‹ Considérations bio-chimiques sur les taux sanguins du Glucose et de l’Urée dans les syndromes dépressifsChapitre 41 sur 45 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Les états dépressifs occupent une place très importante du point de vue sémiologique en pathologie mentale, et c’est chez la femme qu’on les rencontre le plus fréquemment. La vie génitale féminine et le cycle menstruel sont en effet très souvent à l’origine des affections dépressives. La ménopause en particulier engendre souvent des étais dépressifs. En effet, il se produit à cette période un déséquilibre général de lorganisme à Ja base duquel se trouvent les autointoxications dues à l’hypergénèse de certains organes et à l’involution de certains autres, et il n’est pas rare de voir apparaître des troubles nerveux et mentaux, variés, parmi lesquels les dépressions.

Ce sont tantôt des dépressions simples, tantôt des dépressions mélancoliques, tantôt des dépressions confusionnelles. Parfois les caractères n’en sont pas très nettement délimités et on y trouve à ia fois des signes de dépression simple, de dépression mélancolique et de dépression confusionnelle. C’est pourquoi nous avons pensé qu’on pouvait les englober dans un type schématique.

M, au

Ce dernier peut être caractérisé essentiellement par des troubles de la volonté, de l’affectivité, de l’idéation, par des troubles divers plus ou moins délirants, par de l’'aboulie. La douleur morale, les idées tristes, de culpabilité, d’hypocondrie figurent également au tableau, bien que moins constants. Parfois même on rencontre le désir et la recherche de la mort.

Les signes somatiques, étroitement liés aux signes psychiques, sont surtout l’asthénie et toutes ses manifestations.

L'organisme entier se trouve atteint dans tous ses domaines : l’appareil cardio-vasculaire est troublé, le système neuro-végélatif également. Le système digestif est particulièrement touché; les fonctions hépatiques et rénales sont déficientes, les troubles endocriniens sont toujours manifestes et les corrélations hormonales mauvaises.

Les divers métabolismes sont perturbés et en conséquence les chiffres de la glycémie et de lazotémie sont presque toujours anormaux.

Ces modifications de la glycémie et de l’azotémie nous ont paru suffisamment importantes pour justifier quelques recherches particulières el pour tenter un essai de classification des troubles dépressifs.

Il. — Les troubles des fonctions hépatiques et rénales ont un retentissement certain sur les chiffres de la glycémie et de l’azotémie et, de ce fait, la recherche parallèle des taux du glucose et de l’urée présentent déjà un certain intérêt. Cette dernière se justifie d'autre part par les rapports qui existent entre les mécanismes d'oxydo-réduction des tissus et la teneur du sang en glu-

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cides et en urée. Cette teneur traduit en outre le régime de la nutrition cellulaire et l'importance du dysfoncüonnement du tissu nerveux, en même lemps qu’elle témoigne des processus d’auto-intoxication si fréquents chez les déprimés.

La connaissance des perturbations de la glycémie et de l’azotémie présente encore un intérêt supplémentaire du fait que ces dernières peuvent être normalement rattachées à des troubles du fonctionnement de certaines glandes endocrines. Il suffit de se rappeler à ce sujet le rôle de lhyÿpophyse et des centres régulateurs hypothalamiques. L'importance des corrélations endocriniennes hypophyso-surrénales, hypophyso-génitales et génito-surrénales n’est pas moindre, D’ailleurs, dans les états dépressifs on a très souvent des perturbations endocriniennes importantes, attestées à la fois par des troubles neuro-végétatifs et par des troubles biochimiques, comme l’ont montré CHATAGNON et ses élèves.

A tous ces motifs qui nous ont poussé à étudier le glucose et l’urée dans les états dépressifs, s'ajoute une raison d’ordre pratique, à savoir que le dosage de ces deux éléments se réalise couramment en clinique, sans matériel ni méthodes compliqués.

III. — La recherche systématique de la glycémie et de l’azotémie envisagées de ces multiples points de vue, montre, à la suite des observations qu’il nous a été possible de recueillir, qu’on peut répartir les syndromes dépressifs en trois groupes :

a) Le premier groupe comprend ceux chez lesquels on note à la fois de l’hypoglycémie, de l’hyperazotémie et de l’hypotension artérielle.

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