‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 15 sur 67 · DEUXIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME SÉRIE

son ruaMan» :

101. 1km, înlendant mOilaùe de la dimon d'Alger, Présideni» SB GuiRon, mAive de la ville d'Alger, Membn, Hiiixiunf) BOUs-intendant militaire, — Viiiin, membre de la chambre consultative d'agriculture, — Hiuo», pharmacien principal, BiRouZt ' of&cier d'admiiiistratio& principal, et secrétaire

de la Commission; —

ABSIHT :

M. Bmoqz, lieutenanUcolonely directeur de rarsenal du génie. —

U. le président communique & la Cemmisiion la lettrp ci-dessous^ qui lui a été adressée parU. Doyère, en date du 20 novembre 18B6.

« Monsieur le Président, en présence des diCBcullée qui gênent et retar* u dent rexécutton du plan de construction des silos que j'ai eu l'honneur a de présenter à la Commission, je prends la liberté de vous en soumettre « un autre plus approprié aux conditions dans lesquelles je me trouve « placé, et par cela même susceptible d'une exécution immédiate.

« Il consiste & &ire construire dans Tune des caves souterraines que la « Commission, avec le concours du génie militaire, peut mettre à ma dis- « position, deux ou trois capacités en zinc pareilles & celle que j'ai établie u dans le magasin de la Salpêtrière, mais d'une contenance beaucoup plus « considérable, et à les envelopper de maçonnerie, suivant les r^^lf»s que « j'ai établies, pour les soutenir et les préserver de l'accès do la tempéra- (t turc ext«''rie\ire. Elles seront rnmplies d'après les conditions pos^-ns par la (( dépèche ministérielle du mois do septembre à S. Exc. Monsieur le ma- « réchai, gouvf;rnfinr général de l'Algérie.

« La Commission voudra bien remarquer que le plan primitif n'a aucun « caractère officiel, et n'a reçu aucune sanction administrative. Je rpste donc « complètement libre de mon choix à cet égard, pourvu que je ne sorte pas « des conditions du système de conservation des grains que j'ai désigné « sous le nom à'ensilage rationnel. Or, lo revêtement en zinc est formelle- « ment compris dans mes brevets, et , 1 un i ntrc côté, la construction que je « propose sera souterraine; j'ajoute, d ailleurs, que cette dernière condition . « n'est pas absolue pour moi ; la condition véritable est le peu de variabilité « de la température et la soustraction du grain aux variations brusques et « eieessives^ telles que celles qui résultent dessiroeos et autfes influences « dimolériques analogues dans leurs résultats.

« Si ma proposition est s^réée, je vais me mettre & l'cBuvre Immédiate- « ment pour le choix de remplacement et la détermination des oombi- « naîsons de grandeur et autres & adopter, pour en tirer le meilleur parti « possible. Cette recherche^ d*aiUeur8, n'entravera en rien les travaux de « la GoramIsBÎon, relatib à la destniction du cfaanmçon. L'intérêt considé-

EXPÉRI£MC£à DE LA GUERKE.

« rabld qu'offoe cette question, en dehors môme de Tensilage , me fait

« désirer vivement qu'elle soit étudiée sous toutes ses faces, et que les rét « sullats de cette étude soient ronstalés aussi autlieutiquement que pos- « siblc. Mais la Commission a déjà remarqué que ces résultats ne constia tuent pas l'objet spécial pour lequel elle a été instituée, et c'est une « observation dont je suis le preuiier à reconnaître la justesse. Il importe, tt en effet, qu'il soit bien établi qu'un insuccès dans une tentative faite « pour détruire le charançon dans un espace d'une, deux ou trois fois ft vingt-quatre heures, et à l'intérieur de capacités imparCaitement closes, « ne porterait aucune atteinte à l'ensilage des grains exécuté d'après les « principes que je soutiens.

« Veuilltti agréer^ monnenr to Pzésident^ etc. « Signé : Doiin». »

La Goamnisnon^ ajuAs avoir pris eounaîassnce de la lettra ei-dassiu^ f»< marque que la piopoutien faite par H. Doytee n'est pas en rapport avec les instmetions oonfenues dans la dépkhe de IL le miiiîstre de la g[aerre> laqpielle dit que M. Doyàre devra se procurer à ses frais un terrain oti local dans leqnel il fera construire les récipients destinés & ses expériences. Ge<* pendant la Commission, prenant en considéxatioa les avantages que peut offrir la construction des silos dans les cavM souterraines du Fort-Neuf, en ee sens qu'i^ deviendra plus facile d'exercer une surveillance incessante sur les opérations, accède k la demande de M. Doyère. Elle exprime toutefois le désir que les silos soient munis dans la partie inférieure d'une iasue quelconque, pour faciliter l'extraction du grain.

Quant aux formes à donner aux capacités destinées aux expériences, la Commission passe outre ; il demeure cependant bien entendu que M. Doyèr*^ no pourra sortir des conditions du système d'ensilage qu'il a proposées et qui ont été acceptée? par M. le ministre de la guerre.

La Commission procède h l'examen des grains qui ont été soumis a 1 action du sulfure de carbone sous le prélart imperméable. Elle se trouve en présence de six tas de blé mis de côté et exposés au contact de Tair ; trois d'euli'b ces tas proviennent de la même couche^ mais n'uutpas été sulfurés, ils sont exposés à Tair depuis deux jours.

La Commission observe que le grain qui a servi aux expériences a encore une légire odeur^ qui^ par analogie, peut-être comparée à celle de ehout fermetés. Cette odeur, qui avait été remarquée dans les séances préoé^ dentée, et dont la Conmiasion s^était vivement préoccupée, semble devoir disparaître lorsque le grain est soumis à une aération complète. M. Doyère, interrogé à ce aujet, fait remarquer qu'il existe une notable dliféreBoe entre l'odeur du blé sortant du silo et celle remarquée aujourd'hui; il en con* dut que puisque apr&s deui jou» de simple exposition à Tair Todeur a sensiblement diminuéf une plus longue durée suivie de quelques pelletagei fiai» pef ftira dispaiattce Pinfeetion. il attribue d'aUIioM M pattie

eâtte odeur persistante à la présexu«e d'une grande quantité de eàaran^ns morts qui se trouvent dans le blé.

M. Doyère ajoute que M. Millon^ pharmacien principal et membre de la Co 111 mission, a trouvé le moyen de désinfecter complètement le sulfure do carbone, et il n'y aurait qu'à faire une nouvelle expérience pur s'assurer si les mêmes résultats séiaicut obtenus avec le sulfure désinfecte.

La Cuiiaiiission se réserve l'appréciation des divers incidents qui poiirraient se présenter ; elle fixera en outre une limite do terme pour taiie disparaître l'infection, et n'émettra son opinion qu'après que les grains auront été soumis aui épreiM de <srib)a0« néeonaire ft l'expulsion du charan^n.

Entre autm olMmtioiis, oa xemaniue qoB U œacAie boudIbb à rietion du sulfîiie a contracté nnè firaklieiir qui^ si elle n'est pe» te HeoUat des aMnipnlelûnu eienéee sur le grain^ ne peut proveoir qUB de VInflnence de l'agent ehtmiqiie employé pour détruite le chartaton.

Ia Gensomeii eontinne sa séance et passe à Peiainen du blé enfermé dans le sUo en sine depuis le IT novembre, e'est-à^diie «futtre jdwn avant la piésante opécation,

I**aEtiafltbn dto blé a en Ueu per les trois ontettures ptati^psiéde but les oétés du silo.

Soumis & on teausage énergifùe5 le blé nè eon^nt plt» «n <3iarançnn vivant ; le résidu OU produit de ce tamisage na présanle que des

débris de cet insecte ; il est même à remarquer qu'il se trouve jHresque carbonisé, et qu^ii tend par cela même à se réduire en poussi&re ; cette circonstance ne peut être attribuée qu*4 la durée du séjour du sulfure dans les récipients.

La Commission, satisfaite des résultats obtenus dans cette expérience, décide que le blé sera transporté dans une des salles da Fort-Neuf, pour servir ultérieurement à diverses expériences et opérations, telles que criblage , mouture et panification.

Les membres de la Commission se transportent au Fort-Neuf pour s'occuper de l'application qui "doit être faito sur une grande échelle de l'as^ sainissement des grains au moyen du sulfure de carbone.

Elle examine la voûte, qui doit être imperméabilisée, et qui est destinée à recevoir 5,000 ou G, 000 quinlaa.t métriques d'orge.

La séance se teriiuiie par l'examen d'une petite quantité d'orge que M. Doyère, sur la domando de M. Michon, officier comptable des fourrages, a traitée ai; moyen du sulfure de carbone, dans im petit tonneau en zinc, de la contenance de deux beetolitres environ.

Les résultats obtenus sur cette denrée sont les mbnes que les précédents, c'est-à-dire qu'il y a, comme sur le blé, destruction complète du charançon.

la ^entité employée est de 2$ grammes.

. It'oige sulfiirée «îiale une edeur nauséabonde. Dans cet état, on peut craindre que ces grains ne ittiénl un objet de répulsion pour les anbiiauz.

EXPÉRIBNCBS DE LA. GUEHRB.

La Commîpsion, voulant s'assurer immédiatement de l'effet que cette denrée peut produire sur les animaux, lait présenter aux chevaux et mulets qui stationnent sur la route une certaine quantit<^ d'orçe ; elle remarque que tous en prennent avec plaisir, pour ne pas dire avec avidité ; il semblerait résulter de cette expérience que Taction ou l'odeur du sulfure de Cfirbone, loin de repousser l'animal, serait pour lui un objet d'appétence.

L'orge soumise à cette épreuve sortait du tonneau : il y a lieu de croire qu'elle perdra l'odeur qui lui a été communiquée à la suite de quelques pelletages en plein air.

Cette dernière opération n'ayant eu lieu qu'accessoirement, la Commission ne se prononce pas; elle iéseiTe son avis apite d'antros expériences pour lesq[iielles elle filera une date.

La Commission^ préoccupée de la conservation des orges du service des fourrages qui sont euTabies par le cèarançon^ a décidéj sur les olE^ de M. Doytee^ de traiter par le sulfure de carbone toutes les quantités de cette denrée que pourrait contenir la Toùle n* 3 du Fort-Neuf, c'est4Hlire environ 6j000 «pûntaux métriques, les frais d'imperméabilisadon et d'appropriation dudit local étant & la charge de M. Doyèie, les fraîs de manusuvre des denrées à la charge de l'administration.

Et ont signé les membres de la Commission, ainsi que H. Doyère.

: Entons^ Uiuoh, Yauibr, DoxIerb, iUiiomK» db Guiaon et Donot.

Poar eoj^le cenforme s L'Intendant mlUlalre de te diviiioa.

Signé : DoHOr.

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