XXVI PRÉFACE
Donc, un nouveau dogme, un nouveau régime, un nouveau culte doivent surgir, afin qu'une nouvelle société prenne la place de l'ancienne.
Un dogme est la plus haute expression où l'esprit humain, à un moment donné , puisse atteindre. Il doit satisfaire à ces trois conditions : fournir une conception générale du monde, soumettre les hommes à une autorité supérieure, et leur procurer les moyens d'améliorer progressivement leur nature individuelle et sociale.
Le dogme nouveau donne une conception générale du monde. Éliminant définitivement toutes les volontés surnaturelles connues sous le nom de dieux, d'anges, de démons, de providence, il montre que tout y obéit à des lois naturelles qu'on appellera , si l'on veut, les propriétés immanentes des choses. Un ensemble de notions, partant des plus simples, c'est-à-dire des nombres, des formes géométriques et des mouvements, passe par la théorie des corps célestes, arrive aux phénomènes physiques et chimiques, atteint l'organisation et la vie, et «'élève enfin jusqu'aux sociétés et à leur développement. C'est là notre catéchisme ; et, comme il faut qu'un catéchisme soit su de tous, on comprend comment l'éducation doit embrasser toutes ces notions et être universelle. On comprend en même temps (et je m'arrête pour appeler l'attention du lecteur sur cette réflexion), comment un tel ensemble, résultant de l'élaboration séculaire des sciences, enfin coordonnées en une seule science, n'a pu surgir qu'après toutes ces élaborations isolées ; comment tout ce qui précède est à vrai dire une longue transition ; comment la théologie , sous ses formes sociales, fétichisme, polythéisme, monothéisme, a tenu d'une main bienfaisante les rênes du monde pendant l'enfance des sociétés; et comment nous devons avoir respect et reconnaissance pour ces Ages, où nos aïeux ont déposé