LIVRE II, CHAPITRE I. M
qui l'ail que lous lemlent les uns vers les autres , qui fait que la plus petite parcelle île matière tend à se rapprocher des autres parcelles répandues dans l’espace infini, celle raison échappe totalement à nos investigations directes. Il en est absolument de même des attractions et des répulsions électriques, magnétiques; il en est de même de la répulsion réciproque que semblent éprouver les parties matérielles d’un gaz. et qui fait que ce gaz a une élasticité et une pression propres etc. Dans toutes ces relations qui se montrent à nous comme causes de mouvement des parties libres de la matière, nos sens ne nous montrent absolument rien qui puisse être conçu par nous comme poussant la matière par suite d’un mouvement préexistant.
Nos sens nous trompent-ils ici? Le corps pesant que je soutiens, par exemple, dans la main par suite d’un effort contraire que j’oppose à la pesanteur, est-il poussé peut-être par des particules en mouvement qui échappent à ma vue , à mon loucher, et qui l’entraînent vers le sol dès que je l’abandonne? Suis-je, en un mot, dans l’erreur lorsque j’attribue à quelque chose de totalement différent de la matière ce qui fait que, dans des millions de cas, deux parties matérielles veulent se rapprocher ou s’éloigner l’une de l’autre, et le font dès qu’elles sont libres dans l’espace?
La question ainsi posée est des plus claires. Nous devons la résoudre comme métaphysiciens et comme physiciens, comme penseurs et comme observateurs. Non qu’il soit entendu par là qu’un homme sensé [misse penser sans observer ou observer sans penser. Mais en toutes sciences, physiques, morales, politiques, religieuses, peu importe, il existe deux genres de démonstrations : les unes se tirent de notre seule puissance propre et vont du dedans an dehors; les autres se tirent des faits et viennent du dehors au dedans. 11 n’est plus permis aujourd’hui de se tenir- dans l’un ou l’autre de ces cercles exclusivement : n’étant point concentriques , leurs
UNIVERS INANIMÉ