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Conservations littéraires et morales

Lorsque d'une main tremblante cncoTe de douleur je prends la plume pour ^'crire celle notice, une ancienne et lidèlc amitié est mon seul titre. Qu'il me soit permis de le Taire valoir. A ceux qui s'étonneront que l'honneur d'écrire l'Cs pages à côté de celles de Rigaull n'ait pas été réservé ù quelqu'une de nos grandes renommées littéraires, je dirai simplement : j'ai connu celui dont je parle, je l'ai aimé, je le pleure; cela donne un i>riviléue; et de tout temps, quand on a plutôt cédé au désir d'honorer une chère mémoire (lu'à la crainte de lui rendre un trop faible hommage, une profession de tendre attachement a servi d'excuse.

Un ami est un juge suspect; mais je ne suis pas un juge: iln'y avait rien à juger ici. Dans une cause gagnée la critique n'a pas d'arrêts à rendre ; son examen et ses recommandations seraient superflus. Le public a lu déjà une à une les Conversations littéraires que nous lui oflVons pour la première fois rassemblées, et qui ont paru dans le Journal des Débats, la plupart sous le titre de Revues de quinzaine '.Ha donné son sulTrage, et n'attend plus celui de personne. Les écrits d'Hippolyte Rigault, sa renommée, les regrets universels qu'inspire encore à cette heure sa fin prématurée, voilà les témoignages qui parlent pour lui; il importe donc peu que le mien soit récusable. Ce que je me propose, ce n'est pas d'avertir ceux qui liront, ou plutôt reliront ce livre, de sa valeur et de ses mérites qu'ils ont bien su découvrir

' (Vest Rigault lui-même qui a préparé le recueil que nous publions, el qui lui a donné le nom de Conversations lilléraires et morales. Il y a fait entrer presque toutes ses Revues de quinzaine, avec cinq articles Variétés, tirés également du Journal iks DébaU.

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