CHAPITRE I
Existence nécessaire de l'élément intermédiaire spécifiquement distinct de l'élément matière. — Interprétations diverses proposées pour les phénomènes dynamiques.— Réfutation de ces doctrines. — Conclusion générale.
Noire soleil avec son cortège de planètes, de comètes, les planètes et leurs satellites, toutes ces étoiles radieuses , autres mondes sans nombre, éparpillés dans l'espace infini , tous ces êtres distincts sont dans un état incessant de rapports des plus variés : rapports de lumière, de chaleur, d'électricité, d'attraction, de répulsion; rapports qui font de l'univers un immense et harmonieux organisme, où toutes les unités distinctes sont solidaires les unes des autres.
Les parties qui composent ces êtres, et que l'on peut concevoir comme distinctes en eux, sont dans le même état permanent de rapports. Ainsi en est-il , comme exemple particulier, de tous les corps que nous pouvons séparer de la surface de notre terre, ou beaucoup plus correctement, de ceux qui sont séparables , et qui ainsi par leur totalité forment le globe terrestre.
Mais un corps homogène quelconque, solide, liquide ou gazeux, ne constitue point un tout continu : il est formé, nops le savons maintenant, d'unités indivises, disjointes,
plus ou moins éloignées les unes des antres, selon l'état actuel du corps. Par ce fait même que ce corps se présente comme un tout, il est clair que ces unités disjointes «ont aussi dans un certain rapport entre elles et avec celles de tous les autres corps : rapport qui , d'une part, maintient le corps tel quel, et qui , d'autre part , le fait connaître à d'autres corps.
Et maintenant qu'est-ce qui établit ces rapports ? Qu'est-ce qui remplit le vide, évidemment apparent, qui sépare deux corps distincts en relations de lumière, de chaleur, d'électricité, d'attraction?... Qu'est-ce qui maintient, à des distances déterminées et d'ailleurs variables, les atomes des corps ?
Au lieu de laisser l'esprit du lecteur en suspens et d'aller pas à pas avec lui jusqu'à la réponse inévitable, je vais droit au but. A ces grandes questions je réponds immédiatement par la grande et radicale affirmation finale à laquelle nous conduit l'élude rigoureuse et rationnelle des phénomènes.
Les rapports de soleils à soleils, de corps à corps, d'atomes à atomes et , beaucoup plus généralement encore , les rapports d'êtres à êtres , ne peuvent être établis que par une classe d'éléments intermédiaires d'une nature absolument différente de celle des éléments matériels , et jouant à la fois le rôle de puissance motrice et d'agent de rapports entre les atomes matériels et entre les corps.
Et j'ajoute maintenant que toule philosophie , toute métaphysique, qui prétend marcher en dehors de cette affirmation, viole l'ensemble des faits , fait fausse route et est destinée à périr.
Nous avons pu aller sans dévier à notre but , lorsqu'il s'est agi de spécifier et de distinguer I'élément matière considéré en général : l'examen d'un nombre relativement réduit de phénomènes nous a permis de passer rapidement par-dessus les obstacles. 11 ne nous est plus possible de procéder d'une manière aussi immédiate maintenant. Non point du tout que