LIVRE 111, CHAPITRE III
tériels très petits , mais non infiniment petits , immuables en volume, tenus à des distances stables ou variables (solide, liquide , gaz) par l'élément intermédiaire se manifestant comme force. Ces atomes peuvent être en repos ou en mouvement relatif, c'est-à-dire que leurs mouvements ne son! à aucun titre une condition d'existence des corps. L'espace dans un corps est alternativement occupé on non occupé par la matière : il l'est partout pour l'élément intermédiaire.
Cette définition des corps est exacte en toute hypothèse sur la grandeur absolue de l'atome. Mais l'élément dynamique, qui à titre de force détermine à chaque instant les distances relatives des atomes , n'agit pas seulement dans l'intérieur des corps , c'est-à-dire à des distances qui pour nous sont nulle». Il remplit l'espace infini et met ainsi dynamiquement en rapport les réunions d'atomes , qui nous apparaissent comme corps distincts.
L'une des fonctions de cette classe d'éléments transcendants est, en un mot, d'agir comme intermédiaire et comme cause de mouvement entre les parties finies et définies de l'espace occupé par la matière. Et le mouvement de la matière ne peut jamais se communiquer immédiatement à d'autre matière. ,
Si immense que soit cette fonction , elle est bien loin d'être la seule caractéristique que remplissent les éléments dynamiques.
Parmi les forces, il en est au moins deux dont l'intensité, susceptible d'abaissement et «d'élévation , est variable de zéro à une grandeur indéterminée, et tend sans cesse à s'égaliser lorsque son équilibre a été rompu par une raison ou une autre en deux points distincts de l'espace. Lorsque l'une de ces forces détermine effectivement les déplacements relatifs auxquels elle sollicite continuellement les parties matérielles, son action s'épuise dans l'effet produit, son intensité s'abaisse là où l'effet se produit , et il nous semble alors qu'il disparait de la chaleur ou de l'électricité. Dès ce moment l'intensité ,
devenue inégale en deux lieux distincts de l'espace, tend à s'équilibrer, et s'équilibre en effet ^lorsque les conditions voulues sont remplies. Ce rétablissement de l'équilibre a lieu par suite d'un mode de mouvement spécifique dont est susceptible le principe transcendant qui constitue la force en jeu. Les conditions où il peut s'effectuer, les circonstances qui y président , sont aujourd'hui parfaitement étudiées en physique , et je ne pourrais rien en dire ici qui ne soit connu de mes lecteurs.
C'est de cette aptitude qu'ont les forces à s'équilibrer en intensité à travers l'espace, soit occupé , soit non occupé par la matière , que dérive l'infinie diversité des phénomènes que nous présente ce qu'on appelle quelquefois la nature morte : diversité qui, par sa richesse et sa splendeur, donne l'apparence de la vie à ce qui au fond se réduit à un mécanisme proprement dit , et peut être analysé â l'aide des seules lois de la mécanique. Il suffit de rappeler un seul ordre de phénomènes naturels pour faire ressortir l'origine et la nature de cette diversité. Quelle que soit la cause à laquelle on rapporte la chaleur et la lumière qu'émet le soleil (ou chaque étoile du firmament) , on peut, en toute hypothèse, considérer cette émission comme la conséquence d'une rupture d'équilibre de l'intensité de la force calorique dans l'espace. Si nous supposons, pour un moment, que cet équilibre ne puisse pas se rétablir, si nous supposons, en un mot, que le soleil et les étoiles n'envoient plus dans l'espace de chaleur et de lumière, non seulement nous éteignons partout la vie organique, mais notre imagination se refuse à nous peindre l'effroyable mort qui frapperait le monde physique , la nature morte elle-même à la surface des planètes.
Toutefois le point de vue précédent concerne encore la forme dynamique des fonctions des principes intermédiaires: Il en est une autre très différente.
Le mouvement spécifique dont est susceptible un principe