CHAPITRE Il
INTÉRET QUE PRÉSENTE LA RECHERCHE PARALLELE DES TAUX DU GLUCOSE ET DE L'URÉE DANS LES ÉTATS DÉPRESSIFS
A. — EN RAISON DE LEURS CARACTÈRES DE «€ TESTS » DES: FONCTIONS HÉPATIQUES ET RÉNALES ET DE LEUR IMPORTANCE PHYSIOLOGIQUE GÉNÉRALE.
Ainsi donc, dans les états dépressifs, et plus particulièrement dans la mélancolie, il est constant de rencontrer des perturbations importantes des fonctions du foie et des reins, et nous pensons qu'aucun dosage en dehors de celui du glucose et de l’urée du sang ne peut mieux nous renseigner sur l’activité de ces organes.
Pour le foie, les indications qu’ils vont nous donner vont nous permettre de juger de ses fonctions protéique, glycopexique et antitoxique.
La connaissance du taux de l’urée permet en effet d'apprécier le rôle du foie dans le métabolisme des protides. En ce qui concerne l’hypoazotémie, ou l’azotémie
psg vs faible, on peut en faire un signe d’insuffisance uréogénique. Le foie peut avoir perdu en partie son pouvoir de désagrégation des acides aminés (qu’il partage avec le rein) : la désamination de ces derniers peut être incomplète.
Le phénomène inverse peut également être réalisé, comme c’est le cas dans certains états dépressifs. Il y a parfois en effet hyperuréogénie hépatique (et même tissulaire). Cette dernière cause d’azotémie s’associe d’ailleurs fréquemment à la précédente et loligurie entre souvent aussi en jeu.
D'autre part, le rôle protéopexique et antitoxique du foie est également à signaler. Dans nombre d'états dépressifs, comme l’ont montré Wipar, ABRAMI, IANCO- VESCO, au moyen de l’épreuve de l’hémoclasie digestive, il y a insuffisance très nette du foie qui laisse passer dans la circulation générale le sang de la veine porte avec ses albumines hétérogènes. II y a là encore une cause des variations de l’azotémie; l’élévation de cette dernière peut même être considérée comme le témoin d'un processus d’auto-intoxication.
En ce qui concerne le métabolisme des oses, le chiffre de la glycémie nous montre d’une façon encore plus évidente l'intervention du foie. C’est au foie que revient la prépondérance dans les phénomènes de glycopexie et de glycogénolyse. Sans doute le tissu musculaire jouit-il des mêmes prérogatives dans ce domaine, mais dans un cadre assez restreint. En effet, c’est au foie seul qu'est attribuée la possibilité de transformer toutes les formes de molécules sucrées en‘glycogène, le muscle ne pouvant travailler qu'avec le seul glucose. D'autre part, au cours de cette transformation, c’est le glucose qui