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l’escompte. En effet cette opération suppose un arrêt de l'inflation fiduciaire ou de l'inflation des crédits. Elle semble par là devoir provoquer une pénurie de moyens de paiements et comme un grippage dans tous les rouages de la vie financière. En Belgique, la crise aurait pu être d'autant plus grave que la consolidation des bons du ‘Trésor avait été décidée. Cette mesure, en dépit des dispositions qui avaient été prises pour venir en aide aux porteurs les plus dignes d'intérêt, pouvait jeter le désarroi dans le marché des capitaux à court terme. 52 En fait il en a été tout autrement :
© Le marché de l’argent, serré pendant le premier se-
mestre de l’année 1926, constate M. Franck en février
1927 dans son rapport à l’Assemblée générale de la Banque nationale de Belgique, s’est progressivement allégé à partir du mois d'août et la courte période qui a suivi la réforme monétaire s’est écoulée au milieu d’une très grande aisance due à un important afflux de capitaux belges et étrangers.
« À deux reprises, le 12 janvier et le 9 février 1927,
l'abondance monétaire et le souci des intérêts de l’in-
dustrie et du commerce nous ont déterminé à réduire d’un demi % le taux de l’escompte qui est actuellement de 6 % pour les traites acceptées. Le taux desavances sur fonds publics a été fixé à 7 1/2 % ».
De son côté, M. Fernand Baudhuin dans un des remar-
quables articles économiques que publie régulièrement
Le XXe. Siècle, déclarait le 27 mars 1927 : « La Belgique
n’a connu jusqu'ici ni crise, ni même resserrement de
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-erédit. Les situations de la Banque Nationale sont ex-
trêmement satisfaisantes, nous l’avons dit, de même que la tenue du marché de l'argent à l’intérieur. L’afflux des capitaux que nous avons signalé plus haut, nous a
mis fort à l'aise; sauf nouvelle crise de confiance il sem-.
ble que nous ne connaîtrons plus de ce côté de difficul-
tés sérieuses ».
Il est à remarquer toutefois qu'on a asisté à la fin de février à un léger resserrement du marché des capitaux. L'argent à court terme a renchéri sensiblement. Mais c'était l'effet évident de la souscription à l’augmentation de capital de la Banque Nationale; les demandes ayant été très nombreuses il en est résulté une immobilisation momentanée de quelques 200 millions. D'autre part, ce léger renchérissement du taux de l'argent à court terme, coïncidait avec une hausse des titres en Bourse. On peut donc penser que les possesseurs de capitaux s'étant enhardis avaient consenti à les placer pour plus longtemps d’où la bonne tendance de la Bourse où se font les placements à long terme. L'argent à court terme était moins abondant mais celui à long terme l'était plus. Par la suite, les sommes immobilisées en raison de l’augmentation de capital dela Banque Nationale ont été libérées, la Bourse a marqué une dépression
momentanée et le marché des capitaux à court terme a
retrouvé toute son aisance. En résumé, au point de vue
crédit, la stabilisation n’a entraîné aucune fâcheuse répercussion. Aussi le taux de l’escompte a-t-il pu être depuis le mois d'octobre l’objet de diminutions suc-
cessives. Ces diminutions sont le meilleur témoignage
1926 Octobre .
Novembre Décembre se |
1997 Janvier, ue. À
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Juillet , Août . Foi
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Octobre . |
Cours moyen.
° moyen.
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Papier
bancable
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plus bas. 4 — moyen. 4,32 plus haut 4.76
plus bas, 4,—
moyen. 3.818 plus haut 4.265
plus bas. 3.625:
moyen. 4.224
. plus haut 4.50
plus bas, 4.126
moyen. 4.207 plus haut 4.26 plus bas. 4,— moÿen. 4.258.
plus haut 4.376 plus bas. 4.125 moyen. 4.25 plus haut 4.25 plus bas. 4.25.
moyen. 4.15 plus haut 4,25 plus bas, 8.875 moyen. 8.7975
| “plus haut 4.—
plus bas. 3.75
3.8918 plus haut 4,— plus bas, 3,8437b moyen. 23,79326 plus haut 3.876 plus bas. 8,75 moyen.
plus Haut :
plus bas,
financier |
“Taux Taux 3 p. c., 22 série Rest. Na des d'escompte. 2 D.C. \ 1919, 5p t Taux du « Call money» dépôts Banque d'impôts net d'impè mr Compenset. À vue Nationale Au commencement du mois Î Cours Remb, Cours — —… BL: Ya 1] 7 Es — .— — 5.. 8 T.— — = De RE RU 8 Ts — — — 1,0375 3 7.— = — — — 1.60 2 T.— 62.60 5.60 66.— — ‘1 IS) LAS — — mt SRE te 13 Di ee = = 8.60 1,— 8 7.—. 64.28 :16.42 7,- — 1 #8 T— — — 2.29 1.32 3 6.69 , = 2,60. 8.50 8. 7.— 54.60 5.89, - 74.50 2.2 1.— 8 6.50 ne 8.284 2.962 a 6.16 — 4.25 | 4.— 21 6.60 59.60 4.94 75.— 2.60 Do AQU: G =: — — 3.168 3.024 2: 6.— il il 4,375 4.— 2 6.— 57.50 Sil 78— 2.50 2.60 PE 6.— us, Le 3.451 3.342 2: 5.95 Le da cs 4.76 4.25 \HPEN G— 57.— 5,16 77.50 2.25 2.26 2à di 5.60 ee — a.
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-de l’aisance du marché et de l’abondance des capitaux. Elles n’ont d’ailleurs eu, notons-le en passant, que très peu d'influence sur la politique financière du pays; la diminution du taux de l’escompte n’a guère de conséquence en ce qui“ concerne le volume des avances et des escomptes, mais elle entraîne une diminution du prix payé pour les capitaux en banque et stimule l’activité du marché des valeurs.
D'autre part quelques chiffres empruntés au poste des avances sur titres de la Banque Nationale qui est un bon baromètre du marché de l’argent, montreront quel a été à la suite de la stabilisation l’aisance du marché des capitaux. Ces chiffres ne sont pas pris à des fins
d'année à cause du gonflement des comptes à cette
époque.
Avances sur titres :
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Converties en francs or les avances ne représentent plus que 24 millions contre 58 à la fin de 1915.
: En résumé, le marché des capitaux est demeuré à tout moment abondamment pourvu. Au mois du juin l'argent remboursable à vue que se prêtent les établissements du crédit s’obtenait dans certains cas moyennant
l'intérêt dérisoire de 1 % l’an. Encore les demandes
1. « Il est un fait d’expérience : par l'abondance des moyens de paie-
. ment, par le perfectionnement plus grand de l’organisation, par l’état
instable du crédit, le portefeuille des effets de commerce escomptés aux
banques centrales a diminué un peu partout mais surtout dansles pays d'inflation ». Franck, op. ci.
pbs.
étaient-elles peu nombreuses. Comme il est naturel, les périodes de plus grande aisance ont correspondu à un recul sensible du niveau des valeurs en bourse. {Il est intéressant de rechercher quelles sont les raisont qui ont valu à la Belgique de jouir d’une pareille aisance du marché des capitaux dans des circonstances où un resserrement des crédits paraissait problable et s'était d’ailleurs manifesté dans d’autres pays à la suite d’une stabilisation monétaire. La principale de ces raisons comme il a déjà été dit précédemment est l’afflux des capitaux venus du dehors. Cet afflux a été très important. A l'estimation de M. Fernand Baudhuin, il n’était pas arrivé moins de 6 milliards de frans belges dans le Royaume entre la mi-juillet 1926 et la fin de février 1927. Ces entrées de capitaux étrangers ont affectés diverses formes. Notamment les Allemands, les Américains, les Hollandais ont procédé à des achats de titres par quantités considérables à la Bourse de Bruxelles. Grâce à ces importations de capitaux étrangers la balance des comptes de la Belgique est demeurée constamment créditrice et le-marché des capitaux constamment approvisionné. Les offres de livres et de dollars l’ont emporté sur les demandes et aucune manœuvre de soutien n’a été nécessaire pour maintenir le franc au cours de stabilisation. Plus tard, à partir du mois de mars, cet afflux s’est ralenti et les rentrées de capitaux ont balancé à peu près les sorties sans que l’aisance du marché soit d’ailleurs amoindrie. La position des banques belges est restée presque toujours pendant la période envisagée nettement créditrice de l'étranger, ce qui in-
dique qu’elles ont effectué des placements en devises.
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D'autre part, sous la pression des milieux officiels qu’inquiétait le montant élevé de la dette belge envers l’étranger, les industriels se sont généralement abstenus de recourir à l'emprunt extérieur. ‘loutefois, la panique très courte qui s’est produite en mai 1927 sur la bourse des valeurs de Berlin a provoqué une évasion partielle de capitaux. En effet, les Allemands avaient immobilisé des sommes considérables par l’achat de titres en Belgique. Ils ont été obligés de faire rentrer ces capitaux en Allemagne mais ce mouvement a été de courte durée et n a eu ni une ampleur considérable ni des répercussions graves. Il faut noter que les capitaux venus de l’étranger
se sont investis en particulier dans les émissions de titres
. qui, comme on le verra plus loin,ont été très nombreuses
au lendemain de la stabilisation. Or ces émissions sont effectuées en règle générale non en vue d’immobilisations nouvelles mais pour assainir la situation des entreprises : celles-ci remboursent aux banques ce qu’elles reçoivent des actionnaires, d’où aisance des crédits. Les troisquarts environ des émissions représentent des augmenta-
tions de capital.
Dissolution Constitution Augmentation des Emissions réelles de de capitaux, actions de
Suciètés Sociélés el obligations capilaux (1) (2) (PNR) BEI 1L926rdécr1,.7 42.767 99.664 191.839 248.736 1927:janv.... £2.504 100.809 266.656 435.100 février .. 7.605 87.248 147.775 227-418 HTATE DE 17.091 48.683 174.480 206.072 Ce à PE 16.820 177.478 497.626 058.284 AL RATE 24.507 115.898 496.382 577.773 JU ere 28.990 105.694 175.472 2D2.176 jet 14729 210.987 602.175 811 .442 AOL 927260 244.825 199229 350.704
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Indépendamment de cet appoint des capitaux étrangers une autre raison, le ralentissement des affaires, a contribué à l’aisance du marché de l’argent. Nous aurons l'occasion d'examiner dans un autre chapitre quelles ont été les causes et l'importance de ce’ ralentissement mais on peut déjà noter qu’ainsi qu’il fallait s’y attendre. il s’est produit un reflux progressif vers les banques des ressources de crédit mises pendant les années précédentes à la disposition du commerce et de l’industrie et dont ceux-ci n'avaient plus si grand besoin dans une période de dépression, toute relative d’ailleurs.
Il convient de rechercher maintenant si les mêmes phénomènes se sont produits dans le domaine purement monétaire. Les deux compartiments sont étroitement liés. L'expérience de l’histoire financière de nombreuses nations montre en effet que souvent le crédit supplée aux défaillances des moyens de paiement, en sorte que ceux-ci supprimés d'un côté ou seulement limités reparaissent de l’autre rétablissant ainsi, au moins momentanément, un pouvoir d'achat égal à celui que l’on voudrait supprimer. On ne saisira donc bien le jeu des lois financières et psychologiques qui expliquent en Belgique l’aisance du marché de l’argent après la stabilisation qu'après avoir étudié les circonstances monétaires
particulières de cette période.
B) La circulation monétaire.
Voici d’abord quels ont été les chiffres de la circu-.
lation monétaire en Belgique depuis la création du belga.
Les chiffres cités sont ceux des billets en circulation à la
fin de chaque mois d’après la dernière situation hebdomadaire.
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Il faut ajouter au montant de la circulation en billets
. de la Banque Nationale les billets de 5 et 20 francs cir-
culant pour le compte de la Trésorerie. Il en existe pour 710 ou 720 millions environ. Le montant total de la circulation fiduciaire atteignait donc en septembre 1907 10 milliards et demi environ contre 7 milliards et demi lors de la première stabilisation.
D'autre part si on compare le chiffre de la circulation en septembre 1927 à celui de 1913, en tenant compte d'une part de l’augmentation du nombre des habitants et d'autre part de la dévaluation du franc belge, on arrive à un chiffre de circulation moyenne par tête d’habitant, voisin de celui de 1913 qui était de 181 francs-or par tête d’habitant. |
Depuis la date dela deuxième stabilisation, la circulation des billets a à peu près toujours montré Lendance à s’accroître. Seul, le chiffre de la cireulation à la fin
de mai est en régression sur celui du mois précédent,
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