M. le gouverneur Norman et M. le Dr Schacht avaient marqué de l'appréhension et exprimé la crainte que la circulation belge ne fût trop forte.
Si d’ailleurs la circulation fiduciaire s’est quelque peu
accrue, elle n’a pas cessé d’être couverte par une pro-
portion d’or et de devises-or toujours supérieure aû minimum prévu. La banque est tenue de maintenir une encaisse or et devises-or sur l'étranger égale à 40 %, du montant de ses engagements à vue, dont au minimum 30 % d'or. En fait la couverture des billets s’est toujours tenue aux environs de: 60 , et la couverture des engagements à vue (billets et comptes courants) a toujours dépassé depuis 1926 53 %,. Quant à l’encaisse-or elle oscillait entre 31 et 32 % des engagements à vue. Par achats successifs elle a été renforcée sans hâte mais avec méthode. Les achats d’or ont été effectués en France d’abord finoctobre pour 900 millions de francs belges. Plus tard des acquisitions ont été
: opérées en Belgique même et en Amérique. Enfin la
Banque Nationale a le privilège de la production des mines d’or congolaises de Kilo-Moto. Au 16 juin 1927, l'encaisse atteignait 3.220 millions après avoir dépassé 3.118 le 10 février et 3.143 le 10 mars. Au 30 juin 1914 l’encaisse n'était que de 334 millions de francs belges de l’époque ce qui correspondrait environ à 2338 francs
belges actuels. Même en tenant compte de certaines
circonstances telle que l’Union Economique Luxembourgeoise qui rendent la comparaison difficile. la proportion de la réserve métallique à la circulation en billets s’est donc considérablement accrue. Qu'il en résulte une raison de stabilité pour l’étalon monétaire on ne saurait le nier, mais il s'ensuit également pour l'économie nationale une charge plus lourde qu'avant la guerre et cette considération décidera vraisembla-
blement l’Institut d'émission à maintenir la propor-
Longeaux 3