‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamiqueChapitre 16 sur 171 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

sophes, un fail d’observation pure, lia fallu toute l’exactitude des procédés modernes pour le vérifier, et c’est depuis une époque très rapprochée de nous qu’il a été mis hors de doute. Il est d’une importance capitale.

Tout ce qui précède étant bien établi , nous disons qu'un corps est absolument inaltérable dans ce qui constitue sa masse; c’est-à-dire que, sous quelque état qu’il se trouve , qu’il soit solide, liquide ou gazeux, qu’il soit froid ou chaud, une même dépense d’ell'ort donne toujours à sa totalité une même vitesse, s’il est libre de se mouvoir dans la direction où agit cet effort. Nous ajoutons maintenant, de plus, que le corps est tout aussi inaltérable dans sa pesanteur, lorsqu’il ne change pas de position par rapport au corps opposé vers lequel il pèse et qui pèse vers lui; e’eSt-à-dire que, quelles que soient aussi les modifications que nous fassions subir à un corps, et sous quelque état que la nature nous le présente, son poids constaté en un même point de la terre, par exemple, reste le même. Ceci est un fail tout expérimental, rien au monde ne nous autorise a priori à dire que la tendance de deux corps l’un vers l'autre ne puisse pas être modifiée, comme, par exemple , l’intensité de l’attraction d’un aimant pour un autre : intensité très variable, comme ou le sait aujourd’hui.

Le lecteur aura reconnu dès l’abord que celte partie des corps, qu’en dehors de toute hypothèse, et provisoirement, j’ai appelée l’élément mù ou mobile, n’est autre chose que ce que depuis très longtemps on appelle la matière pondérable. C’est l’élément dont une école tout entière prétend faire le principe constituant unique et le Dieu de l’univers.

Examinons ce Dieu de beaucoup plus près.

La matière, ou plutôt maintenant, l’élément matière qui fait partie d’un corps est, disons-nous, inaltérable en masse et en pondérabilité. Cet élément est-il variable en volume? Quelle est sa forme première? est-il divisible à l’infini, ou sa divisibilité a-t-elle une limite?

UNIVERS INANIME.

Nous reconnailrons bientôt l'immense portée de ces questions au point de vue de la philosophie naturelle cl de la métaphysique. Il y a des siècles qu’on les discute, el bien récemment encore, plus d’uu les a déclarées insolubles. Elles sont pourtant résolues, eide la manière la plus radicale.

Ici déjà une première fois nous allons voir de quelle manière puissante intervient la théorie thermodynamique pour résoudre des questions qui semblaient à tout jamais hors de notre portée.

Tout le monde sait que les corps se dilatent par la chaleur, et diminuent de volume parle refroidissement. Si celte diminution restait constante pour chaque abaissement égal de température, el de plus, s’il n'existait pas de limite au refroidissement, il est "bien évident que le volume d’un même corps, quel qu’il soit, finirait par se réduire à un point géométrique, à un infiniment petit, et il résulterait d’une manière tout aussi évidente de celte possibilité que le volume de l’élément matière serait variable et pourrait , dans du certaines conditions, se réduire en quelque sorte à rien : l’élément matière serait dans ce cas nécessairement divisible à l’infini. J’ai posé deux si : nous allons reconnaître immédiatement qu’il faut les rayer tous deux , avec toutes leurs conséquences,

La contraction du volume d'un corps pour chaque abaissement de température, d’un degré par exemple, va en diminuant avec la température elle -même. Pour un corps à l’état gazeux , la diminution de volume s’élève à près de 1/273 par degré de refroidissement; lorsque ce corps a été liquéfié parle froid, sa contraction par degré est déjà bien moindre : ainsi, le volume du mercure, par exemple, ne diminue plus que de 1/5500 par degré de refroidissement. Lorsque le corps a été solidifié, la contraction est encore moindre : ainsi, le cuivre ne se réduit que de 1/20000 par degré. Et à mesure que le oorps solide lui-même se re-

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