‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamiqueChapitre 17 sur 171 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

froidit, sa contraction devient de pins en plus petite pour des abaissements égaux de température.

Ainsi donc, quand bien même la température d’un corps pourrait être diminuée indéfiniment , nous ne serions déjà plus en droit d’affirmer que le volume du corps peut aussi diminuer indéfiniment.

Mais la théorie mécanique de la chaleur est venue, presque à sa naissance, démontrer que l'abaissement indéfini de la température est une pure fiction, qu’il existe un zéro absolu où toute chaleur a disparu des corps, et que ce zéro, pour tous les corps de l’univers, se trouve à peine à 27,'1° au-dessous de celui de nos thermomètres.

En partant de là, on peut aisément s’assurer que le volume d’un corps solide quelconque converge vers une limite, audessous de laquelle il ne peut pas descendre, et qu’à celle limite il ne diffère même pas considérablement de celui qu’il a à nos températures ordinaires.

Mais, dira-t-on , ce n’est pas seulement le froid qui fait diminuer le volume du corps, la pression le fait aussi, et qu’est-ce qui prouve qu’avec une pression excessive, le volume ne puisse pas être réduit à un point géométrique?

A cette question encore, la théorie mécanique delà chaleur donne, par deux chemins différents, une même réponse péremptoire. Toutes les fois qu’un travail mécanique, une dépense d’efforts, est employée à modifier la forme, le volume. Pelât d’un corps, ce corps s’échauffe, et la quantité de chaleur produite est proportionnelle à la totalité du travail externe ou interne dépensé. Réciproquement, toutes les fois qu’une modification dans la forme, dans le volume, dans l’étal général d’un corps, donne lieu à un travail mécanique, le corps se refroidit proportionnellement à ce travail.

Telle est l’une des propositions fondamentales de la ther-

modvnamiquc, aujourd’hui radicalement justifiée par l’ex-

périence. Voyons quelle est ici l’une de ses conséquences immédiates.

Un corps dont le volume a été réduit par la compression, reprend son volume initial lorsqu’on diminue la pression à laquelle il est maintenant soumis. Si cette diminution se fait graduellement, le corps, en croissant, surmonte continuellement l'effort actuel qui agit sur lui en tout sens : il rend donc du travail et il se refroidit. L’augmentation de volume a-t-elle lieu parce que le corps croit dans sa totalité, ou seulement parce que certaines parties non compressibles se séparent de plus en plus sous l'action répulsive de la chaleur présente?

Acceptons dans son entier la première hypothèse , et admettons de plus qu’un corps peut être comprimé indéfiniment par un effort externe suilisant.

Supposons qu’on ait comprimé un corps solide quelconque de manière à réduire son volume de moitié, par exemple, et qu’on l’ait amené au zéro absolu. Si, dans cet état de choses, on diminue graduellement la pression (pie supporte le corps, le volume, par hypothèse, recommencera à croître, et reviendra, quand la pression sera devenue nulle, à la valeur qu’il eût prise s’il avait été refroidi sans être comprimé. Pendant cet accroissement de volume, le corps surmontera continuellement lu pression à laquelle il est encore soumis : il se produira donc un travail mécanique externe. Mais il ne pourra plus se produire de refroidissement, puisque nous sommes au zéro absolu. Un corps amené à ce zéro pourrait donc rendre ou consommer du travail sans changer de température. .Mais remarquons que si la tendance d’un corps comprimé è reprendre son volume est due, en totalité ou en partie seulement, à une autre cause qu’à la chaleur qu’il renferme, ou en d’autres termes équivalents : que si un corps constitue une totalité, ou renferme seulement une partie ipii, au zéro absolu, peut donner ou recevoir du travail sans

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