‹ Conservation, révolution et positivismeChapitre 12 sur 24 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

Tordre sur un pouvoir central qui soit progressif; combinaison lumineuse, la seule qui soit historique, la seule qui n'ait pas encore été régulièrement tentée, la seule aussi qui puisse contenir l'anarchie imminente tant du côté des conservateurs que du côté des révolutionnaires. Et , si on ne l'a pas encore tentée , c'est qu'on n'a jamais songé à investir Paris de la fonction de le nommer ; les conservateurs, parce qu'ils redoutent l'influence progressive de Paris ; les révolutionnaires , parce qu'ils sont aveuglés par leurs préjugés métaphysiques de suffrage universel et de souveraineté populaire.

J'engage vivement mes lecteurs à réfléchir sur cette idée d'une transition que nous traversons. Plus ils examineront à ce point de vue l'état actuel non-seulement de la France, mais de l'Occident tout entier, plus ils reconnaîtront la réalité d'une telle notion, et plus mille indices qui ne les frappent pas , leur apparaîtront visibles et tangibles. Une transition implique un passé d'où l'on sort, un avenir où l'on tend ; le passé d'où l'on sort est manifeste ; c'est le régime catholico-féodal , qui lui-même était l'héritier du régime polythéistique Gréco-Romain, qui lui-même dérive des théocraties orientales , qui elles-mêmes, bien que perdues dans la nuit des temps, sont rattachées, par une saine théorie historique, au fétichisme primordial, première expansion des sociétés humaines. Mais l'avenir où l'on tend, quel est-il ? Là-dessus il n'est, à vrai dire, aucune école qui ait une réponse; car la réponse, pour être réelle, devrait avoir une bien plus grande portée que ne se l'imaginent les plus hardis, les plus téméraires dans leurs conceptions rénovatrices. Il s'agit, en effet, d'une réorganisation des croyances et de l'activité ; des croyances par un nouveau dogme; de l'activité, par un nouveau régime.

Les socialistes (je laisse de côté les révoUitionnaires ; la

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