‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 56 sur 183 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

Nous conclurons avec raison aussi que la force gravifique est partout dans l'espace.

* II est aisé de reconnaître qu'à titre de forces, les autres éléments intermédiaires sont précisément les mêmes caractères:

Il faut un temps fini à l'électricité pour se répandre à la surface du corps isolé le meilleur conducteur (je me sers du langage habituel en disant se répandre). Il ne faut aucun temps à l'action attractive bu répulsive pour s'étendre à un autre corps électrisé.

Il faut un certain temps à un courant électrique (je me sers encore du langage reçu) pour traverser le meilleur conducteur.

Il ne faut aucun temps à l'action dynamique pour s'exercer à distance sur un autre courant.

Il n'y a d'ailleurs aucune limite où ces actions s'arrêtent dans l'espace. L'action magnétique de l'aimant-soleil s'exerce à trente-quatre millions de lieues de distance sur les aimants de nos cabinets et sur l'airaant-terre.

A titré de forces, les principes intermédiaires sont donc partout à la fois dans l'espace.

A ce titre, ils ne sont point soumis aux conditions finies du temps et de l'espace.

La condition signalée ici n'a rien de subjectif, de relatif à nous ; elle ressort de la stricte observation des faits et de leur analyse raisonnée. C'est celle qui sépare le plus nettement la matière et les éléments intermédiaires.

Quelque idée que l'on ait, en effet, sur la forme extrême de la matière , qu'avec les métaphysiciens purs, qui font par trop bon marché des faits, on la tienne pour divisible à l'infini, ou que, conformément à ce que nous avons reconnu pour vrai, on accepte l'idée d'un atome limite indivisible; toujours est-il qu'un corps quelconque, si grand ou si petit qu'il soit, a toujours une forme nettement définie. Que nous considérions un cristal qui s'est formé au sein d'un liquide; ou l'un quelconque des corps célestes qui se meuvent dans

l'espace, il existe toujours une surface qui limite l'un et l'autre dans cet espace , une périphérie où la matière cesse , et au delà de laquelle les rapports du corps avec les autres ne peuvent plus s'établir que par les éléments intermédiaires. Pour les corps célestes , le fait est en quelque sorte évident par lui-même; mais il n'est pas moins certain pour un corps placé au sein d'autres corps. Ainsi, le cristal qui se forme au sein d'un liquide placé lui-même dans notre atmosphère n'en est pas moins nettement défini; au delà de lui, mais par rapport à lui, ses relations avec les autres corps ne penvent plus s'établir que par le moyen de la force gravirûque électrique, calorique. ... Un seul instant de réflexion nous oblige à reconnaître dans l'intérieur même des corps des espaces alternativement occupés et non occupés par la matière , et le seul fait de l'existence d'un cristal avec toutes les qualités que la science a constatées rend presque incontestable l'existence d'un atome limite.

Bien à l'opposé, toute idée de forme définie est incompatible avec l'existence même d'un élément intermédiaire se manifestant comme principe dynamique : le mot même de divisibilité (celle-ci fût-elle idéale) devient un non -sens ici. C'est, pour le faire remarquer en passant, la conception d'un atome, introduite dans l'hypothèse d'un éther universel, qui a perdu celte hypothèse à jamais.

Il résulte déjà de ce premier aperçu que te vida proprement dit n'existe nulle part dans l'espace infini. Ce que nous appelons le vide n'est autre chose qu'un espace où il ne se trouve pas de matière ; mais cet espace est toujours rempli par l'élément intermédiaire, sans la présence duquel le mouvement des atomes ou des corps (réunion d'atomes) ne pourrait ni naître ni se continuer. Le vide de nos machinés pneumatiques est un espace imparfaitement purgé de matière; celui des espaces interstellaires est, au contraire, parfait en ce sens , mais en ce sens seulement.

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