‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 157 sur 183 · LIVRE V, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE III

pinglé est entendu par notre oreille à l'autre extrémité d'une poutre de sapin de six mètres de longueur ! Le simple fait de la communication entre tous ces êtres n'implique point une intervention providentielle continue. Mais ce fait est ici bien secondaire. Il en est un autre qui domine tout. La coupe de Neptune est une œuvre d'art, comme le dit la belle description de M. Pouchet. Elle exprime une pensée une et harmonieuse dans la diversité des parties. Pour que son exécution îet les moyens d'exécution, quoique entièrement physiques, soient possibles, il faut donc que le plan de l'œuvre entière «oit écrit à l'avance et en virtualité dans l'essence même de chacun des architectes isolés. Tel est le fait vraiment dominant, et ce fait est d'ordre essentiellement psychique : il est à lui seul la réfutation la plus énergique de toute interprétation matérialiste. Et ce genre de fait distingue, des forces et de la matière, l'élément vital de l'humble polype, tout comme il en distingue l'âme humaine !

La plante est- elle un être animé? L 'élément animique de la /plante est-il d'une autre nature ou est-il seulement d'une autre espèce quel'élémeut qui vivifie l'animal, que l'élément qui vivifie Vhomme ?..

Au commencement de ce chapitre, j'avais exprimé la crainte de me voir délaissé par quelques-uns de mes lecteurs, ou plutôt de me trouver en pleine scission avec eux, de n'avoir plus le droit de parler en leur nom. J'en ai la conviction, ces quelques déserteurs, s'ils ont réellement existé, m'ont rejoint depuis longtemps. Et j'ajoute, j'ai maintenant la certitude que la question posée si explicitement en tête de ce paragraphe n'effarouchera plus qui que ce soit.

Getle conviction, cette certitude n'a rien de commufi avee la confiance que peut avoir un avocat en son talent pour plaider une mauvaise cause. Elle repose sur la méthode même que nous avons constamment employée; et cette méthode n'est point un fait personnel» mais bien au contraire l'expression d'une haute idée de justice toute moderne.

Pour comparer les êtres vivants entre eux, pour établir l'analogie qui existe par exemple entre l'homme et les animaux, la plupart des naturalistes du siècle dernier et leurs continuateurs, moins nombreux, de ce siècle, ont toujours appuyé sur les dégradations qu'on observe en étudiant les individus d'une même espèce, placés dans différentes conditions de plus en plus défavorables, et puis ils ont comparé les êtres les plus inférieurs d'une espèce aux êtres les plus élevés d'une autre. Ils ont, par exemple, mis en parallèle l'homme le plus inférieur, le Papou, l'Australien, avec certains animaux su* périeurs, et ils ont ainsi, sans difficulté, établi une espèce d'égalité. Sans examiner ce qu'il y de faux et de juste à la fois dans cette méthode, nous rappellerons seulement que nous avons suivi une voie tout inverse. Nous n'avons parlé ni de Papous ni de gorilles, mais nous avons comparé l'homme dans toute la plénitude de son développement intellectuel avec les animaux les plus complets aussi. Nous avons pu ainsi, sans crainte de trop flatter ou de trop déprécier qui que ce soit, accentuer aussi fort que possible les analogies et les différences : il en est résulté que Fanimal et l'homme, tout à la fois, ont grandi par ce rapprochement.

Continuons d'appliquer la même méthode , et voyons si elle ne nous conduira pas à des résultats aussi décisifs quant aux plantes. Notre besogne est même ici beaucoup plus facile qu'en ce qui concernait les animaux.

En effet, par cette raison même que les animaux, ou du moins un grand nombre d'entre eux, vivent parmi nous, soit parce que nous les avons utilisés et domestiqués, soit parca

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