LIVRE 11, CHAPITRE II
roédiaire constitue la force elle-même. La théorie de l'émission (luraiaique, calorifique ou électrique) tombe devant ce seul énoncé et fait place à la seule antagoniste que nous ayons su concevoir jusqu'ici, à la théorie des ondulations. Mais celle-ci, à son tour, et au point de vue physique, se trouve transformée radicalement: aux alternatives de compression et de raréfaction, de rapprochement et d'écartement des parties qui constituent les ondes dans un milieu matériel, il faut et il suffit de substituer ici des alternatives d'élévation et d'abaissement d'intensité dans l'énergie dynamique de l'élément intermédiaire ; c'est là le seul mode de mouvement dont soit susceptible ce qui est en dehors des conditions finies du temps et de l'espace. Au point de vue physique, la différence est profonde, on le voit, entre les ondes d'un milieu matériel et celles d'un principe transcendant. La différence est nulle, au contraire, au point de vue représentatif et géométrique : les lignes qui figurent des vitesses dans une onde sonore (par exemple) figurent des intensités dans une onde luminique ou calorifique (par exemple); les lignes qui figurent le chemin parcouru par les molécules matérielles figurent ici l'amplitude de l'espace où varient les intensités. La différence est nulle aussi au point de vue de la traduction mathématique : il y a équivalence çntre la force vive effective que possèdent les molécules matérielles d'une onde et la force vive virtuelle que représente chaque partie d'une onde dans le principe transcendant; il y a équivalence entre le travail effectif que représente une onde matérielle, et le travail potentiel que représente une onde transcendante. Les mêmes équations peuvent donc servir à traduire les deux phénomènes si différents : il n'y a que les mots & changer dans le langage quand on passe d'un phénomène à l'autre.
La connexion intime qui existe entre le mode force et le mode mouvement dans un même principe intermédiaire s'aperçoit maintenant nettement.
Une force ne nous est connue dans son intensité, dans son énergie dynamique , que quand elle agit sur deux parties matérielles disjointes. Une onde transcendante n'étant autre chose qu'un espace dans lequel varie périodiquement l'intensité d'une force qui ne s'exerce pas actuellement sur deux points matériels, cette onde ne peut nous apparaître qu'à titre de mouvement: lorsqu'elle parvient entre deux points matériels et s'y arrête par une raison ou une autre, il doit donc, pour nous, se manifester un accroissement ou un abaissement effectif dans les forces qui sollicitent ces deux points à s'approcher ou à s'éloigner; et il est évident que cette variation doit être proportionnelle à l'intensité virtuelle que représente l'onde. Le mouvement dynamique disparaît en provoquant un accroissement d'énergie dans la manifestation de l'élément intermédiaire comme force.
L'expression de transformation de force en mouvement, et de mouvement en force, qu'on emploie si fréquemment aujourd'hui, et qui n'est pourtant qu'un vain mot dans les hypothèses réfutées, prend donc un sens correct et réel, quoique bien différent de celui qu'on y attache en général.
Il y a ici, comme on voit, une succession de deux états différents dans un même élément intermédiaire.
Par ce fait même qu'entre ces deux états il existe un rapport de succession, il est-évident qu'il doit aussi exister entre eux un rapport mathématique dès qu'on les considère dans leur grandeur. Et c'est au fond sur ce rapport nécessaire que repose tout l'édifice de ce qu'on appelle si convenablement théories mécaniques de la chaleur, de l'électricité.
Nous allons voir, en effet, avec quelle facilité et quelle clarté remarquable la synthèse naturelle à laquelle nous sommes arrivés conduit aux propositions fondamentales de ces théories toutes modernes.