CHAPITRE VII
INTERET DIAGNOSTIQUE PRONOSTIQUE ET SURTOUT THERAPEUTIQUE D'UNE TELLE ETUDE
L'étude de la glycémie et de l’azotémie nous donne donc le moyen de distinguer trois groupes principaux dans les états dépressifs, et en particulier de reconnaître les manifestations d’allure dépressive qui précèdent ou accompagnent des affections psychopathiques diverses telles que la paralysie générale, la démence précoce..., et qui ne se rattachent que de très loin aux manifestations cliniques et bio-chimiques qui constituent le syndrome basal de la dépression.
Au point de vue du pronostic, elle offre également un certain intérêt. Elle permet en effet d'isoler en premier lieu les états dépressifs survenant chez les jeunes, qui évoluent en général vers la guérison, surtout s'il n’y a pas d’antécédents héréditaires. À part quelques exceptions en effet, s’il ne survient pas par la suite de maladie importante, ni de trouble fonctionnel d’un organe
SE, D Lui
important, il n’y a pas de récidive. Dans quelques cas, c'est à l’occasion d’une affection même bénigne, ou d’une perturbation physiologique que les troubles reparaissent. La ménopause en particulier peut les provoquer. C’est un cap dangereux à doubler pour les anciennes déprimées.
En ce qui concerne les états dépressifs de la période de la ménopause, le pronostic est moins favorable. La plupart des auteurs signalent trente pour cent environ de guérisons, mais bien souvent il y a passage à la chronicité, ou parfois évolution vers un état démentiel. C’est que nous nous trouvons en effet dans la période présénile au cours de laquelle l’état des viscères, l’état cardio-circulatoire, l’état des émonctoires laissent souvent à désirer. En plus de l’état dépressif proprement dit, il y a un appoint organique sénile ou artério-scléreux qui contribue à rendre l’évolution de la maladie moins favorable et la thérapeutique plus aléatoire.
Enfin, en ce qui concerne les états dépressifs symptomatiques, dont les symptômes particuliers sont liés à la maladie fondamentale, ils ont une terminaison dépendant uniquement de cette maladie et non des caractères que peut présenter l’état dépressif. Ils évoluent en effet selon les cas vers la schizophrénie, ou vers une psychose délirante ou vers un état démentiel dont ils ne sont qu’un symptôme de début.
Au point de vue thérapeutique, cette étude offre également un certain intérêt. Comme nous lavons vu, les troubles qui accompagnent les états dépressifs sont extrêmement variés, enchevêtrés les uns dans les autres, el il nous est à peu près impossible, au point de vue étiologique, d'accorder la prépondérance aux uns plu-
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tôt qu'aux autres. D'ailleurs probablement ne sont-ils que les manifestations et non pas les causes de ces états. Notre thérapeutique sera donc purement symptomatique ct pourrait nous plonger dans quelque embarras. Nous avons heureusement deux points de repère importants : la glycémie et l’azotémie qui sont presque toujours anormales; et au lieu d'employer, comme bien souvent, une thérapeutique quelconque, élaborée au hasard, il paraît logique que nous nous efforcions de ramener le glucose et l’urée à leurs taux normaux. fl est possible que nouûs voyions du même coup les troubles dépressifs s’amender et l’état général s'améliorer. C’est bien souvent ce qui arrive, en effet; nous avons pu le constater.
Chez les jeunes, le traitement comportera une cure de désintoxication comprenant un régime approprié, l’exonération intestinale par laxatifs répétés, une médication diurétique telle que des injections quotidiennes de sérum glucosé. Des injections d’extrait hépatique sont également très indiquées; l’ensemble de cette cure doit concourir à abaisser le taux de l’azotémie, et à alléger le foie et les reins.
L'hypoglycémie sera combattue par le sérum glucosé, qui en même temps servira à la rehydratation des tissus. L’extrait surrénal apportera également un certain appoint pour la charge glycémique du sang et collaborera à l’élévation de la tension sanguine.
Cette thérapeutique pourra dans certains cas être heureusement complétée par un traitement endocrinien polyvalent et par l’emploi de désinfectants tels que luroformine.
Chez les malades de l’âge mûr, on réalisera également