LIVRE III > CHAPITRE II
naturellement de cette proposition. Elle nous apprend en effet :
1° En tout premier lieu , qu'il existe un rapport quantitatif immuable entre le mode mouvement et le mode for.ce dû principe transcendant qui donne lieu aux phénomènes calorifiques ;
2° Que là force calorique agit sur les atomes matériels d'une manière périphérique, et tout à fait indépendante de leur masse et de leur nalure ;
3° Que cette force agit sur les atomes combinés absolument de la même manière que sur les atomes non combinés; en d'autres termes, qu'elle s'adresse aux atomes et non aux molécules considérées comme unités *.
Nous sommes , dès ce moment , parfaitement en droit de regarder la force calorique comme distincte en nature de la
FORCE GRAVIFIQUE.
Nous arrivons, par la même voie, à la même conséquence quant à la force électrique.
« Lorsqu'un même courant électrique traverse successivement différentes dissolutions métalliques, les poids des métaux séparés sont entre eux comme les équivalents chimiques. »
La belle loi de Faraday, en quelque sorte parallèle à celle de Dulong , nous apprend que la force électrique s'adresse à l'atome et à la molécule, considérés comme unités, et non comme masse.
Nous sommes donc pleinement en droit aussi de rapporter les phénomènes électriques en général à un principe intermédiaire différent de celui qui constitue la force gravifique.
Nous voici amenés naturellement au dernier terme de notre problème.
Les phénomènes lumineux , calorifiques, électriques, sont-
1 Voyez le livre V de mon Exposition expérimentale et analytique de la thet' modynamique , 2e édit.
ils des manifestations de deux principes intermédiaires, ou sont-ils dus à la transformation d'un seul principe ?
L'étude la plus superficielle des faits nous apprend que les phénomènes de lumière, de dhaleur, d'électricité, peuvent se substituer les uns aux autres, se faire place réciproquement, qu'il existe entre eux une relation d'équivalence , que quand l'un semble disparaître sans donner lieu à un travail ou à un mouvement définitif dans une masse matérielle (un atome ou un corps) , il donne lieu à un autre phénomène de la même classe. Ces faits ont été admirablement étudiés dans ces derniers temps , et ils ont été des plus classés et coordonnés de la manière la plus méthodique par plusieurs physiciens : je ne citerai comme exemple que le beau livre de M. Grove. Pas un de ces faits , pas le plus minime d'entre eux , ne nous autorise à affirmer ou à nier que la lumière , la chaleur, l'électricité doivent être rapportées à un même principe. Tous, sans exception , nous conduisent à un même terme final :
Relation réciproque , substitution soumise à une loi quantitative d'équivalence , à une loi supérieure d'équilibre. Nihil ex nihilo; nihil in nihilum.
C'est de ces relations, de la possibilité de ces substitutions, que dérive l'infinie variété des phénomènes dé l'univers inanimé. Nous aurons à les esquisser ailleurs à grands traits.
Si , au lieu de considérer les phénomènes dont il est ici question, au point de vue seul du mouvement , comme on le fait en général, nous, nous en occupons sous le rapport du mode force , nous sommes conduits promptement à reconnaître que la force calorifique et la force électrique diffèrent au moins autant entre elles qu'elles peuvent différer de la force gravifique.
Une seule et même question peut être posée , quant à tous ces phénomènes de substitution : «La présence de la matière a est-elle nécessaire pour que la substitution devienne pos- « sible?» «Ou bien le mouvement de l'un des principes trans