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raît pas constante, d’après M'° BaponneL. Ses recherches dans ce domaine rendent compte de ce que le taux du glucose est souvent normal où à peine supérieur aux chiffres normaux extrêmes, et elle conclut que la légère élévation de la glycémie au cours des états dépressifs. notée déjà par plusieurs auteurs, est tout à fait inconstante et qu’elle tient peut-être à la différence des techniques de dosage utilisées par ces différents auteurs. Elle préfère, d’ailleurs, étudier les glycémies provoquées (alimentaires ou adrénaliniques) qui rendent mieux compte, selon elle, du fonctionnement du foie, des reins et du système neuro-endocrinien.
En ce qui concerne l’urée, elle signale que l’on trouve souvent de l’hyperazotémie dont on peut rendre le rein responsable par suite d'insuffisance dans le pouvoir de concentration, parfois associée à l’oligurie, et qu’on peut également, dans certains cas graves, expliquer par une hyperuréogénie hépatique et tissulaire.
M" BADonNxEL souligne ces modifications sanguines. Elle indique qu’elles sont la manifestation des troubles fonctionnels du foie relatifs à la elycopexie, la glycogénolyse et la glycolyse, et la preuve de l'insuffisance rénale, ces troubles de ces deux organes, ces déficits fonctionnels s’associant d’ailleurs souvent.
TARGOWLA et LAMACHE, dans leur étude sur «Le syndrome biologique dans les états mélancoliques », signalent aussi que les chiffres de la glycémie sont la plupart du temps normaux. Parfois, ils notent une hypoglycémie (0,60-0,70 0/00), laquelle s’observerait surtout en rapport avec des phénomènes d’asthénie plutôt qu'avec des manifestations dépressives proprement dites; de plus, elle se rattacherait, du moins en partie, à l’insuffi-
sance surrénale, car elle cède, la plupart du temps, à la thérapeutique par l'extrait surrénal.
TARGOWLA et LAMAGHE ont éludié, en outre, les répercussions que pouvait avoir l’insuline sur le métabolisme - des hydrates de carbone chez les mélancoliques. Chez les vrais déprimés et les mélancoliques avec stupeur, Pinsuline est sans effet sur l’état général comme sur la glycémie. Cette absence d’hypoglycémie insulinique est remarquable et ne se voit guère en dehors de la mélancolie. Chez les anxieux, cette hypoglycémie apparaît, mais l’état général n’en reçoit aucun bénéfice, au contraire.
Pour ces auteurs, dans les états de dépression mélancolique, l’étude du métabolisme hydrocarboné met donc en évidence Île ralentissement extrême et l'insuffisance des échanges. Elle montre, de plus, qu’il ne s’agit pas de la déficience d’un organe, mais d’un trouble général d’une fonction complexe. Elle révèle l'atteinte de tous les facteurs de la fonction glycolytique, quel que soit leur rôle particulier. I] n’en serait pas de même chez les anxieux, chez lesquels les perturbations de ce même métabolisme traduisent, au contraire, une sorte d'exagération des échanges normaux. On note, en effet, de l'hyperglycorachie et de l’hyperglycémie.
En ce qui concerne les troubles du cycle de transformation des matières protéiques, TARGOWLA et LAMACHE signalent des cas où l’azotémie apparaît faible (0 gr. 15 à 0 gr. 20), malgré une diurèse normale. Il y a hypoazoturie. Ces faits témoignent d’un trouble de l’uréogénie d’origine hépatique. Dans d’autres cas, l’hyperazotémie dépasse 0 gr. 50 0/00, pour atteindre parfois le chiffre de 2 grammes. C’est très souvent l’oligurie qui est le
UE facteur prédominant. Mais en plus il y a, surtout, à la base, une insuffisance rénale d’excrétion uréique. Plus rarement enfin une hyperuréogénie d’origine hépatique s'associe aux facteurs précédents.
TARGOWLA et LAMACHE concluent en indiquant que les perturbations du fonctionnement du foie et des reins, ainsi révélées par l'examen du sang, ne sont que l’expression partielle du ralentissement extrême des fonctions de l’organisme caractéristique de la mélancolie. Ce ralentissement, on le sait, se manifeste par des troubles circulatoires et digestifs, par des troubles des méta- - bolismes, des troubles endocriniens, des troubles neurovégétatifs et par des troubles des échanges aqueux.
Enfin, TARGOWLA et LAMACHE, tout en reconnaissant que les manifestations sanguines de ces divers troubles ne sauraient être considérées comme déterminantes de la psychose, les utilisent néanmoins dans un essai de différenciation entre la mélancolie et le syndrome anxieux. À Pinhibition et à la stabilité relative du métabolisme général des déprimés (azotémie et glycémie respectées ou faibles, hypotension), ils opposent le déséquilibre, l’exagération des échanges et l’hyperexcitabilité du système neuro-végétatif des anxieux (métabolisme basal augmenté, métabolisme des sucres exagéré, hyperglycémie, hyperendocrinie, etc...).
M”° Doualla BEzr, dans son travail sur le traitement de la mélancolie chez la femme, expose que les états mélancoliques sont particularisés par. la diminution massive des sécrétions glandulaires : — des glandes du tractus digestif, des glandes annexes de ce dernier, — des glandes cutanées, —- des glandes endocrines inhibées ou perturbées. À côté de ces manifestations relatives à
la trophicité générale, elle indique la fréquence extrême de l’adultération des fonctions hépatiques se traduisant par de l’hyperazotémie, de l’hyperazoturie, une excrétion élevée de l’histidine, une exagération notable du cholestérol sanguin, par de l’acétonurie, par une bilirubinémie élevée associée à de lurobilinurie, De plus, l'épreuve de la glycosurie provoquée est constamment positive.
Les fonctions internes du foie (protéidique, glycopexique, antitoxique et chromagogue) sont toujours perturbées, comme elles le sont d'ailleurs dans un grand nombre d’autres syndromes mentaux.
La déficience rénale est plus discrète que celle du foie : pas de néphrite bruyante mais albuminurie, constante d’Ambard élevée, épreuves d’éliminations colorées troublées, enfin rétention chlorée sèche avec acidose.
Les troubles circulatoires et de la crase sanguine arrivent en troisième position au point de vue de la fréquence et de l’importance. Ils se traduisent avant tout par de l’hypotension et de l’éréthisme cardio-vasculaire au cours des phases anxieuses (entre 11 et 14 et plus souvent 10 et 11 pour la maxima, et 8 et 9 et 5 et 6 pour la minima). L’anémie signalée par de nombreux auteurs lui apparaît comme moins constante.
Enfin, M*° Doualla BELL insiste sur la fréquence des états de dysendocrinie au cours des états mélancoliques. Elle pense en effet que l’action glandulaire endocrinienne joue un rôle capital, en étroite association avec les perturbations des métabolismes généraux et nerveux. Le syndrome mélancolique éclorerait en règle sur un terrain d'insuffisance génito-surrénale ou mieux hy-
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pophyso-génito-surrénale. M”* Doualla BELL a établi une thérapeutique sur ce faisceau morbide mental, endocrino-végétatif et métabolique. Il semble d’ailleurs que les succès qu’elle a; obtenus lui donnent raison.
Pour en terminer avec ce bref résumé de nos connaissances actuelles sur les déficiences fonctionnelles, il faut signaler que tous les auteurs sont d’accord sur l’insuffisance rénale irès fréquente. En général, cette dernière est latente. On doit la rechercher systématiquement. II est à remarquer en outre que le déficit fonctionnel du rein paraît d'autant plus marqué que la psychopathie est plus grave. Dans la mélancolie, en particulier, on a signalé que ce déficit est presque toujours plus accentué au début des accès. Il diminue progressivement lorsque le malade guérit, ou dans les états chroniques lorsque le malade s’installe, en quelque sorte, dans sa mélancolie.