‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamique. Analyse élémentaire de l'universChapitre 79 sur 183 · LIVRE III, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE II

c cendants peut-il s'éteindre en se communiquant directement « à un autre principe transcendant ? »

Lorsque, par exemple , l'électricité produit de la chaleur et de la lumière en traversant le vide le plus complet que nous sachions /aire, est-ce la matière transportée par le courant qui émet, comme on le prétend, la chaleur et la lumière, ou n'est-ce pas plutôt le mouvement électrique qui , directement, dans l'espace vide de matière, détermine le mouvement équivalent du principe calorique partout répandu ? Ce genre de question, on le voit , peut être posée, presque sous la même forme , dans des millions de cas analogues : dans ce moment, les faits nous font encore défaut pour la trancher à coup sûr , ou, pour tenir un langage plus sévère, mais plus juste aussi, les faits nécessaires surabondent , mais ils ont été étudiés à un point de vue trop préconçu, et trop en faveur d'un système, pour qu'on puisse en tirer une réponse rigoureuse. Celle-ci, quelque intéressante qu'elle soit en elle-même, nous importe peu ici, et le problème qui nous occupe doit être attaqué d'un tout autre côté.

Le calorique , en effet, se manifeste comme une force toujours répulsive s'adressant de la même manière à toute espèce d'atomes indistinctement (loi de Dulong et Petit). L'électricité , au contraire, se manifeste comme force d'attraction ou de répulsion élective, ou, pour parler beaucoup plus correctement, elle donne un caractère électif aux parties matérielles, qu'elle contraint à se rapprocher ou à s'éloigner. On a maintes fois voulu expliquer l'électrolyse par l'ébranlement déterminé dans l'état moléculaire à l'aide du courant électrique ; c'est là une représentation à la fois grossière et inexacte. Il est bien évident que toute combinaison ou décomposition chimique est précédée d'un effort exercé sur les atomes en repos et les déterminant à s'unir ou à se séparer. Cet effort, qui ne dépend que de l'intensité de la force électrique entre deux atomes ou groupes d'atomes, est, comme celui du calorique, modifié

par un mouvement électrique, venant du dehors ou allant au dehors : la combinaison et la décomposition ne peuvent s'effectuer qu'à la condition que ce mouvement ait lieu , ou soit rendu possible. Lorsque, paF exemple, nous plongeons dans l'acide sulfurique affaibli un barreau de zinc fortement amalgamé y le métal n'est pour ainsi dire pas attaqué ou dissous : un électroscope nous montre facilement que la lame est électrisée fortement. Si on la met en rapport avec un conducteur neutre plongé dans le liquide (avec une lame de cuivre par exemple) , nous permettons à l'intensité électrique de s'équilibrer; la dissolution commence de suite avec énergie; elle cesse dès qu'on sépare le cuivre du zinc. La force électrique est bien évidemment le principe même de ce que nous appelons l'affinité élective : dès que, par une raison ou une autre , les atomes sollicités l'un vers l'autre par elle se rapprochent effectivement , l'intensité de la force doit se modifier, et cette modification se manifeste en dehors par ce que nous appelons l'électricité statique ou dynamique.

La distinction précédente entre la force calorique et la force électrique est déjà très grande ; il en est une autre plus délicate, plus élevée et plus capitale encore s'il se peut.

La force électrique agit sur les atomes aussi bien que sur les molécules : c'est elle qui , en effet, détermine la formation de molécules de plus en plus complexes : oxydes et acides, sels , sels doubles , sels doubles combinés avec l'eau de cristallisation etc.

Le calorique, au contraire, ne s'adresse qu'à l'atome, et non à la molécule considérée comme unité, dans un corps composé. Il faut 0,20259.291,16 =40<*i,753 pour élever de 1° la température de 201^,16 de soufre, et 0,05623.735,29 = 41cal,345 pour élever aussi de 1° la température de 735k,29 d'étain; il faudra à peu près (40,753 4- 41,345) pour élever de 1° la température de (201,16 + 735,29k) de sulfure stanneux. Si le calorique s'adressait à la molécule de sulfure stan-

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