HISTORIQUE
La tentative de trépanation simple du sinus frontal, en un point circonscrit, avec drainage externe, a une ancienneté plus que séculaire. Runge, en 1750; Richter, en 1773; Beer, en 1817; Riberi, en 1838, la pratiquèrent, mais avec des résultats peu brillants. Aussi ces essais restèrent-ils isolés. Dans cette période de tätonnements, où aucune méthode n’était bien réglée, les rhinolegistes, considérant les désastres du traitement chirurgical, préféraient, avec Lichwitz et Moure, drainer le sinus frontal par voie endonasale. Is S’efforcaient de tarir les sécrétions par de simples lavages et n’acceptaient la trépanation par voie externe que par nécessité.
De 1884 à 1894, le traitement de la sinusite frontale chronique fit l’objet des travaux d’Ogston (1884), de Riédel (1885), de Panas (1890), de Mayo-Collier (1892), de Jansen (1893). Sous l’influence de ces divers auteurs, ce traitement commença à entrer dans la voie chirurgicale,
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En 1894, Luc fixa les principes émis dans les travaux antérieurs. Sous son influence, la cure radicale de la sinusite frontale chronique fit un grand progrès. Cet auteur réséqua la paroi antérieure du sinus et établit systématiquement un drainage fronto-nasal. Les résultats encourageants qu'il obtint firent tomber dans l’oubli les vieilles méthodes conservatrices et vulgarisèrent la trépanation par volé externe.
Mais l’opération de Luc était loin d’être parfaite. Aux premiers succès opératoires firent suite plusieurs résultats peu favorables: récidives opiniâtres, complications cérébrales mortelles qui lui causèrent un grand préjudice. Luc, lui-même, reconnut ces inconvénients et se rallia à une nouvelle méthode proposée par Kuhnt en 1895.
Kuhnt montra que l’ablation exacte de toute la murqueuse sinusale est la condition essentielle de guérison d’une sinusite frontale chronique. Pour ce faire, il supprime la cavité du sinus en réséquant ses parois antérieure et inférieure. Mais, pas plus que l’opération de Luc, la méthode de Kuhnt ne s’imposa. Au point de vue récidives et complications, elle ne donnait guère plus de garantie que la méthode précédente, et ses résultats esthétiques étaient bien mauvais.
En 1902, Killian fit connaître un nouveau procédé qui paraît marquer un grand progrès. Il abaissa considérablement le taux des récidives et des complications, sans toutefois les faire diparaître complètement.
Dans la suite, d’autres techniques opératoires virent le Jour. Jacques, en 1903, fit renaître le procédé de Jansen (1893), en lui apportant des modifications importantes. En 1904, Taptas donne une description de son opération dans les Annales des Maladies O. R. L. En 1906, il apporte des modifications à ce procédé; en 1922, il donne une nouvelle description de sa technique opératoire.
À côté de ces procédés de trépanation par voie externe, avec résection définitive des parois, nous devons citer les méthodes ‘ostéoplastiques qui, quoique peu employées, eurent toujours des partisans pour les bons résultats qu’elles donnent au point de vue esthétique. Kocher (1894), Czerny (1895), Lothrop (1899), Jansen (1902), ont employé la résection temporaire par la voie frontale; Chaput (1894), Barth (1898), et Winkler (1904), ont utilisé la résection temporaire fronto-nasale,
Les techniques opératoires se sont ainsi succédées, d’année en année, jusqu’à nous jours. Devant leur multitude, nous nous sommes contentés de mentionner les principales et avons délaissé les nombreuses modifications que leur ont apportées les divers rhinologistes.
De nos jours, avec les progrès de la rhinologie, les méthodes endonasales, délaissées pendant longtemps, se sont réhabilitées. Vacher, qui en est le plus chaud partisan, a exposé longuement sa technique, avec des résultats à l’appui, au Congrès de Laryngologie de 1911. Beaucoup de spécialistes l’ont suivi dans cette voie. Pour sa part, le Professeur Mouret la tente toujours avant d’exécuter la cure radicale par voie externe. Luc, dans une récente Monographie O. R. L. Internationale, déclare traiter beaucoup de sinusites frontales chroniques par la voie endonasale.
Enfin, nous ne pouvons terminer ce chapitre sans citer la nouvelle technique d’Herbert Tilley, parue dans une Monographie O. R. L. Internationale 1921, et les opérations qu’ont proposé le professeur Lothrop (1914) et le professeur Sébileau (1922), pour les sinusites bilatérales chroniques et récidivantes. Avec deux procédés différents, / ces deux derniers auteurs « créent une béance définitive entre les deux sinus frontaux et les deux fosses nasales
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pour, de ces quatre cavités, n’en faire qu’une seule ». (Sébileau). Après trépanation du sinus et résection de la cloison inter-sinusale, Lothrop obtient une large communication fronto-nasale en s’attaquant au versant antérieur du plancher naso-frontal des sinus, c’est-à-dire à la crête nasale, à l’épine de l’os frontal et à la partie supérieure des os propres du nez; Sébiléau, au contraire, l’obtient en faisant sauter le versant postérieur du plancher naso-. frontal des sinus, (là où il s’articule avec le segment le plus élevé du bord antérieur de la lame perpendiculaire de l’éthmoïde. » (Sébileau).