V. Voyons maintenant, si nous ne reconnaîtrons pas à Télé
UNIVEnS ANIMÉ.
ment ANiMiQUE un autre caractère, qui l’accentue, qui le sépare des autres éléments, d’une manière encore plus nette peut-être que ne le font tous les faits que nous venons d’examiner.
Quand on lit certains traités de philosophie, on se laisse volontiers aller à personnifier nos diverses facultés; à croire que la raison, le jugement, l’intelligence, l’imagination, la mémoire... sont autant d’êtres distincts, pouvant opérer chacun de son côté. Et si l’on vient ensuite à lire, non pas certains traités, mais presque tous les traités de physiologie, on en arrive à croire que ces distinctions nominales ont une réalité physique et organique, que chacun de ces êtres a un logement spécial dans l’encéphale; ou ce qui est bien pire, on en arrive à conclure que c’est le logement qui est l’être réel, tandis que celui qui est censé Y habiter n’est qu’une bien inutile entité métaphysique.
Interrogez cependant sur le fond de cette classification n’importe quel homme simple et naïf, mais capable de réfléchir. Demandez-lui qui raisonne, qui juge, qui imagine, qui se souvient, qui sent... et il répondra par un mot des plus expressifs, par le seul que connaissent les égoïstes : moi !
Je dis n’importe quel homme simple et naïf; j’ajoute maintenant: n’importe lequel d’entre nous, pourvu que son-bon sens n’ait pas été atrophié par les discussions scholastiques ; pourvu qu’il n’ait pas étudié la vie seulement dans un amphithéâtre de dissection ; pourvu qu’il n’ait pas étudié les facultés de l’être animé seulement dans un laboratoire de vivisection, où l’on a soin de détruire, ou à' annihiler par le supplice, ce qu’on a la prétention d’analyser!
Ce verdict du sens commun, que j’appelle par anticipation celui du bon sens, est-il effectivement l’expression de la vérité? C’est ce que nous allons voir à l’instant.
Nous disons que nous avons besoin d’un organe spécial, non seulement pour l’ensemble de l’acte de la pensée, mais