‹ Considérations anatomiques et cliniques relatives à l'extraction ou à la résection du sac herniaire au cours de la kélotomieChapitre 5 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La kélotomie, vieille à peine de trois siècles, a été, depuis son invention, l’objet de discussions innombra= bles. On l’a étudiée successivement sous toutes ses faces et dans tous ses détails ; on en a controversé les indications et la pratique ; et il faut arriver à ces dernières années pour voir à peu près définitivement élablies les règles principales de cette grave et utile opération.

L’anatomie et fla clinique ont apporté leur tribut à la solution des problèmes soulevés par l'innovation opératoire de Franco et d’A, Paré. Pratiquée d'abord selon les principes vagues et rudimentaires de l’empirisme

chirurgical, la kélotomie, grâce aux magnifiques obser valions de Ledran, de Goursault, et de l’Académie de chirurgie, acquit peu à peu des règles plus précises, que vinrent plus tard contrôler et fixer les belles et fécondes recherches anatomiques de Scarpa et de Cruveil” hier, On diseu ta les différentes formes de l’étranglement, et pour mieux asseoir les théories préférées, on étudia dans ses moindres détails l’évolution de la hernie, la formation du sac, le développement du collet, et les modifications que subissent à la longue les parties intéressées dans ce processus pathologique.

Cependant, malæré ces immenses travaux, qui n’ont pas été interrompus depuis trois siècles, malgré les discussions académiques et les écrits d’A. Cooper, de Scarpa, de Cruveilhier, de Jobert, de Malgaigne, de Gosselin et de Broca, l’étude de la kélotomie et de l’étranglement herniaire n’est pas encore fixée dans tous ses détails; bien des points restent encore en discussion, et deviennent tous les jours l’objet de nouveaux travaux. Il est facile d'en siter plusieurs exemples. La kélotomie sans ouverture du sac dite de J.-L. Petit, abandonnée presque complètement depuis près d'un siècle, semble depuis plusieurs années retrouver des défenseurs ; dans une thèse récente, le D' Affre essayait de la légitimer et d'en poser les indications, et dans un mémoire du Lyon médical de 1877, le D° Mollière rapportait plusieurs cas heureusement guéris par cette opération. La kélotomie, pour les hernies ombilicales, n’a pas été moins discutée dans ces vingt dernières années : il y a peu de temps encore des professeurs éminents. essayaient, simon dela proscrire, du moins d’ea restreindre singulièrement les

indications, etil a fallu les observations heureuses des chirurgiens contemporains, il a fallu surtout les avan- tages incomparables des méthodes antiseptiques pour trancher la question et faire rentrer les hernies ombilicales étranglées dans le cadre ordinaire des hernies, Citons enfin, pour montrer combien 11 faut de temps pour mürir certaines questions, les discussions relalives aux perforations ou g'angrènes intestinales dans les hernies. En 1861, le professeur Verneuil généralisait à tous £es cas les indications de l'anus contre nature, et sa doctrine ne rencontrait qu'une oppositon timide. Cependant la rédueuon de l'intestin perforé, après liga ture ou suture, est aujourd'hui d’une pratique habiiuelle; et beaucoup de chirurgiens, à l'étranger et en France n'hésitent pas, dans certains cas, à réséquer plusieurs centimètres d’intestin malade, à réunir les bouts et à réduire. D'ailleurs, ces revirements de l'opinion, ces révolutions chirurgicales ne prouvent en aucune façon que nos prédécesseurs manquaient de logique ou d’habileté. Privés des puissants moyens que nous possédons aujourd'hui, ne connaissant pas ces pansements antiseptiques grâce auxquels nous pouvons pratiquer une chirurgie aussi audacieuse dans l'intervention et dans la conservation, ils avaient raison de ne pas livrer aux hasards des entreprises incertaines le bagage chirurgical qu'ils nous ont transmis.

Dans ces derniers temps,le renouvellement des tentatives en vue de la cure radicale des herntesest venu compliquer leur étude d’un nouveau problème, Les discussions opératoires relatives à la kélotomie n'avaient guère porté jusqu'alors que sur des questions afférentes

au collet du sac ou à l'intestin. Aujourd’hui, les chirurgiens ont le devoir de s'intéresser davantage au corps et à la constitution d’un sac dont ils se proposent, dans certains cas, de pratiquer la résection ou l’extirpation. Les procédés de cure radicale des hernies n’ont d'ailleurs que des relations indirectes avec la kélotomie. On profite souvent d’une opération de hernie étranglée pour en rechercher la cure définitive; mais l'intervention chirurgicale a des visées plus larges; et les partisans des essais de cures radicales par opéralions san glantes n'hésitent pas à appliquer leurs procédés à des hernies non étranglées. De tous les procédés, ceux qui paraissent actuellement le plus en vogue, et à juste titre, sont ceux qui ont pour but, par une action directe, d’oblitérer le collet de la hernie, et d'en supprimer le sac. Aussi voyons-nous la plupart des chirurgiens qui sont partisans de ces essais avoir recours à l’extirpation ou à la résection du sac avec ligature ou suture du collet; quelques-uns y joignent la suture de l’anneau fibreux. C'est précisément de cette opération que nous voulons nous cecuper, en nous plaçant à un point de vue un peu différent de celui qui a été généralement choisi.

En effet, il ne manque pasd’écritset d'observations relatifs à l’extirpation et à la résection du sac herniaire ; mais dans la plupart des travaux publiés à ce sujet, les auteurs n’ont guère en vue que le but définitif, c’est-àdire la cure radicale, Sans doute les statistiques établissent convenablement l’actif et le passif de tel ou tel procédé ; elles dressent le bilan des morts et enregistrent les accidents graves. Mais on ne trouve que bien diffi-

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