‹ Considérations bio-chimiques sur les taux sanguins du Glucose et de l’Urée dans les syndromes dépressifsChapitre 8 sur 45 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La multiplicité des travaux biologiques se rapportant aux syndromes dépressifs démontre l’intérêt qu’a, nombre de fois, suscité cette variété de troubles psychiques. Cet intérêt se conçoit d’ailleurs aisément si l’on envisage non seulement la multiplicité de ces affections, maïs aussi l’atteinte absolument évidente de l’état général des malades.

Les syndromes dépressifs forment un groupe sémiologique très important dans la pathologie mentale. Qu'il s’agisse de véritable mélancolie délirante avec douleur morale, anxiété intense, auto-accusation; qu'il s'agisse des mélancolies anxieuses simples, sans traces d’idées délirantes; qu'il s'agisse enfin de simples états dépressifs si voisins de la névrose d’angoisse pure, dans tous ces états se retrouvent des fluctuations importantes des divers métabolismes.

C’est ce qu'ont très bien compris les différents auteurs qui se sont attachés à l’étude des perturbations humorales de la mélancolie. Selon leurs conceptions théoriques, selon leur orientation médicale, ils ont essayé de mettre en évidence un trouble biochimique permettant d’expliquer à la fois l’atteinte de l’état général et la génèse des troubles psychiques.

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Les Anciens, déjà, en décrivant ces états sous le nom de « mélancolie », nous ont montré qu’ils attribuaient les troubles observés à une modification d’une des principales humeurs de l’organisme : la bile. Les rapports de la mélancolie et des altérations du foie, soupçonnés en effet pendant longtemps, se sont affirmés par la suite grâce aux nombreuses recherches effectuées dans ce domaine. Au début de ce siècle, GILBERT et LEREBOUL- LET en ont montré toute l'importance : «La bile, disaient-ils, est un poison triste. »

Peu à peu, la psycho-physiologie des états dépressifs, bénéficiant d'examens cliniques plus attentifs, et de recherches d'anatomie pathologique approfondies, est sortie du cadre exclusivement hépatique où on l'avait maintenue auparavant. Les méthodes biologiques modernes, les épreuves de laboratoire multipliées, ont mis progressivement en lumière des faits nouveaux et complexes témoignant non seulement d’une perturbation dans le fonctionnement du foie, mais aussi d’une participation rénale en même temps que de troubles cireulatoires et digestifs. C’est à KrrPPpEr, ViGouroux, HAsKo- VER, GILBERT et LEREBOULLET principalement que nous devons d’avoir, en premier lieu, été éclairés sur cette question, et plus récemment LAIGNEL-LAVASTINE, TINEL et SANTENOISE ont attaché leurs noms à ces travaux.

Dans ces dernières années, la séméiologie s’est enrichie d’un grand nombre d'indications les plus variées concernant les modifications du sang et des humeurs des déprimés. On s’est occupé du taux de l’hémoglobine, de celui du glucose, de l’urée, du cholestérol; on a étudié la chlorémie, le pH, la calcémie, ainsi que l'ont fait en particulier M" BabonNez, MM. MassauLr, DUBLINEAU et

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