‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamiqueChapitre 11 sur 171 · L’UNIVERS · texte numérisé non relu

L’UNIVERS

Partis d’une question tout à fait spéciale de physique, nous venons de nous élever rapidement, et par la seule foixe de choses, à la solution d’un des plus magnifiques problèmes qui se soient présentés à l’esprit bumain : à l’analyse élémentaire des êtres. Nous avons vu l’univers entier se sous-diviser natulurellement en deux grandes classes. Deux éléments constitutifs, l’ ÉLÉMENT MATIÈRE et l’ÉLÉMENT INTERMÉDIAIRE OU DY- NAMIQUE, suffisent parfaitement pour rendre compte des phénomènes et des fonctions des êtres de l’une de ces classes. Une troisième classe d’éléments, I’élément animique, est nécessaire pour donner lieu aux phénomènes et aux fonctions du plus minime des êtres de la seconde classe.

Aux yeux de bien des lecteurs, habitués à une critique scientifique rigoureuse, le moindre défaut des pages précédentes ne sera pas la concision extrême avec laquelle s’y trouvent abordées et résolues les questions les plus difficiles contre lesquelles l’intelligence puisse se heurter. Le titre, d 'esquisses que j’ai choisi semblera, à ces lecteurs, d’une modestie prétentieuse pour ce qu’ils nommeront peut-être un exposé tranchant d’une suite d’affirmations sans preuves.

Que l’on veuille donc considérer cet exposé si rapide comme une table des matières , libre dans ses formes, mais complète, du travail analytique suivant. On trouvera ici une démonstration proprement dite, aux allures austères et sérieuses. Avec raison, je pense, et sauf à les légitimer successivement, j’y ai laissé subsister les divisions principales qui se sont posées d’elles-mêmes dans les esquisses. Un examen approfondi de l’univers inanimé, du monde physique, doit précéder néces-

sairement l’étude de l’univers animé , du monde vivant, et il n’eût pas été prudent de se fier au proverbe : « Qui peut le plus, peut le moins. >

Si, aux veux de bien des personnes, 1 étude de la vie présente plus d’intérêt, plus de variété rpie celle des phénomènes physiques, elle renferme aussi plus d’énigmes encore, s’il est possible ; et pour quiconque sait replier sa pensée sur elle-même, les difficultés à surmonter sont d’une élévation vertigineuse.

Aux manières libres et presque artistiques, aux nlluics fantaisistes qui étaient permise* dans les esquisses, j’ai cru de mon devoir de substituer désormais une forme grave et sévère, où la clarté était la seule qualité toujours impérieusement exigible. Une grande difficulté, un grand danger même, je le sais, naissaient de là pour moi; et cependant je n’ai pas même le droit d’en parler. Si, au lieu d’intéresser et d’entraîner le lecteur, je n’avais réussi qu’à le fatiguer, la faute en serait tout entière à moi. Le sujet que j’ai osé aborder est trop beau, il a un caractère trop solennel , il louche par trop de points à notre propre destinée, pour qu’il me soit permis de m’en prendre à son côté trop sérieux , si le lecteur lassé s’arrête en route !

UNIVERS INANIMÉ

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