LIVRE III, CHAPITRE III
intermédiaire , mouvement qui se manifeste entre deux corps distincts lorsque l'équilibre s'effectue dans l'intensité de la force que constitue ce principe, ce mouvement, dis-je , étar Mit entre les corps un rapport particulier : il fait connaître , il révèle à l'un de ces corps l'existence de l'autre. Le mouve* ment luminique ou calorifique qui part d'un corps et va en rencontrer un autre, non seulement apporte à celui-ci l'ewipreinte de la périphérie du premier dans ses plus minimes détails, mais encore prend des qualités qui dépendent de la nature de cette périphérie, et qui, par des phénomènes spécifiques , manifestent sur le second corps l'état du premier, De même, le mouvement luminique ou calorifique, renvoyé par le second corps vers un troisième, apporte à celui-ci tous les détails de la forme; de la structure, de la nalure du se* cond. lien est absolument de même, mais en d'autres termes, des relations que le mouvement électrique établit entre deux corps.
A ce point de vue, et à ce titre, les forces , dont l'intensité est susceptible de variation, se manifestent donc comme principes révélateurs entre les parties séparées de la matière (atomes ou globes du firmament). En y regardant d'un peu près, et en affranchissant surtout notre esprit de tout système préconçu et de toutes les fausses appréciations auxquelles nous conduisent les indications de nos sens lorsque nous ne savons pas les raisonner, nous arrivons promptement à nous convaincre que les rapports des corps entre eux , qu'ils soient en contact apparent ou séparés par des millions de lieues de distance, ne peuvent s'effectuer que moyennant ces principes totalement distincts de la matière. Et ce qui est fait pour étonner l'imagination la plus riche, c'est la multiplicité des rapports qui peuvent ainsi s'établir entre les corps , ce sont les détails intimes qui se transportent en quelque sorte de l'un sur l'autre. Il suffit ici , et comme exemple entre des millions , de prononcer le mot de photographie pour montrer
d'un coup toute la diversité des relations que la lumière à elle seule établit entre les corps. Il suffit de mentionner les recherches d'Arago sur la lumière solaire, et les découvertes récentes de Bunsen dans le même sens pour faire apercevoir les détails intimes de la constitution des corps dans lesquels ces rapports nous permettent de pénétrer : ces deux grands physiciens sont en effet parvenus, à l'aide de ces rapports, à déterminer la nature physique et luminique de la photosphère solaire.
C'est à ce titre surtout , on le voit , que la lumière , la chaleur, l'électricité se manifestent réellement comme intermédiaires entre les parties disjointes de la matière. Mais les fonctions de toute cette classe d'ÉLÉMENTS constitutifs de l'univers ont un caractère plus élevé et plus général encore. Nous aurons à les faire ressortir lorsque nous serons arrivés à l'étude des êtres vivants, à l'analyse de l'univers animé.