‹ Considérations anatomiques, histogénétiques et étiologiques sur quelques lésions du foie des tuberculeux pulmonairesChapitre 15 sur 48 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les lésions parenchymateuses du foie des tuberculeux

Avant de passer en revue les divers ordres de lésions de la cellule hépatique que nous avons rencontrées au cours de nos examens histologiques, il nous est indispensable de dire quelques mots des différents aspects que peut présenter cet élément à l’état normal, et en quoi peuvent se résumer à l’heure actuelle les notions microscopiques données par les méthodes que nous avons cru devoir employer.

Objet d’un nombre considérable de travaux depuis sa découverte par Purkinge et Henle, en 1838, la cellule hépatique, d’après notamment les études de Cornil et Ranvier (1) en 1869, de Gilbert et de ses élèves, a été au cours des premières années du xx° siècle fort bien décrite, particulièrement par deux auteurs, N. Fiessinger (2) d’une part, et L. Launoy (3) d’autre part 2à quelques mois de distance, quant à l’aspect général qu’elle présente après emploi des méthodes de fixation et de coloration les plus simples.

De l’ensemble de leurs travaux, il résulte que l'élément trabéculaire se compose, comme toute cellule vivante, d’un protoplasma et d’un noyau, celui-ci souvent double et multiple, ainsi que nous le verrons plus loin. |

Le protoplasma est, en réalité, composé de deux éléments essentiels : un Spongioplasma formant en quelque sorte un contenant, et un hyaloplasma qui y est contenu avec de nombreuses enclaves. Le spongioplasma, très nettement visible sur les pièces dissociées dans le sérum sanguin, ou fixées soit au liquide de Hürthle avec coloration Simple à l’hématine-éosine, soit au Flemming fort suivi de coloration à la safranine-vert-lumière chlorhydrique, se présente comme un réseau à mailles fines aux

nœuds desquelles apparaissent des granulations dites métachromatiques, très réfringentes, se colorant électivement par le bleu polychrome d’'Unna. Ce réseau prend d’ailleurs fortement l’éosine et le lichtgrün le colore en vert-clair. Il disparaît le plus souvent sur les pièces fixées par le sublimé. Dès 1897, Schlater y avait décrit deux sortes de microsomes, les uns volumineux colorables par l’éosine ou corps oxyplasmatiques et d’autres plus petits se colorant par la vésuvine ou corps achromatiques. Il se présente comme constitué de fines fibrilles semées de granulations acidophiles ou formées de la juxtaposition d’une série linéaire de points graniculeux, et donne habituellement l'impression d’un fin réticulum très clair contenant l’hyaloplasma.

Celui-ci, « qu’on pourrait dénommer plus exactement substance intermédiaire », présente généralement sur les cellules fraîches un aspect finement granuleux, souvent peu homogène, et contient de nombreuses enclaves. Ces enclaves sont classées par L. Launoy, opérant sur le lapin à jeun, de la façon suivante :

a) Par les plasmosomes, ou granula d’Altman (4), petits corpuscules se colorant facilement après une fixation adéquate, en rouge vif par la safranine ou la fuchsine, de répartition uniforme, la zone endoplasmique restant cependant la plus riche, disparaissant rapidement en premier dans l’antolyse et constitués pour CI. Bernard, Schiff et Arnold (6) par des grains de glycogène, opinion ardemment combattue par Bock et Hoffman, Langley (6) et Lahousse (7), de Guerrini (8) et surtout par F. Rathery ().

b) Par les lipoides pigmentaires de forme variable souvent cunéiforme, rarement sphériques, le plus fréquemment situés dans le territoire nucléaire et de taille minime : 1 “ait, {72 ;°chez les animaux intoxiqués par ile phosphore, ils augmentent rapidement de volume. Ils se colorent en bleu par le brillant crésyl-bleu en solution au 1/25000° à l’exclusion des gouttelettes graisseuses et des granulations nodales, par les solutions de rouge neutre concentrées au 1/2000 et se conservent sans altération pendant plus de dix jours à 15°-16°. Dans la cellule fraîche, leur coloration est verdâtre et s’accentue dans l’intoxication phosphorée ; sur les pièces fixées au Flemming fort, ces corps sont colorés en bistre ; ils prennent irrégulièrement la safranine on la fuchsine et cette

dernière coloration ne résiste guère à la différenciation. par le vertlumière chlorhydrique ; ils apparaissent comme contenus dans une vacuole hyaline achromatique, parfois périnucléaire, constituant les nebenkorper. En 1910, L. Launoy préconise, surtout dans le cas de dégénérescence ou de surcharge graisseuse, leur coloration par le procédé suivant : Fixation pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures dans un grand excès de bichromate de potassium (2,5 %) acétique (1 %), lavage soigneux dans l’eau courante pendant vingtquatre heures ; déshydratation et inclusion par les procédés habituels. Coloration des coupes (5,4 ) pendant vingt-quatre heures par la solution de Giemsa à 10 %, décoloration à fond par l’alcoo! absolu, toluène, baume. Dans les cellules hépatiques traitées par ce procédé, ces mêmes granulations apparaissent d’un vert brillant : elles tranchent sur le fond rose ou violacé du protoplasma ; elles seraient indépendantes des formation mitochondriales. La coloration est élective. Nous devons dire que nous n’avons eu qu’à nous louer de cette méthode, simple et facile, et qui nous a donné très souvent de bons et lisibles résultats.

L. Launoy divise ces corps lipoïdes en deux catégories : les gros corps lipoides, le plus souvent pigmentaires se colorant en brun par OSO' et les petits corps de la périphérie se colorant en bleu par le bleu-crésyl et le bleu de méthylène, non pigmentés, identiques probablement aux renflements nerveux d’Allegra (10), Leur constitution serait la suivante : un noyau thermostabile protéique insoluble dans le xylol et une enveloppe fluide, thermolabile soluble dans le xylol-toluol et réductrice pour l’acide osmique.

Le noyau de la cellule hépatique est volumineux, de sphéricité parfaite, généralement central lorsqu'il est unique ; sur les cellules fraîches, il ne se colore pas par les colorations vitales ou supravitales ; avec le vert de méthyle acétique, la périphérie nucléaire apparaît très nette, à double contour, la circonférence interne est fortement colorée, la circonférence externe est plus épaisse, mais la coloration plus pâle; le réseau de linine, les granulations nucléaires se colorent intensivement, la zone nucléolaire reste incolore. Après fixation au liquide de Hürthle, la coloration à l'hématéine-éosine met en évidence la périphérie hématéiphique et de nombreux grains hématéiphiles, riches en chromatine ; les

granulations chromatiniennes sont reliées par un réseau achroma-

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