‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 26 sur 183 · LIVRE II, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE I

dans ces deux derniers siècles, et nous donne ainsi une idée 1res nette de la marche des sciences physiques. C'est aussi celui qu'il convient de suivre dans l'examen critique que nous allons en faire. Nous ne larderons pas à nous convaincre que ces diverses hypothèses ont toutes un côté spécieux et même correct dans la forme, mais qu'elles pèchent en ce qu'elles ne sont que partielles et qu'elles omettent chacune une face ou une autre de l'ensemble des^phénomènes à expliquer.

Réfutation de la doctrine qui attribue les phénomènes de lumière, de chaleur, d'électricité, à des fluides distincts de la matière y mais pourtant analogues à elle dans leur essence.

Cette toute première doctrine attribuait les phénomènes des impondérables à des fluides éminemment subtils, élastiques, capables de pénétrer dans les intervalles atomiques des corps, dénués de pesanteur, mais pourtant attirés et localisés par la matière des corps.

La chaleur, par exemple , était assimilée à une espèce de gaz qui , en pénétrant dans les interstices atomiques , sépare les parties entre elles etc.

La lumière était attribuée à des particules lancées avec une grande vitesse par les corps lumineux, et il en était de même quant au calorique rayonnant.

Il est, je pense, inutile d'entrer dans de grands délails à l'égard de celle interprétation, et de dire comment on s'est efforcé de l'approprier aux exigences de chaque application spéciale. La vériléest que, telle qu'elle élait conçue, elle était insoutenalÉe presque dès l'origine : pour ne citer qu'un seul exemple , on n'a jamais pu rendre compte le moins du monde ni de la chaleur ni de la lumière continues que peut dévelop-

per le frottement des corps, ou que développent et l'étincelle et les courants électriques ; car il est impossible d'expliquer comment une substance, analogue même de très-loin, à la matière, pourrait être créée continuellement par le frottement, par exemple. Ce n'est cependant que l'apparition de la théorie thermodynamique qui a décidément fait abandonner l'interprétation dans son ensemble, et à ce titre il est utile d'en parler un peu plus longuement.

Selon cette doctrine évidemment, la quantité de chaleur réellement présente dans un corps ne peut varier que par suite du passage de la chaleur de ce corps dans d'autres ou dans l'espace, et réciproquement. Or c'est là une des propositions que l'expérience a décidément réfutées le plus radicalement. On sait, en effet , aujourd'hui de la manière la plus positive, que, dans un moteur quelconque où c'est la chaleur qui agit comme puissance motrice, il y a toujours un déchet de chaleur rigoureusement proportionnel à l'effet dynamique de ce moteur. On sait que, dans un poids d'une vapeur quelconque, il n'y a en réalité pas plus de chaleur que dans le même poids de liquide pris à la même pression et à la même température que cette vapeur; bien que pour engendrer celte vapeur, il ait pourtant fallu fournir au liquide une quantité très grande de chaleur : ici toute cette chaleur est employée à produire un travail externe et interne. Bien plus , on sait que , quand bien même, dans un moteur, la chaleur n'agit pas immédiatement comme puissance dynamique, elle disparaît ou apparaît encore en quantité proportionnelle au travail mécanique donné ou reçu par le moteur, pourvu qu'elle soit en dernière analyse le seul phénomène sensible. Ainsi, par exemple, dans les êtres vivants, et pour spécifier, dans l'homme, 1-a puissance dynamique qui détermine la contraction des muscles et qui nous permet de produire un lraM0l externe, n'est évidemment pas la chaleur ; mais celle-ci est le dernier phénomène sensible qui se manifeste extérieurement à l'orga-

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