‹ Conservation des grains par l'ensilage. Recherches et applications expérimentales faites depuis 1850 pour démontrer la conservation des grains par l'ensilage souterrain hermétiqueChapitre 27 sur 67 · TROISIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE

Extrait du regi$tre des procès-verbaux de la CommittUm iupérieure

des suésistanees militaires.

Expéri«3BMSS velaflraB la ilestrnolln des «kans^mi par le snlAure de ettvhoM.

Bi^ùrt de te Sous-Commission chargée de fm les ^gpMenees sur Ven^bn du sulfure de carbone pour ta destruction des inseetes parasites des grains.

Dans une dépêche en date du 20 septembre 18ô7, adressée à M. l'intendant ;.'t''iiéral Buuaissier de Bernouis, président de la Commission supérieure et consulUitive des subsistances militaires, et relative aux expérieju-es .sur les procédés Doyèrepour la c(»iiserv;itii)n des grains, S. V.xç. M. le auuklre de la f^uerre, après avoir établi ([iic les faits acquis dans le passé comme aujourd'hui permettaient de se former une conviction sur reliieaciié de l'ensilage dans des récipieuts métailiqnes entièrement clos, a l'ait remarquer que^ pour ce qui concernait l'emploi du sulfure de carLoiiej il restait à éluddemn point de la plus grande importance, saToir : rinflueiice de cet agent sut l'économie animale, et il a prescrit que la Commission supérieure fit des expériences dans ce sens.

La même dépêche résume comme il suit les diveises questions & examiner :

1* Le sulAure de carbone estpil nuisible aux personnes qui rappliquent?

2* Combiné avec le blé, d'évapore-t-il complètement l'air libre?

.1* Si une partie de »on action persiste dans le grain et dans la farine qui

BXPBRtBNCBS DE LA GUBRKB.

en pnnrient^ est-elle de nature ft causer des tronUes dans les organes digestifs de l'homme on d'exercer nn effet nuisible quelconque Y

4* Même question pour l'orge et l'avoine destinées aux bestiaux.

5* Existe-t-il un moyen d'annihiler les effets du sulfure de carbone?

6* Enfin> parmi les agents similaires non encore classés au nombre des anesthésiqueSf en est-il quelqu'un qui ne présente pas les mêmes inconvénients que le sulfure de carbone et dont le prix soit aussi modéré ?

Tel est le pro^omme qui ^tait tracé & la^Gommission svqpérieure par la dépêche ministérielle précitée, programme de questions dont h solution devait, d'après la même dépêche, être poursuivie concurremment h Paris et à Alg* r , afin que les phénomènes qui se produiraient sous des latitudes et dans des conditions différentes pussent se contrAlRr miitiiollement.

Par une seconde dépêche relative au même objet (l'emploi du sulfure de carbone) et datée du 27 octobre 18îî7, M. le ministre a demandé que si la Commission supérieure croyait devoir proposer l'adoption dudit agent comme insecticide, elle traçAt en même temps imc méthode qui fût de nature à prévenir tout accident dans l'emploi de ce liquide.

Dès le 3 octobre 1857, après avoir entendu la lecture de la dépêche ministériella du 26Reptemhr(> précitée, la Comrnibsirm supérieure avait désigné une Sous-Comniission chargée de faire les expériences nécessaires pour arriver à la solution des questions posées par ladite dépèche.

Cette Sous^Conmiission, composée de :

IDI. Le médecin-inspeeteur, Micbbl lân, PrMiera;

Le sous-intendant militaire Wou, Membre;

Le docteur Poggulb, —

Le chef de bataillon du génie Fournier, —

s'est réunie le 6 octobre pour arrêter h prnj^ramme qu'elle aurait àsuivre^ et a commencé immédialement ses opérations.

Elle vient aujourd liui rendre compte du résultat des recherches auxquelles elle s'est livrée.

Les expériences qui ont été faites peuvent se diviser, comme il suit, en trois séries disttnetes :

4* Expériences faites à Asnières;

2" Expériences faites à la manutention du quai de Billy ;

3* Expériences de laboratoire.

On va d'abord exposer séparément et successivement les expériences de chaque série^ en suivant pour chacune d'elles l'ordre même dans lequel les faits se sont accomplis ; puis, prenant une & une les questions posées par H. le ministre, on réunira en regard de chacune d'elles les faits et les résultats qui, dans l'ensemble des expériences, sont de nature à fournir la réponse ou la solution cherchée.

Tioisiàaix siRiB.

§ I". — Expériences d'Asmères.

La Sous-Commission .1 pensé qu'il était important d'étudier Tactioii du lulfare de carbone i^ur le blé, en se plaçant dans les conditions mêmes qui seraient rellos de la pratique du services!, tôt ou tard, l'administralion se décidait à employer l'ensilage dans des vases métalliques hermétiquement fermés, combiné avec l'emploi de Tinsecticidc dont il s'agit.

£q conséquence, olio s'est adressée à M. Doyôre, qui a mis à sa disposition les silos existant à Arfiiièies.

Li Soiis-Ci»Mimission s'est transportée sur les lieux, le 12 octobre 1857, et a procédé rumme il suit :

Elle a fait ouvrir dVijjord k* silo a° f .

Ce silo, d'une capacité totale de ;;4 à i>i> hectolitres, contenait i!»!,, i-'^ Je blé de k récolte do 1 8r;4 , qui avait été ensilé le 1 5 juillet 1 85S, après avoir été préalablement séché de manière à ne plus renfermer que 13 pour 100 d'eau, au lieu de 17 environ pour 100 qu'il renfermait auparavant.

Ce nlo était rempli jusqu'à Torigine du col. Immédiatement après qu'il a été ouvert, on y a descendu une bougie allumée ; la flamme de cette bougie n'a épiouTé aucune variation, ce qui démontrait l'absence d*une quantité sensible d'acide carbonique.

Après «voir pris un échantillon du blé enfermé dans ce silo et qui n'avait pas encore été traité par le sulfure de carbone , on s'est occupé des opéiationB fort simples^ comme on va le voir, relatives à l'emploi de cet aneathésique.

If. Doyère, consulté sur la quantité de sulfure qui serait nécessaire d'après lui, nous a répondu que 2 grammes par hectolitre seraient suffisants pour un tiio établi dans de semblables conditions.

La Sous-Commission a été unanimement d'avis que, dans le but do rendre les résultats de ses expériences plus conclnants, il convenait de forcer la proportion indiquée par M. Doyère et do la porter à " grammes par hectolitre, soit 250 grammes en nombre rond pour la totalité des 49i>,48 de blé logé dans le silo n" \.

L'opération a consisté tout simplement à verser dans re silo, au nioyea d'une éprouvette en verre arraduée, 200 eentimètres rubiss de sulfure qui eorrespondent à 250 gr.immes , puis à reboucher imnn'-dialeinent Tonverture du silo. Pendant cette opération, qui a dure loul .tu plus le temps que nous venons de mettre à la décrire, l'odeur du sulfure s'est répandue et s'est fait seutir dans la pièce où est placé le silo; mais elle avait disparu après quelques instants, et il est inutile d'ajouter qu'aucune des personnes p i é ieut ei n'en a été le moins du monde incommodée.

Le couvercle ayant été replacé, on a lié avec une forte ficelle les diverses parties de l'obturateur et apposé le cai^et de la Sous-Commission sur les

BXPBRIBNCE8 DR LA GUBRItE.

tlftux extrémités tie celle licelle, préalablement réunies el euduiles de cire à cacheter.

La Sous-Commission a £ait ouvrir ensuite le silo n* 2.

Ce flilo^ d'une capadté totale égale à celle du précédent, eontenait de blé de U fécolte de 1884, gavaient été ensilés le 16 juillet 1855, après avoir été piéalablement séchés de manière à ne plus renfermer que 14 environ pour 100 d'eau, au lieu de 16 à 17 pour 100 qu'il lenferoiait auparavant.

Le principal but de la Sous-Commission, en optant sur ce deuxième silo» était de se placer cette fois, en ce qui concerne le poids de sulfure à employer pour un poids donné de blé, dans les conditions indiquées par M. Doyère pour la pratique habituelle, de telle sorte que, dans le cas où il serait reconnu que le sulfure peut exercer sur le blé ou sur ceux qui le consomment ou k manutentionnent une action nuisible, on ne pût pas nous objecter d'avoir forcé la proportion indiquée par M. Doyère comme suRlsante.

En conséquence, onaversé dansce deuxième silo 100 grammes seulement de sulfure de carbone, soit, en nombre rond, 2 grammes par liectolitre.

Tout ce qui a été dit, du reste, pour le silo n» 1, serait à répéter pour le silo n<* 2; les observations faites et les opérations ont été identiques dans les deux cas.

Effets du traitement par ie stUfitre de carbone,

La Sous-l^jniniissiun s'est transportée de nouveau à Asnières, le 16 j.Tiivier 18ii8,par cou&équeut trois moiset quatre jours après an première visite.

Elle a constaté que les cachets qui avaient été apposés par elle étaient parfaitement intacti»-

Le silo n° 1 ayant été ouvert, il s'euest exhalé uue odeur prouoncéa de sulfure de carbone ; une bougie allumée, que l'on a descendue dans le silo, ne s'y est point éteinte; un ouvrier, qui y est descendu immédiatement après, a déclaré, après dix minutes, qu'il n'éprouvait aucune espèce de gène ou de malaise > et qu'il étâit disposé & vider le silo complètement, si on le désirait.

Les membres de la Sous-Commission ont pu s^assurer par eux-mêmes que l'odeur allait en s'aflfaiblissant rapidement une fois que le silo était ouvert, et que, dans le blé extrait et amené au contact de Tair, cette odeur était beaucoup moins prononcée.

On a ouvert ensuite le silo n* 2, celui dans lequel la quantité de sulfure introduite avait été calculée à raison de % grammes seulement par hectolitre.

Ici, comme on devait s^y attendre, l'odeur était presque inappréciable au moment de l'ouverture du silo, et dans le blé extrait eUe était pour ainsi dire nulle ; la flamme d'une bougie qu'on a descendue dans ce silo n'a épmnré absolument aucune altération.

...... ^le

VAOIBlblB SÉm

^ afiût pendre, dans eliacuii dos deux nlos, tims sacs d» Ué fuî ont été îesméB et cachetés en notre présence.

La Sous-Gommission avait eu d'abord la pensée de sonmettve le blé sulfuré extrait des deux silos d'Asnières à des essob de mouture et de panification ; mais les expériences du même genre qui, ainsi qu'on le Terra plus loin> avaient été faites à la manutention du quai de Billy, dans le courant de novembre i sur des blés sulfurés à un bien plus haut degré> lui ont paru assez décisives pour rendre de nouveaux essais entièrement inutiles.

Nous ajouterons seulement que les blés extraits des deux silos d'Asnières éimit porfeitement conservés; qu'A leur arrivée à Paris ils n'avûent plus d'odeur appréciable, M. le docteur Poggiale y a constaté la présence du sulfure de carbone dans les échautillons conservés en flacons botichés; mais il a suffi de les exposer au contact de l'air, mâme.sans agitation, pour volatiliser entiàrement cette substance.

§ 2. ^ Expènenm faiUs à la mamUmUm du quai de BiUy,

Le <4 oofobrp 1857 la Soiis-Commissiou s'est transportt'f, a la manutention du quai de BiUy, où .se trouvait également M. Duyère convoqué pareil»^.

Les expériences que nuus nou.s proposions de faire dans ce t établissement avaient principalement pour but df* traiter par le sulfure de carbone du l>lé disposé sous (iés prélarts imperméablrs, en variant les doses, et de soumettre ce blé à des essais de njouturo et de panitication ; ces mêmes expériences devaient subsidiairement nous permettre de recouuaitro si l'action insecticide du sulfure de carbone étaii aussi énergique sous la latitude de Paris qu^elle paraît l'avoir été en A&ique.

Voici ce qni a été fut le 14 octobre :

6n a fiût disposer sur le plancher du troisième étage du grenier K un tas (que nous désignerons pour abréger par le n* 1) de dix quintaux de blé tendre charançonné, et on l'a recouvert avec un prélart de l'administration, le tout présentant i peu près la forme d'un o6ne droit.

Au centre du tas, c'est-Ar-dife au sommet du céne, on a praei dans le prélart une petite ouverture par laquelle en a versé, toujours au moyen de Téprouvette graduée et d\in entonnoir à col long et e£Qlé, 240 centimètres cubes de sul fure de carbone correspondant & 300 grammes, soiti 90 grammes par quintal.

6n a recouvert le tas n** 1 d'un second prélart doublé, fourni également

par l'administration, et onaluté les bords avec de la terre gra:9se corroyée.

D'après M. Doyôre, la proportion normale de sulfure à employer quand on traite le blé sous un prélart serait de 10 grammes par quintal ; comme

on le voit, la dose avait été triplée pour le tas n" 1 .

Ce même jour ou a fait disposer :»ur le même plancher un las (n" 2) de KO quintaujk de blé dur non charan^onné, et on i'a recouvert avec un {Hfé-

SXPiRlENCBS DE Là fiUERRE.

lart apjpartenant & H. Doyère, prâlart dont les boids ont été leniblaljloinoDt enduits d6 terio glaise. Trois OuTOrturos de petite dimension destinées A donner passage au col de Tentonnoir, ont été pratiquées dans le prélart^ au sommet du tas de forme conique^ les deux autres symétriquement de part et d'autre du sommet et vers le milieu de la hauteur; par chaenn de ces trous, on a versé 200 centimètres cubes de sulfure, ou en tout 600 centimètres cubes correspondant è. 750 grammes, soit & 18 grammes par quintal.

Le lendemain 15 octobre, et précisément vingt-quatre heures après Topération qu'on vient de décrire, la Sous-Gommission s'est trouvée réunie de

nouveau â la manutoution.

Elle a fait découvrir le tas n" 1 ; les charançons étaient vivants, quelquesuns seulement paraissaient engourdis; il s'exlialail très-pou d'odeur du tas; mais quand nn en a a|?i1é lo blé, il s'en ost dégagé iino odeur trèsprononcée do sulfure de carbone, qui a bientôt disparu. La Sous-Commission a fait découvrir ensuite le tas n» 2, et a reconnu qu'il s'en dégageait une odeur très-appréciable à la distance d'un mètre environ.

Il y avait donc, sous le rapport de Todour, une diiiérence marquée entre les tas no* i et 2, différence que M. Doyère attribua à ce que les prélarts de Tadininistration étaient beaucoup moins imperméables que celui qu'il avait fourni.

Quoi qu'il en soit de cette explication, ce qui attira toute Tattention de la Sous-Commission, c'est que dans le tas n* 2 on reconnut la préseoce de quelques charançons vivants.

L'action insecticide du sulfure de carbone avait pu être différente dans les deux tas expérimentés; mais & eov^ s6r elle avait été incomplète aussi bien dans le tas n* 2 que dans le tas n* I .

Il y avait là un &ît qui étûten désaccord avec ceux signalés par la Gom» mission d*Alger, et il importait de réclaiieir complètement

Sur la demande de IL Doyère, on ajouta au tas n* 2 (qui avait été formé, on se le n^pelle, avec du blé non charan^nné) une asses grande quantilé de cbaiançons vivants, et on laissa les deux tas jusqu'au surlendemain^ sans y ajouter de nouvelle quantité de sulfure et sans les recouvrir.

Le 17 octobre, la Commission est réunie de nouveau à la manutention et examine successivement lestas n** 1 et 2*

Pour le n* 1, elle redonnait que, quoique ce tas soit demeuré quarantehuit heurMi découvert, un bon nombre de charançons qu'il contenait sont morte, mais que la plus grande partie n'est qu'engour^ et se ranime au contact de l'air.

Quant au tas n° 2, les charançons qu'on y avait déposés l'ont quitté et se sont répandus sur les murs environnants.

On constate, en outre, et c'était là l'objet que la Sous-Gommission avait prîndpalemeat en vue dans cette dernière expérience, que l'un et l'autre

TROJdiàMB SÉRIE.

taa, apite.dtre irostte pendant quaiant^huttheuns exposés à l'air^ ne donnent pins trace d'odeur^ même de tièB-piès.

Les eqtâriencee commencées le 1 4 n'ayant pas donné jusqu'à présent de résultat eu ^id & la destruction des chaianQonsy on recommence sur nouveaux &ais^ comme ilsuit : on recouvre le tas n* 1 d'un prélart impennétible et on y verse 300 grammes de sulfure de carbone^ soit 30 grammes par quintal ; ce mteie blé avait déjà legu 300 grammes trois jours auparavant, le 14 octobre.

On recouvre également le tas n» 2, après y avoir préalablement ajouté un kilogramme de charançons, avec le prélart appartenant à M. Doyère qui avait servi dans la première expérience, et on y verse i kilogramme de sulfure de carbone, soit 20 grammes par quintal; ce même blé avait reçu déjà 730 grammes le 14 octobre.

Les bordfi des deux tas sont lutés avec de la terre grasse, comme à Tordinaire.

Le 19 octobre, la Sous-Commission fait découvrir un coin du tas n" 4, et constate, qup cette fois il s'en dégage utio odeur très-prononcée; une certaine ([uanlilé de blé prise dans ce tas vsi jetée sur un crible préalablement échaudé; les cbarançous qui en tombent paraissent tous être engourdis; mais, peu à peu, on voit le plus grand nombre d'eutre eux se ranimer sur le papier sur lequel on les a recueillis, et liualemenl tous reviennent à la viti après qu'on les a exposés au contact de la chaleur.

On [ Cl juvre le tas n" 1, et on no touche pas au n* 2.

A partir de ce moment, le las n" l seulement a été visité tous les deux jours, dans le but de reconnaître au bout de combien de jours les charançons de ce tas seraient complètement morts. Quant au tas n" 2, on ne l'a yisité que de loin m Icdn, afin d'éviter les déperditions de sulfure.

Voici les résultats qui ont été ocmstatés le 2 novembre, par conséquent douie jours après rintroduetion pour la deuxième fois de l'agent insecticide.

Les charançons du tas n* 1 sont vivants, et môme rien n'annonce qu'ils doivent cesser de vivre plus ou moins prochainement; le blé ne conserve presque plus de trace de l'odeur du sulfure.

Le tas n* 2 ayant été découvert le même jour, on reconnaît que les eba^ lan^ns recueillis sur ce tas sont presque tous morts, et quelques-uns même complètement dessécbés; toutefois, on en remarque qui paraissent seulement engourdis, et qui, effectivement, se sont ranimés ajôès vingt-quatre heures au contact de Tair et de la chaleur. Le blé a conservé une odeur très-prononcée de sulfure de carbone. Les deux tas continuent à rester couverts jusqu'au 1 3 novembre ; on les découvre alors, et on rccoimait que les charançons du tas n* 2 sont tous morts, et en grande partie desséchés, que ceux du tas n<* 1, au contraire, sont encore, pour la plupart, en pleine vie.

Si jnom considérons maintenant le tas n* 2 qui avait été recouvert dèe Vorigine avec un prélart prêté par M. Doyère> qui avait encoro, après donie

£XPER1£N£B8 DE LA GUERRE

jonn, àiBai|^'o6 l'a dit pivB hk&t, une odeur trèsHontiioée de snlfiuej nous voyons C[ue ce n'est ^'au boni de yingUttoit jmin que les chann^otu déposée dans ce tB8 Ont été complètement morts» et eela, après rintroduction d'une énorme quantité de sulfure, i 5 grammes par quintal à ia première npénitioTi, et 20 grammes i la seconde, en tout 35 grammes par quintal.

La Sous-Commission, d'accord en cela avec M. Doyère, a attribué réuorme différence qu'il y a entre les résultats obtenus à Alger et ceux qu'oii Tient «l'oxjjoser à la difTérence do température *.

Ouaut an tas u" i , puur lequel le résultat a été entièrement iiégatii, malgré la proioagatiou de l'expérience, Tinsuccès peut s'expliquer eucure par cette double circonstance, que les prélarts employés n'avaient pas le même degré d'imperméabilité cjue celui appartenant à. M. Doyère, et que la couche de blé dont il s'agit s'est trouvée avoir éti^ établie précisément au-desaus (1 un (les silos Huard, de telle sorte que l air a pu se renouveler dans cette Couche et le suU'ure s'éouuler au travers des interstices du plancher.

Quoi qu'il en soit, la partie des expi'rii'ni . s dont nous nous occupons en ce moment prouve que iurbqu'ou veut traiter par le jiulfure de carbone des blés placés simplement sous des prélarts, l'opération n'est ni aussi sûre ni auoi ezpéditive, dans tous les cas, qu'on était porté à le croire, et qu'il y â. lieu de se préoccuper des conditions partl6aliftre8 dans lesquelles on agit^ et principalement de la température du milieu dans lequel on upèro, dvi degré d'imperméabilité du prélart qui recouTre le blé^ et du sol ou pianchër sur lequel la couche repose^

Pour élucider la question autant que possible, la Sons^ommissioti ayoulu làire une nouTelle expérience^ en se plaçant cette fois dans dès oondltiena entièrement foronbles.

En conséquence^ le 14 novembre, après avoir prélevé un tac sur le blé de l'ancien tas n* i« elle a lait disposer ce blé en une nonvëlle eodofaO de forme conique dans le magasin aut farines situé ali-dessous des fours de la double bouJan^rîe ; ce tas a été recouvert d*ml prélart qui avait été préparé préalablement comme il Suit ; on avait appliqué intérieurement nné coudie de peinture è la colle avec blanc de Meudon, et parniessus edlfr'ai une couche d'huile siccative | la surface extérieure avait été recouverte d'ilne couche de peinture à l'huile^

Le tas ainsi formé et recouvert, et les bords ayant été lutés comme & Vw* dinaire^ on y a versé 400 centimètres cubes de sulfure de carbone ou SOO grainmes, c*est-è-dire un peu plus de 50 grammes par qtiiutal métrique^

^ .1 ai verilié tiepuis, par des expériences directes, cette inllueoce de la tompéralure i\m 11 avaii pas été remarquée dans les expériences d'Alger. Ici ou avait opcre sur des blés fortement èchMfféa et qat faisaient monter le thermomètre que Ton y plongeait jDsqu à 30 et 32 degrés, tsdè's que là tMisfëmé série d'éxpérietiéei nySnt été fcftié & Ihn--, en odolirrî pt novembre, les LIt's sur Jpsqnels opt'ra b Oomnission n'avaient pas Htte lempérature moyenne plus élevée que de 8 à 12 degré». L. DetÉBi.

TROISIÈME 8£Rl£

à làkié es ttè MQotftett péndAttt qùanilto^hYkit hèma, lâ totUpintU» du magasin ayant 'viirié pen^t ce tampa de 15 degtés i 11 dentés tilois quarts.

Le 16 novembre, la SoOB-Commission a constaté les charançons étaient morte et dessâdiéai et que le blé avait une odeur extrêmement forte*

Elle a ftit commencer immédiatement les essais do mouture et de panifieatidti en employant, d'une part, le blé tondre dont il vient d'ôtre question^ lequel avait été traité trois foi» par le sulfure de catboup, ]c 14 ortobrS; à la dose dé 30 graTlimcs par quintal, le 17 octobre, à la dose de 30 grammes nncore, et tout récemment, le 14 novembre (nous sommes au 16), à la dose énorme de plus de 50 grammes, et en employant, d'autre part , le blé dur du tas n» 2, lequel avait été traité deux fois par le sulfure, ainsi qu'on l'a déjà dit.

Rendtiiip rnmpto d'abord des nbservatinns qui ont ('té faites p(»ndant la mouturo, la([iit'llr a eu lieu If I (> uDVtnnbrc, par consf'ipioiit le jour même où on a dn-nuvert le blé tendif pour r'riisachrr iramédatemeût, et truis Jours apK's la mise eu saes do la couche de blé dur.

Blé dur. L'odeur du blé était faible; pendant la mouture, elle est devenue asseï prononcée : la boulange également a exhalé une forte odeur taut qu'elle a été chaude, une i>deur très-falble quand elle a été refroidie ; dans la farine, après son rafraîchisse mctlt, Todeur avait presque complètement dispara. Même observation pour le son, avec culte différence, toutefois, que le sou rafraîchi conservait encore une odeur appréciable.

Bté tendre. Ce blé, avant la mouture, avait une odeut très-prononcée qui a augmenté encore sous la meule ; la boulange, après avoir été tvft'oidie, exhalait une odeur très-appréciable $ dans la fiu^ine, an contraire, quand elle a été compléieiikeiit froide, l'odeur était ft peine sensible, plus sensible cependant «lue dans la fttritie pfoteuBnt dti blé dut.

Quant aux sons du blé tendie, ils exhalaient une odeur extrêmement forte au sortir de la meule, odeur qui a diminué pal* le tefiroidissement, nais sans dispandire.

h» ébee^taiioiis faites» sttr la monture des deux espéees de blé se corres^ pondent, comme en voit» par&itement; seuleiDoent Todeur a été plus pro~ ttoncée pour le blé tendns qde pour le blé dur. On seirait tenté de conclure

1& <Jue le premier, par suite de sa nature plus poreuse, absorbe et conserre plus facilement Todeur de sulfure; mais il faut remarquer aussi que le blé tendre avait été traité trois fois par le sulfure, et à la dernière fois à H dosé de 50 grammes par qUintal, taudis que le blé dur ne l'avait été qud deux fois et à raison de 20 gramimes seulement pat quSntal dans la seconde expérience.

Passons maintenant i la panification.

Les deux farines, examinées attentivement en présence de la Sous-Gom*

mission par M. l'officier principal comptable de la manutentioD^ ont para officir toutes les conditions nécessaires pour faire de bon pain.

On a constaté que la légère odeur de sulfure que piésentail surtout la fa^rine de blé tendre était très-facile à évaporer; ainsi un sac tenu simplement ouvert, ne sentait plus au bout de quelques minutes : il fallait, pour retrouver quelques traces de l'odeur du sulfure, aller chercher une poignée de farine dans le fond du sac, et cette légère odeur elle-même disparaissait après que la même manœuvre, répétée un certain nombre de fois, avait produit une sorte de ventilation dans le corps du sac.

Il a été employé un qxiintal métrique de farine par essence ; les chefslevaius (2 kilogrammes de pâte environ chacun) ont été prélevés sur le levain de la fabrication de la nuit, c'est la seule q[uantité de farine étrangère qui soit entrée dans la fabricaiiun.

La marche des levains n'a rien présenté d'extraordinaire ; ils ont poussé rond et ont pris un bon développoment ; la pâte s'est Lien travaillée.

Il est à remarquer que les ouvriers qui n'avaient pas été prévenus n'ont soupçonné aucune odeur pendant l'opération du pétrissage.

On a obtenu cent quatre-vingt-ftix rations de pain pour le quin^ métrique de âtrine de blé tendre» et cent quatre-Tingt-quatone ladons pour celui de fiurîne de blé dur, déduction &ite d'une quantité de pftte égale h celle qui smi été prise pour servir de levaia«dief. La lume employée au tournage a été prise sur celle en expérimentation.

Lors de l'ouTerture du fouilla buée du pain n'a donné .aucun indice d'odeur étrangère au pain de froment» Â la sortie du four, un pain de cha* que essence a été immédiatement ouTert ; tous deux présentaient les canust&res d'un hm pain de munition ovdinaire, sans la moindre trace d'odeur de sulfure ; & la dégustation ooeuD goût étranger n*a été remarqué.

En résumé, la fabrication du pain avec la fiuine provenant des blés sul.* furés s'est faite dans de bonnes conditions à tous égards, et les produits ont été Identiques avec ceux qu'on obtient ejk employant dans les eonditioiis normales des denrées irréprochables.

Un pain de chaque farine a été envoyé à chacun des membres de la Sous- Commission, qui ont reconnu unanimement que ces pains avaient tons les caractères et toutes les qualités d'un bon pain de munition.

Les trois cent quatre-vingts rations fabriquées ont été, déduction faite des pains dont il vient d'être question, consommées par les ouvriers d'administration ca^ernés à la Manutention du quai de Billy, lesquels n'ont pas même soupçonné l'expérience à laquelle ils prenaient part sans s'en douter.

Les conclusions qu'on est en droit de tirer des faits qui viennent d être rapportés ont ^ ti confirmées, ainsi qa'on le verra, par les expériences de laboratoire dont ou va rendre compte.

TROISIÈME SÉAIE,

ExfMgnte» faUa dans le kAoreioin parM^k éoekm' Poggiale.

Dans ces expériences on a eu prindpiileiiioiit pour but de chercher la réponse aux questions n«* 2, 3 et 0 du programme formulé par la dépêche

ministérielle du 2fi septembre 18S7 ; ces questions senties suivantes : 2° Le sulfure de carbone combiné avec la blé s'éTapore-l-il compléte-

meut à l'air libre ?

3° Si une partie de son artion persiste dans le grain et dans la iariuo qui en provient, est-elle de iiature à causer des troubles dans les organes digestifs de l'homme ou à exercer un efît^t nuisible quelconque?

fi**Eniiu, parmi les agents similaires non eucore classés au nombre des auéstbésiques, en est-il quelqu'un qui ne présente pas les mêmes inconvénients que le sulfure de carbone, et dont le prix soit aussi modéré?

C'est par la sijdème et dernière question que M. le pharmacipn en chef Poggiale a commencé tout d'abord, en attendant que les expériences entreprises h Asnières et à la Manutention lui eusseuti'ourui les éiémentâ nécessaires pour les essais à fairo sur les blés sulfurés.

Voici comment M. le docteur Poggiale rend compte de la première série d*eipérieneeak

€ Il a élé fSût un gfand nombre d'expériences ponr étudier les effets de dhenes substances sur les charançons.

« Nous citerons parmi celles qui ont été employées le chlorure de sonfre, ressenoe de moutarde^ la bensine, le sulfure de carbone, le cblorofonne, lanitrobensine, Taldéhyde^ Thuile de naphte, les éthers formique^ acétique etsuUuriqoe^ Talcoolamylique, etc. Sous l'influence de ces divers agents, on Toit d'abord les chaian^ns courir dans tous les sens arec une grande TiTacité; puis lents mourements deviennent plus lents> et, au bout d W temps ▼amblej suivant la substance employée, ils restent immobiles^ et enfin, ils meurent. Il suffit de verser une ou deux gouttes de substance dans un flacon d'nn litre pour empoisonner tiès-promptement ces insectes :

c On a résumé» dans le tableau suivant, les expériences qui ont été exé* entées:

HortbMScfortiH Hwk eamtielk de moutarde*

pswvBllttad'iir.

1 Morts au bout de quelques minutes, i/t Sans mouvement une heure après. Morts dans bi journée. 1 /6 Sans mouvement une heure et demie après* Id,

Chiotun de twfre*

Morts au bout d'une demi-beure.

Sans mouvement trois heures après. Morts dans la journée. Morts le lendemain.

1/2 t/ft

178 EXPE&ISNCBS DE LA. «UERRE.

Nombre de goutlei CkhrOfitmi.

pour un UUe d'air. '

5 Horts dans la journée.

2 Sans xnouTAmBiit une heure aprds. Morts dans la journée.

1 Dix minutes apxèe ilsmarcbent difficilement Uorts le lendemain.

5 Morts dans la Journée.

2 Sans mouvement une heure après. Morts le lendemain.

1 Sans mouvement deux heures aprte. U,

Niirobentim.

5 Morts dvins la jounit'(i.

2 Sans niouvemeut deux heun ^ après. Morts le lendemain. I Sans mouTement trois hcurei^ après. Id*

Aldéhjfde, 5 Morts dans la journée .

S . Sans mouvement deux heureeaprès* Meurent dans ta journée.

1 Sans mouvement le lendemain.

Huile de naphlc, 5 Morts le lendemain.

2 Sans mouvement trois heures après. Morts le lendemain. 1 Sans mouvement le lendemain.

Sid/iare de carbone.

1 Sans mouvement quatre heures après. Morts le lendemain. if2 Sans mouvement le lendemain.

5 Meurent dans la journée.

2 Sans mouvement deux heures après. Morts le lendemain, i Sans mouvement le lendemain.

3 Mûris dans la journée.

1 1/2 Sans mouvement trois heures après.

i Sans mouvement le lendemain.

Etfter stdfvtrique»

A Meurent dum, la juunitjc.

4 1/2 Sans mouvement trois heures après. Ne meurent pas. i Ikfarchant difficilement le deuxième et le troisième jours. Quelques jours après ils marchent trùs-bieu et ne paraissent pas malades.

TilomàiiB siaiB. 479

« Ponni OM Bulittencas^ qu8lque»-iiiiee ne peuvent pM étw amplof ées, i eanse de leur odeur repoussante ; telles sont l'essence de moutarde, le chloruK de soufre et la beniînej loraqu'elle n'est pas conTenablement rectifiée.

« La nitrobeniine a une odeui agréable de cannelle et d'essence d'amandes amdres^ mais elle est encore d'un prix trop élevé. 11 en est de même des étliers sulfuriqaoj acétique^ formique, etc.

« Le chloroforme offre des avautages incontestaliles; en effetj il a une légiie odeur étbéréo, il est volatil, il ne s'enflamme pas^ il a une composition stable, et la théorie permet d'admettre qu'il n^ezerce aucune action sur les grains; malheureusemenC son prix est encore trop élevé.

« Parmi ces corps, lesttlfure de cnrLone se recommaude par son énergie, par sa volatilité, par son innocuité et par la modicité de son prix. On peut le considérer, dans l'état actuel de la science^ comme le meilleur ageiit destructeur des insectes. »

î.asecondo série d'expériences faites par M, \c pharmacien en chef Po*;giale avait pouv but de rocherclier le sulfure de carbone contenu dans les blés qui avaient été traitas p ir cet anésthésiqne, soit dans des silos, soit sous des prélarts, de reconnaître si ce sulfure s'evapornit cumplétement A l'air libre ou non, de constat( i- enfin si le sulfure de carbone exerce une action nuisible sur \m blés ou la farine.

Nous allons reproduire le compte rendu de cette seconde série d'expériences.

Recherche du sulfiue di' carhiDif ruidr/tn dmis les blé': tnsHêa ou Ir ailés sous le prélarl.

La recherche des petites quantités de sulfure de carbone dans les blés et dans les farines oBte de grandes difBcultés. Le procédé que l'on a employé consiste à transformer cette substance, au contact de l'air, en acide carbonique et en acide sulfureux, & convertir cehii-ci en acide sulftiriqne, A l'aide de l'acide aiotiquej et à précipiter par les sels de baryte l'aeidesnlfnrique formé.

L'appareil se compose d'un grand flacon de six litres plein de blé ou de fiûine, communiquant d'une part avec l'air atmosphérique, et de l'autre avec un tube en porcelaine chauffé au ronge dans un fourneau à r^arbère. Ce tube est adapté, an moyen d'un tuyau en caoutcbunc, ù un petit appareil à boules de Liebig rempli d'acide azotique étendu d'eau « Bnfio, Tappaieil est terminé par un flacon aspirateur plein d^eau.

Pour faire cette expérience, on chauffe d'abord au rouge le tube en porcelaine, puis on t)tivrft le robinet du flacon aspirateur; l'eau s'écoule, c\U> est remplacée par l'air de l'appareil, qui , à la temjférature rouge, décompose le sulfure de carbone et tranàorme les deux éléments qui le constituent eu acide cariunique et en acide sulfureux.

^SO £XPBBl£MCBâ DE LA GUBRRB.

Void gafll^pes-nnes des «xpérienoes qni ont été dzéeutées en niWant ee procédé.

Prmiire esepérienee. ^ On a ajouté & six litres de blé 12 gouttes de sulfure de carbone (environ 10 giaxmnes parheetolitre) et, après un contact qui a duré buitlieures, on a exposé le blé à l*air pendant douze heures. L'expériencoj flûte comme je l'ai indiquée précédemment, n*a pas fourni d'acide sulfuriqoe.

D'autres expériences exécutéee dans ces conditions ont donné le même résultat.

Deuxième expérienee* — Dans cette expérience, on a TOrsé une goutte de sulfure de carbone dans six litres de blé, on a fait passer Tair sulfuré dans un tube chauffé au rouge, comme on Ta dit plus haut, et il s'est formé de Tacide 'sulfurique.

Trmiime expirimùe* — Du blé tendre, fourni par M. Doyère, a reçu sous un prélart SO grammes de sulfure de carbone par hectolitre, il a été conservé en sacs pendant douze heures^ et bien qu'il n'eût plus d'odeur sra~ sible, il contenait encore du sulfure de carbone.

Quatrième expérience, — On a exposé à l'air le même blé pendant dix^buit heiites, et on n'y a plus trouvé de sulfure de carbone.

XHwquame expérience, — On a versé eu deux fois sur du blé tendra (de M. Doyère) 60 grammes de sulfure de carbone sous un prélart^ et ^urès ravoir exposé à Tuir pendant une quiniaine de jours, il était entiènment débarrassé du sulfure de carbone qu'on y avait ajouté.

Sirièim ex])érience, On a examiné le lendemain plusieurs échantillons * de farine, de boulange et de sou provenant des blés sulfurés, et on n'y a pas constaté la présence du sulfure de carbone.

Septième expérience. — On a versé SUT 0 litres de blé tendre 3 grammes de sulfure de carbone ; le mélange, conservé pendant deux mois duis un flacon bouché, répandait une odeur alliacée très-prononcée et avait une saveur désagréable de sulfure de carbone. Placé dans l'appareil qu'on vient de décrire, il a donné une quantité considérable d'acide sulfurique, mais après l'avoir exposé pendant quelques jours au contact de l'air et à la température d'environ (5 degrés, on n'a plus trouvé aucune trace de la présenre du sulfure de carbone.

Huitième expérience. — On a mis dans un flacon 5 kilogrammes de farine de bonne qualité et 3 grammes de sulfure de carbone, et au bout d'un mois on a isolé par les lavages le gluten, qui était homogène, d'un blanc griaÂtre, souple, tenace et très-élastique.

Neuvième expérience. — Les blés ensilés à Asnières, et dans lesquels on • avait introduit, dans les s*i1ûs mt^mes, les proportions de sulfure de carbone

indiquées par M Doyère, étaient parfaitement cnnsr rvr^ et n'avaient pas d'odeur appréciable, cepeudant ou y a trouvé du sulf ure de carbone. 11 a

TMMSIÀlfS siaiE.

suffi de les exposer au eontaet de Tair pour TolalUiflev Mittecemeiit cette substance, n résulte des expérienees précédentes :

1* Qu^en exposant an contact de Tair les blés sulfutés pendant un temps qui Tarie suivant la température, les cooiants d'air et la pioporlâon de sulfoie de carbone, cette substance dispaiait complètement;

2* Que la boulange, la farine blutée, le son et le pain provenant des blés solfbrés ne contiennent pas de sulfiire 4e carbone ;

3* Que le sulfure de carbone n'ezeice aucune action nuisible sur les blés.

Après avoir acpoté les expériences dÎTerses qui ont été faites par la Sons- Commission, nous allons reprendre une à une les questions qui ont été soumises àla Commission supérianre par S. Exc. M. le ministre de la guerre, et groii^er en regard de chacune d'elles les faits et les résultats qui nous paraissent de nature à fournir la solution cherchée.

i" Le sulfure de carbone esV-il nuisible aux personnes qui l'appliquent ?

S'il s'agissait de répondre à cette question d'une manière absolno, ce ne sont pas les éléments que la Suus-Commission a recueillis et les recherches auxqnelles elle s'est livrée qui perraettraienf iino affirmation catégorique dans un sens ou dans l'autre. Mais, comme la pensée tle M. le ministre a été évidemment de savoir si remploi du sulfura âf. carbone pour le traitement des blés pourrait être nuisible aux personnes qui seraient chargées de Popération dans les cas habituels de la pratique, et par conséquent dans des circonstances nettement définies, nous n'hésitons pas à déclarer que, soit qu il s'agisse de blés ensilés ou do blés simplement placés sous desprélarts, l'opération de l'introductiou du sulfure, telle que nous l'avons décrite plus baut, se&it si rapidement, que la &ible quantité de cette substance qui pourrait se volatiliser ne saurait exercer la nMÙndre action délétère sur les hommes chargés de son emploi. A en sera encore de même quand il s'agira de retirer le blé des silos, soit que le vidage se fiisse par le moyen d'une ouverture pratiquée an bas du récipient, soit que l'on installe une poulie verticalement au-dessus de l'ouverture supérieure du silo, et qu'un homme descende dans son intérieur; nous aTons pu constater» en effet, lorsqu'on a ouvert les deux silos d'Asnières, que l'odeur, asses forte au premier moment, allait en s'afhiblissant très-rapidement, à mesure que Tair extérieur pénétrait dans le récipient, et que l'on n'éprouvait absolument ni gène ni malaise, en se tenant la figure au-dessus de l'ouverture du silo. Dans le cas où il y aurait nécessité de foire descendre un homme dans l'intérieur du récipient pour opérer le vidage, une précaution bien single et complètement suffisante consisterait à laisser préalablement le silo ouvert pendant un quart d'heure ou bien une demi-rbeure, et à agiter, pendant ce t«nps, le blé en agissant du dehors, an moyen d'une g^ule ou d'un long bâton.

En résumé, les membres de la Sons-Gommisnon, après les faits dont ils

£XP£RiENCSS DE LÀ. GUERRE.

ont été témoins, sont unanimoinoiit d'avis que le sulfure de caribone employé en si faible quantité et dans les circonstances qui ont été définies ne saomit être nuisible aux pencnmes char|pâes de r«qpéiiâfm,

2» Combiné avee le ïAé, le sulfure de carbone s'érapoxe-t-il complètement iTair libres

Les expérioncesn** ^, 5« 0 et 7 (Sûtes par M. le docteur Poggials

ne laisBMit absolument aucun doute à ce sujet, et permettent de répondre que lorsqu'on exposo an contact de l'air les blés sulfurés pendant un temps qui varie Buivant la température, les courants d'air et la proportion de sulfure de carbone qui a été employée, cette substance finit par disparaître complètement.

Les expt'rienccs faites en granii à la Manutention dn quai de Billy confirment pleinement) sous le rapport dont il s'agit, celles faites dans le lar boratuire.

Ainsi, le 17 octobre , la Sous-Commissi on a constaté qno les deux tas de blé, n**» ^ et 2,qni avaient été traités le 1 4, le premierà la dose do 30 grammes de sulfure do carbone par quinlrU, U? seriMid à la dose de 15 grammes par quintal, qui étaient restés sovis les prélarts du 14 au 15, c'est-à-dire pendant vingt-cpatre heures, puis avaient été laissés à découvert et exposés à l'air jusf p l 'an 1 7, c'est-»"i-diro pendant quarante-huit heures, ne répandaient plus anciine udenr appréciable,

La différence (|ue nous avons constatée entre les effets insectir idcs du sulfure de carbone, d'un côté dans le tas n"» 1, qui avait été recouvert avec de^ prélarts fournis par l'administration et ne jouissant pas à un haut degré de la propriété d'imperméabilité, qui, de plus, s'était tiouvé placé au-dessus d'nnsilo Hnarl, dent il n'étsit séparé que par on plantes aonimperméable ; d'nn autre cété dans le silo n** 2, qui avait été Meoi}vert d*un prélaft oftant les conditions d'imperméabilité voolnes et «eposait sur un planshev double en firises de chêne et briques formant entreyous, cette diflévenet d'action prouve ^demment deux choses : la première, que le sulfure de earbone n'agit efficacement comme insecticide que lorsqu'il est r^nfenné, ainsi que le blé, dans un récipient imperméable; la seGdnde,qu'il B*évapore et disparaît rapidement, au contraire, quand il est an contact de Pair; t^un de ces faits, d*ailleurs, est la conséquence de l'autre.

Enfin, les observations rapportées plus haut, qui ont été flûtes pendant les essab de mouture et de panification avec des Ués sulfiirés; ceftes notamment relatives A la farino de blé tendre ensaebée, qui perdait eom^étement le peu d'odeur qui lui était resté, après qu'on avait simplement laissé le sac ouvert quelques instants; ce fiiit encore que les ouvriers d'administration n'ont pas môme sonp^nné une odeur étrangère, ni en pétrissant la pâte, ni en la cuisant, ni en mangeant le pain, confirment pleinement^ ainsi que nous le disions, les résultats obtenus dans le laboratoire en ce qui concerne révaporatioB 4u snlfuM au contact de Fair et les indications de l'a-

nalyse chiinifpie, qui a d(?montré (sixième expérienco de M. Poggiale) qwe les A^hantillons do farine, de boulaiifçe et de son provenant desdits blés sulfurés, ne renferiii, lient plus du sulfure do carbone.

3* Si une piirtio de son action persiste dans le graiii et dans iafaiine qui en provient, est-elle de nature à causer des troubles dans les organes digestifs de l'homme ou & eiefcar un eifet nuisible quelconque?

Cette quHdon a singuliktement peidn de son imporfuice du moment où il a été démontré ^'il suffit du contact dePalrpourenloTerauUéeulfaxé la quantité de sulfure de carbone qui y a été introduite. Toutefds^ il était d'un ^land intérêt de constater si pendant le temps où Paetion de Pagent anésIliéBique 0*010»» sur le flroBtent, il ne se produit pas de décomposition diimique, d'altération du grain.

La huitième eipéiience de If . Poggiale lève tous les doutes à eet égard ; 0 kilogrammes de ftrine de bonne qualilé sont demeuién pendant un mois soumis & Paetion de 3 grammes de sulfure de carbone, dans un flacon parfcitement bouché ; au bout de ce temps, on a isolé le gluten par des lavages, et en a reconnu que ce gluten était homogène, d*un blanc grisâtre, souple, tenace, très-élastique, qu'il ofl^t, en un mot, tous les caractères d'nne «stièie et parfaite conservation. Or, 3 grammes de sulfure pour i» kilogrammes de farine correspondent & 60 grammes pour un quintal métrique, c^e8t-&-dire un dosage qui surpasse de beaucoup le dosage normal, celui qu'on appliquerait dans la pratique.

Il a semblé à la Sous-Commission que ce &it d'absence complète d'une action chimique du sulfure de carbone, même employé & très-forte dose sur le blé^ pendant leur séjour commun dans un récipient imperméable, rapproché de cet autre fait, qu'il suffit du simple contact de l'air pour enlever le sulfure qui a été introduit dans le blé, sans tenir même rompte de l'agi- " tation qui so produit naturellonient pendant les op(?rations de l'ensachement, du transport dans des sacs perméables, de la mouture, du blutage, du pétrissage ; il nous a semblé, disons-nous, que ces faits répondaient d'une manière suffiBante ii la troisième question du programme, sans qu'il fût nécessaire do fairo des essais d'alimentation avec de la farine contenant une certaine quantité de sulfure, ou toute autre expérience analogue. 4* Même question pour Torge et l'avoine destinées aux chevaux. Après les résultats si concluants qui ont été obteims eu opérant sur des blés sulfurés et sur les farines en provenant, la Sous-Gommissiou a jugé inutile de faire des essais semblables pour l'orge et pour l'avoine.

Si on objectait que ces dernières denrées sont consommées sans avoir été soumises préalablement aux opérations de la mouture, du pétrissage et de la GuîseoQ, opérations qui peuvent Ikvocîser Pévapoiatioa du sulfure de carbone, nous répondrions qu'il a été amplement démontré par les expériences faites, que l'agitation au contact de Pair dès grains sulfurés est suffisante pour déharnu^er entièrement ces grains du sulfure emplové -,

BXPÉRlBIfCES DE MJL GDSERB

bien plus, la neuvième expérience &ife par M. le docteur Poggiak^ sur des échantillons pcorenant des blés qui étaient demeuiés pendant trois mois soumis & l'action du sulfure de carbone dans les silos dM^nièras^ a démontré que le simple contact de l'air, sans agitation ni Tentilation^ avait suffi pour Tolattlieer entièrement l'agent insecticide.

6* Ez!ste*t*il un moyen d'annihiler les effets du sulfure de carbone?

cette question est devenue sans objet du moment où il a été prouvé que le sulfure de carbone, employé même à très^forte doee, n'exerce sur le blé enfermé dans un récipient imperméable aucune action capable d'altérer la nature et la qualité du grain.

60 Enfin, parmi les agents similaires non encore classés au nombre des anésthésiqnes, en est-il quelqu'un qui no pri^sente pas les mêmes inconvénients que le sulfure de carbone et dont le prix soit aussi modéré?

Il résulte de la première série d'expériences faites par M. le pharmacien en chef Pof^giale, que Thuile essentielle de moutarde et le chlorure de siniffp ont une .iction iucomparablenient plus ('nergique que le sulfure de rarl)one, que le chloroforme;, la benzine, la nitrobenzine, l'aldéhyde, l'étber fiirmique^, Téther acétique et l'huile de naphte, sont entre eux eicomparati\ ement au sulfure de carbone, à peu près tous sur la môme ligne, eu égard à leur action insecticide.

Parmi ces substances, les unes ont une odeur repoussante, comme l'essence de moutarde, le chlorure do soufre et la benzine, quand elle n'est pas convenablement rectifiée ; les autres suat d'un prix trop élevé pour qu'on puisse les employer à l'usage dont il s'agit. Ce dernier inconvénient, surtout regrettable pour le chloroforme, qui offre sous tous les rapports des avantages incontestables, attendu qu'il a une légère odeur éthérée, qu'il est volatil, non inflammable et a une composition stable qui, d'après les indications de la fbéorie, permet d'admettre à priori qu'il n'eievee aucune action sur les grains*

Parmi ces diverses substances, le sulfure de carbone est la seule qui réunisse en même temps toutes les oonditions voulues, énergie d'action, volatilité, innocuité et modicité du prix de revient.

D'après l'opinion de la Sous-Commission, on doit le considérer comme étantj dans l'état actuel de la science» le meilleur agent destructeur des insectes*

Il nous reste & répondre à k demande contenue dans la dépêche ministérielle du 27 octobre dernier, demande qui est formulée comme il soit : « Si la Gonmiission supérieure croit devoir proposer l'sdoptûm du sulfure «•de carbone comme insecticide, elle aura en môme temps à tracer une « méthode qui soit de nature à prévenir tout accident dans l'emploi de ee « liquide. »

Les détails qui ont été donnés dans le présent rapport, au sujet de Tintraduction du sulfure de carboije dans le blé, soit que l'on opère simplement

sous desprélarts, soitquo le blé soit enfermé dans des silos, nous dispensent de produire de nouvelles explications i cet égard; les seuls instruments nécessaires sont, comme nous l'avons vu, une éprouvette graduée perroettant do mesurer le liquide en centimètres cubes (1 centimètre cube correspond à 5/4 de grunme) et un entonnoir à ool long et effilé pour verser le sulibze*

Quant à la conserration de Pagent an^sâi^ique, la Som-CommiaBbn pom» est piéfônlila de le loger dans des Tases «n grès plutôt que daaa. des fiaeons ea yme, ettque, pour plus de précautûm encore^ il conviendia de doubler les lédpienls en grès d'une enveloppe métallique portant un bouchon qui puisse se visser et se dévisser i volonté.

Paris, le 18 lévrier 1858.

Signé : FouRNiEa.

Fmt copie ooafMnM :

L'IalmdaBt féaénl, ]iréildMt é» It CeBUûMisa sapérisare •tenMollativa daswbiistaBSMaïUitairas.

Signé : BonuMm w BkaiiODis.

Expériences ttdiem »Tee le <- on cour» da Slintolèpe

de la marine.

PROCÈS-VERBAUX, COMPTES RENDUS ET RAPPORTS COI^CERNAm' LA COTÎSTRUCTÎON D£ SILOS d'£S8AI hÀ»& LES IBOIS PORIS DE CHERBOURG, BREST ET TOULON

ET îM KEHmKaitkrma nui t ont Éift fàsm sue la goimrhtaiioh

DBS CRAIRB PAE L'BMSILâfiB.

YI

EXPÉAIËNCËS DE U MARINE.

Esinit du marché de gré à gré, sous la date du 30 juin i 858, pour la construC' tion d*m sHo doutai dm» ehaatn des Iroù port» de Cherbourg, Brett et TouUm.

• Je «Nissigiié Doyère (Louû-Miehel-Fiançois» etc.) me «miiietg et m'eagage enven S. Exc. M. le Hinûtie de la marine, stipulant au nom de l'Etat, à élalilv, à lltte. d'enai, tioia ailos répartis dans chacun des tiob porta mi* litaîiesde Gberbouig, de Biest et de Toulon^ aux clauses et conditiona sui- Taates:

AKncLSpRBMiBR. Comme garantie de nos engagements, et à titre de nantissement, je déposerai un cautionnement de 6,000 francs.

Abt. 2. La Ibiine désignera dans chaque port remplacement du silo d'essai, suivant le plus grand intérêt de son service, après avoir entendu mes observations, et, autant que possible, dans les conditiona les plus vombles à la conservation des enveloppes métalliques. La Marine se réserve surtout de choisir un terrain tel que, ai rezpérienee réussissait, on pût y grouper un certain nombre de ailos et établir auHlesBOUB les tunnels ou ga* leries nécessaires pour les vider par le bas.

An. 3. Chaque silo aura une xapacîlé intérieure de 65 mètres cubes, col compris, avec tolérance d'un demi-mètre cube en plus ou en moins.

Akt. ft« Les trois'^siloB devront être prêts à recevoir les blés le 1*' novem« bre 4858 au plus tard

Les blés, au moment de l'ensilage dans chaque port, devront être de bonne qualité et remplir toutes les conditions du dernier marché passé par le port; leur poida sera constaté.

Chaque silo sera rempli de blé jusqu^à Torigine du col.

Aar. 6. L'expérience de conservation des blés, commencée Ifi 1" novembre 1858 au plus tard, durera jusqu'au 1** avril iS60,c'est-àrdire pendant deux hivers,

« Geltedsiea dft être retardée peor divers motift; Ua élê flxé altérlenremeat mie époque partieaKère peur le qeauaeaoeni e at et pevr la la des êpreaiet deas «lumB des trois ports.

Chaque silo watu Tuité trimestrieUament par une Gommûsion dê la Iforine ; j'aflaistem à chaque viaite ou m*y ferai repiéaenter. La Gomniianon oxammeia l'état du silo, sa température intéiîeuie et la conservation du grain, dans les direraes parties» au moyen de sondes; pub elle procédera, si elle le juge à propos^ sur une portion de ce grain, à des expérienceB de mouture et de panificatiou, afin de s'assurer de sa qualité.

Les dépenses pour ces mains-d'œuvre seront au compte de la Marine, mais je supportetàl celles que je àeiai obligé dé faLté pour réparations d'entretien.

ÏÏRns le cas où il viendrait à être reconnu que le grain oommenrn il se gâter, je pourrai l'aire vider le silo îl mes frais pour eu rechercher la cause; et, si cette cause ne se trouve pas dans un accident fortuit ou dans une cir*constance entièrement étrangère au système de conservation ou de construction, l'insuccès sera déclaré, ce qui donnera naissance au cas pfévu par l'article 8.

Art. 8. En cas de non-réussite pour \m ou deux des silos d'essai, ou p(nir les trois, le présent marché serait résilié pour chacun des purts où j'aurais échoue ; je payerai à la Marine la valeur des grains qu'elle trouverait avariés ou impropres au service ; et une fois ce payement fait, soit directement, soit sur mon cautionnement, soit sur les sommes qui me seraient dues par la Marine, j'aurais le droit d'tfnlever k mes flltis la tdle du silo rebuté sans que la Marine soit tenue mwih tnoi à ttbeimd iadianiiilé, ni pour matière, ni poui^ main-d'œuvre.

Si la Marine reconnaissait que rinsuooès dans nu port a tenu Vb-toai^ difé trop grande du terrain choisi» tii si elle voulait recommence^ TépreuVè dans un terrain moins mauvais, je ip'engage ft eonslruire^ aux eondidons précédentes^ un nouveau silo qui sefait soumis & l'ei^éiiebce de dent hivers.

Fait à Paris, le 30 juin i858.

Siytié : L, DOïÈm, .

Accepté par la Commission permanente des marchés^ HrisleMjsUlstfnB.

Signé: DÂLMAS, I. LE MARCHAND, SABATTIBII, Loa» VtJÇfiKf, BALLOT'^BSAnPAÊ, Liapteteur,

FBOMsi A i**»»ow«o!i BIT «mm, Approuvé avec Is modifiration que le déhl

Qxé i l'arlicle 5 pdllrts êtré pr6teg!» se

Pour le directeur du inaiérielj absent. 1«» janvier 1869

Le chef du bureau des conaii uciiuns Paris, le 12 abûl 1838.

DBvales et des travaux hydraulitiucs. L'Amiral, MinisU-e tt.; la Mariue,

Sifiné : PASTOUREAU. Signé : UAiiliLlN,

Enregistré à Paris» le quatone aoiùt 1868, I* 7$ i*, case i; reçu deux firanéSj décime vingt centimes»

PORT DË CUERBOUfiG.

Procès-verbal des opérations de la Commission instituée par arrêté de M. le préfet maritime, en date du i3 janvier 1859, pour procéder à Vexamen préalable du silo eçmtruit par M. Doyère, à la visite du blé destiné à y être enfermé, à tensUemmt de ce blé et aux opérations uitéritum ffreterites par te marché de Jf. Doyère, en étuta éu dOjuiik

M. le préfet maritime, par arrêté en date du 13 janvier 18!i9, a chargé la Commission ordinaire des recettes du service des subsistances, à laquôUe il a adjoint un ingénieur des travaux hydrauli(jues, de procMet à l*ezHinen du sUo construit pat tf. Doycrc, à la visite dù blé déstinéày 6tte enfeittié, & Pensilement de ce blé^ et aux expériences ultérieiirès presiifites pxt l6 marché de H. Doyère en ÔàXb du 30 juin 1888.

M. Bfoeselin^ ingénieur des travaux hydrauliques^ a éié désigné par ll« le directeur des trÀVauï hydrauliques^ pour fidre pàrtitt de cette Commission.

La Commission s'est réunie sur la convocation de M. \é oommissaiid des subsistances. Ëtsdent présents :

MM. LE SENS, chef de manutention ; DEWÀTIIB, lieutenant de vaisseau ; RICHARD DUPLESSIS^ sous-commissaire de marine ; DUBOIS, chirurgien de marine ; GOUILLÂRD,' garde-magasin par procuiation ; ÂUGER, inspecteor-adjoint de la marine ; DROfiSELIN, ingénieur des travaux bydiauliquesj rapporteur.

La Commission a ouvert le présent rapport pour y coBsigner toutes ses obserf «lions, au fur et à mesure des opérations dont die est chargéOi

HXRUIIICIB DM LA MAUKB

L yisiie du blé àatmè à êtrt eimté.

(15 janvier 1859}.

L« Commition, anutée de M. Doytoe, «Tesl tmasportéo, le m janvier aa TÎeil ateenal de la manne, |K»ar ptoeéder à lavinte dn blé deatiné à ètte ensilé.

Le blé qui a été choisi est du blé tendre, proyenant de Bnlagne, des récoltes de i8S7 et i85S. 11 a été reconnu de tièi-bonne qualité, trèeflun et ne présentant aucune trace de fermentation.

Ce blé avait été admis en recette le 23 décembre 1858^ et à cette épocpe, au moment de la recette, le blé avait pesé 75 kilogrammes à l'hectolitre. Tons les tacs de blé ont été réglés an poids brut de AOi kilogrammes (sac .compris).

n. VùUg du nia.

(17jamltrifl80).

La Commission, assistée de H. Doyère, s*est réunis le 17 janvier 48$0t A onie heores dn matin, aux nouveaux établissements des subsistances, pour procéder à l'examen préalable du silo, et commencer Tensilement du blé.

Elle a constaté que le silo n^élait pss terminé. L'enveloppe métallique était prête à recevoir le blé, mais la maçonnerie extérieure au silo était élevée seulement à la hauteur de la naissance de la voûte; la galerie d'extraction était construiti'. 11 restait donc eucore à ext-cuter, pour achever le silo, la voûte supérieure eu maroimene, la chape en bitume qui doit recouvrir cette voûte, les terrassements qui doivent envelopper i'ensemble de la construction, la porte de la galerie d 'extraction, et enfin le dressement du sol aux abords du silo, qui doit être déchaussé sur une hauteur de 0-,70 à 0-,80.

La Commission a constaté que par suite de Thumidité de l'atmosphère, les parois intérieures de l'enveloppe métallique du silo étaient légèrement humides. Elles ont été essuyées avec soin, mab sans être entièrement desséchées. M* Doyère a fait remarquer quo par suite, il serait possible qu'à la fin de rezpérienoe, et au moment où l'on retirera le blé du silo, il se trouvât quelques grains de Ué adhérents à la paioi.

II. Doyère, qui, pour rester dans les délais prescrits par son marché^ avait demandé que le blé f&t ensilé immédiatement^ a déclaré qu'il acceptait entièrement les conditions dans lesquelles l'ensilage devait £«refoit> en raison dn degré d'avancemeut des travaux» et qu'il renouât & toute ré- ^clamation vis-A-vis de la Marine^ motivée sur ces conditions.

La Commission a décidé, en conséquence, qu'il sezait procédé immédiap tement & l'ensilage du blé» opération aprfts laquelle seront pourHoivia les tEsnnx d'achèvement du silo. '

m, Cpératùm de l'ennlage du bié, ri7, 19 <i» Janvier im)

La Gommiflsioii a. jugé utile de laisser à U* Doyère une liberté d'afition qui lie permit aucune réclamation ultérieure;» et l'a invité, en conséquence, à diriger le travail par lui-même et comme il l'entendrait.

C'est donc sous la direction immédiate de M. Doyère, et sous la surveillance de la Commission, qu'ont été exécutées toutes les opérations dont il va être question, et dont les résultats ont été enregistrés par la Commission.

Journée du H Jcamor, — Le travail a été poursuivi de midi d, cinq heures

du soir.

Toutes les dispositions avaient été prises pour qu'il fût exécuté sans interruption. Une trémie placée sur chevalet, un hectolitre et une balance avaiieut été transportés auprès du silo, pour opérer les vérificaliuus nécessaires. — gnaUe voilures avaùent été cunmiandées pour le transport des sacs de blé, qui élaieut pris dans les magasins du vieil arsenal pour être amenés au silo. — Dix ouvriers de la marine, accoinpai^nés d'nn surveillant, s'étaient rendus snr les lieux ; enfin pour faciliter les opérations, une plate-forme avait été établie au niveau du col supérieur du silo, une bigue màtée sur c%tte plate-forme^ et une poulie de retour installée^ de manière à faire faire par un cheval le montage des sacs.

A a été veiaé dans le silo 250 sacs de blé. Tous les sacs^ comme il a déj& été dit, avaient été réglés au poids brut de 101 kilogxammes dans les magasins du vieil arsenal.»- On a conslaté, par une vérification directe faite sur quelques sacs pris au hasard, que ce poids brut n'avsit pas varié, hb poids brut total des 2S0 sacs ensilés est donc de 28,2K0 kilogrammes.

Les 250 toiles ont été pesées et ont donné les résultats clHi^cés :

50 ont pesé r 54S400

75 — 80 ,bf)0

75 — 82 ,loO

Total : les 260 pèsent donc STO^^yiSO

Le poids net du blé versé dans le silo^ pendant la journée du 17 janvier 1S59^ est donc de : *

25,2a0k,00 — ^lOSloO = 24,979>',85.

Le blé était un peu humide^ aussi n'étalt^il pas très-coulant à la main. Le poids de rhectolitre de Ué a été constaté par cinq pesées, qui ont été

^194 EXPÉRiBNCBS DE hk HAMiinr.

ikifes sur cinq sacs, pris au hasard, avec une trémin placée sur chevalet et sur un soi plaixi; et qui ont donné les résultats ci-aprôs :

loiiîcaiton de la pesée. Poids brut constaté. Tare de llieet. Poids oet de lliect. de blé»

li ,40

Ce qui doiiuu une moyenne de 7 7", 90 2 par hectolitre.

Enfin, les observations thermométriques ont donné les résultats suirants :

La temp» rature de l'air extérieur était de 9* S au commencement de

l'opéraiiuu, vers midi et demi , et de 8* 8 & la fin de Topération, à cinq

heures du soir.

La températuie de Pair intérieur du sOo était de S* 7 à deux heures un quart.

iAlempfoature du blé, observée à trois heures, était de 6 degrés, pour le blé en sacs, et également de 6 degrés, pour le blé versé déjà dans le silo.

Journée du i9 janvier. L'opération de l'ensilage, interrompue par la pluie qui est tombée dans la journée du 18 janvier, a été r^rise le 19 à midi et demi, et continuée jusqu'à cinq heures du soir dans les mêmes conditions que le premier jour.

. Pendant ce temps, il a été versé dans le silo 132 sacs de blé, réglés dans les magasins au poids brut de 101 kilogrammes. La vérification direclei an moment de l'ensilage,- a prouvé que ce poids n'avait pas varié.

Le poids brut des 132 sacs versés dans ie silo est donc de 13^332 kilogrammes.

Les 1 32 toiles ont été pesées et ont donné les résultats ci-après :

80 ont pesé : 54^80 go — 54 ,40 32 — 34 ,45

Les 132 pèsent donc 143^65

Le poids net du blé versé dans le silo, pendant la joiimée du 19 janvier, est donc de :

Le poids spécifique du Ué a été constaté sui» éittq sacs pris au hasard, et

mesuié^ eomme à la séance précédente, sur une trémie placée sur ebevalet et nir unsol plain ; ce ^ a donné les résultats sniTunts :

lMdi«alkw <to li puée.

PoidibnilconMaté.

««Ht pet de HmeU d»blé.

HS40

ce qui donne une moyenne de 77'', 832 par In rt(»iitit5.

Enfin, les observations thermoinétriques tint cIujjik' If s résultats suiviinls :

La température do l'air extérieur était de 0" 8 ù luidi ot dciiii, < oinnieûcemeutde l'opénitiou • de 9 degrés à 5 heures, à la fin do l'opt'ivitiitii.

La tempéraUuu du blé, prise à quatre heures, était de 7" 8 jpuur le blé en sacs ; de 8° 3 poûr ie h\v verst- dans le silo.

Journée du 20 janvier. — L'ensilage, repris le 20 janvier, à, neuf heures du matin, a été terminé le même jour, à quatjra heures du soir.

Pendant ce temps, il a été ennlé, en totalité, 1 60 sacs, dont le poids brut total était de 16,170^^310.

SaTOir i

1^ 144 sacs <iui avaient été réglés le IS janyiarft 101 lûlogrammes, poids hnA, mab qui se sont trouvés peser en moyenne 101^13 le 20 janvier, au moment de l'ensilage, et ont, par consécpient, donné un poids brut total de 14^$62>',72.

Ce poids moyen de 101^13, au moment de Tenfouissement, résulte de dix-huit pesées faites suecessivement sur des sacs pris au hasard, au fur et à mesure de l'arrivée au silo, et qui ont donné les résultais suivants :

lOlVé

101 ,ii

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