‹ Conséquences philosophiques et métaphysiques de la thermodynamiqueChapitre 32 sur 171 · LIVRE II, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE

Et ln question se réduit toujours à savoir si ce quelque chose réside dans i atome matériel lui-inème, ou se trouve dans l’espace vide de matière qui sépare deux atomes.

Quoi qq’il eu soit pour le moment, nous voyons déjà ici s’écrouler l'une des assertions fondamentales de la doctrine que nous discutons : assertion regardée comme évidente par un grand nombre de personnes qui ne s’occupent même nullement de philosophie naturelle et de métaphysique.

« Le mouvement de la matière ne peut naître que d’un « autre mouvement antérieur, » dit cette doctrine.

Le mouvement de la matière, répondons-nous maintenant, ne naît au contraire jamais immédiatement du mouvement. Quant à l’apparence , cela est évident : lorsque nous laissons tomber une bille élastique sur un plan solide et rigide, elle rebondit ; il y a donc un instant où tout mouvement apparent est annulé, car la bille s’arrête pour revenir sur elle-même ; au moment où la bille frappe le plan, elle se déforme comme un ressort que nous plions; le mouvement qui venait en sens contraire est dû à la tendance qu’elle a, comme le ressort, de reprendre sa forme; et celle tendance est par conséquent antérieure au mouvement et n’a rien de commun à lui. 11 est facile de démontrer que les choses se passent absolument de meme lorsqu’une bille élastique en frappe une autre semblable au repos : les deux fléchissent comme un ressort au moment du choc, et c’est par suite de celle flexion et de la tendance qu’ont les billes à reprendre leur forme que le mouvement cesse complètement dans l’une et naît en quantité égale dans l’autre : il n’y a ici aucuiie communication apparente du mouvement de l’une à l’autre. Je dis apparente; nous allons voir qu’il faut dire réelle. Notre doctrine, je lésais, répond qu'au moment du eboe de notre bille élastique sur le plan rigide, son mouvement est simplement transformé temporairement en un mouvement vibratoire interne et invisible ; c’est ce dernier, dit-on, qui fait tendre la bille déformée à reprendre sa

UNIVERS INANIMÉ

tonne ; et le mouvement de translation qui renaît n’est autre chose qu’une transformation du mouvement interne invisible. Mais quand cette explication serait correcte, la conclusion générale serait encore fausse, puisque nous venons de reconnaître que le mouvement des atomes, supposés élastiques, qui renaît après leurs chocs réciproques, est toujours précédé d’une période très courte de repos absolu. Les mouvements partiels des atomes ont ainsi pour cause immédiate Yélasticità et nullement les mouvements antérieurs. El lorsque je dis que jamais le mouvement de la matière ne naît immédiatement d’un autre mouvement, c’est un fait réel qtiej’aflïrme cl non pas simplement une apparence. Il s’agit maintenant pour nous de savoir seulement si le contact de l’atome avec l’atome est nécessaire ou non pour que le mouvement qui s’éleint dans l’un puisse renaîre dans l’autre.

La question, je le répète, se réduit purement et simplement à savoir si l’élément dynamique, considéré maintenant comme principe constituant de I’univers, aussi bien que la matière, existe en dehors de la matière des corps, on s’il ne réside que dans l’atome matériel exclusivement.

Pans le premier cas, pour spécifier par un exemple trèsclair, l’intervalle qui sépare un soleil des planètes ou une planète de ses satellites, sera rempli par cet élément-moteur, ou du moins la matière qui peut s’y trouver n’aura aucune connexion immédiate nvcc la tendance de ces corps à se rapprocher.

Dans le second cas, cet intervalle sera rempli de matière en mouvement déterminant d’une manière ou d’une autre la tendance au rapprochement , et c’est alors dans cette matière même que résidera le principe capable de rétablir intégralement le mouvement détruit pendant un instant infiniment court dans les atomes propulseurs au moment de leur action sur les corps célestes.

Or ce dilemme n’est plus une question de métaphysique :

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